Des infirmiers de l'hôpital d'Argenteuil
© FRED DUFOUR / AFP

Lyon : les HCL veulent mieux gérer la toxicité des immunothérapies

L’Institut de Cancérologie des Hospices Civils de Lyon (HCL) a récemment développé un dispositif de gestion des toxicités des immunothérapies anticancéreuses.

L’Institut de Cancérologie des HCL a pris l’initiative de développer un dispositif permettant de repérer et traiter en amont les effets indésirables des immunothérapies. Nommé ImmuCare, ce dispositif de gestion des toxicités liées aux immunothérapies anticancéreuses repose sur plusieurs points. Une plateforme de demandes d’avis médicaux en ligne pour les professionnels de santé, un numéro de téléphone dédié aux professionnels de santé afin de gérer les cas les plus urgents (transferts hospitaliers par exemple), et une télésurveillance au domicile des patients. Des comités médicaux ImmuCare ont également été établis pour chaque spécialité médicale, et des réunions de concertation sont organisées pour chaque patient, afin de maximiser le suivi médical. Au total, 85 000€ seront mobilisés pour mener à bien ce projet de gestion des toxicités.

ImmuCare, "un dispositif unique en France"

"Grâce à l’essor des immunothérapies anticancéreuses, le traitement du cancer bénéficie depuis quelques années d’avancées totalement inédites, explique Stéphane Dalle, coordinateur du projet ImmuCare. Malheureusement, ces nouveaux traitements sont aussi associés à des toxicités pour certains organes. C’est pourquoi nous devons mieux maîtriser les effets secondaires et être à même de mieux prédire, pour chaque patient, les bénéfices espérés et les risques attendus".

Encore à ses balbutiements, le projet ImmuCare prévoit également la mise en place d’un observatoire des patients afin de réaliser une étude détaillée des effets secondaires survenus suite à une immunothérapie. Dans le même sens, les HCL de Lyon souhaitent développer des programmes de recherche visant à mieux suivre les patients et adapter leur traitement. Selon les HCL, le programme développé par l’Institut de Cancérologie serait un dispositif unique en France.

L’immunothérapie, qu’est-ce que c’est ?

Moins connue que sa consœur la chimiothérapie, l’immunothérapie est un traitement spécifique délivré par voie intraveineuse, utilisé pour soigner certains types de cancers (mélanomes, lymphomes, cancers du poumon, cancer du rein, cancer ORL). Un mécanisme d’action différent des traitements classiques : plutôt que de cibler directement les cellules de la tumeur, ce sont les cellules immunitaires qui les entourent qui sont sollicitées. L’objectif est de stimuler les défenses naturelles des patients, afin d’apprendre à l’organisme à détruire lui-même le cancer et les métastases potentielles.

À l’instar de la chimiothérapie, l’immunothérapie peut s’avérer efficace pour le traitement de certains types de cancers, mais cette technique médicale soulève elle aussi des risques. Des toxicités radicalement différentes de celles de la chimiothérapie sont observées au travers de signes semblant peu alarmants (fatigue, toux, essoufflement…), qui cependant doivent faire l’objet d’un suivi scrupuleux de la part des médecins.

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