Conseil municipal de la ville de Lyon © Tim Douet

Lyon : débats houleux après la suppression des Lions du Sport

Entre critiques d'une politique “de riches” et attaques sur l'enquête ouverte sur la campagne d'Emmanuel Macron à Lyon, l'opposition n'a pas épargné l'exécutif ce lundi lors du débat au conseil municipal sur la suppression des Lions du Sport.

La suppression des Lions du Sport a été fortement critiquée par les groupes d'opposition ce lundi soir lors du conseil municipal. Cette enveloppe annuelle de 54 000 euros - partagés à parts égales entre les 9 arrondissements pour aider les plus petites associations sportives- n'existera plus l'an prochain, a annoncé Yann Cucherat, l'adjoint au Sport de la ville de Lyon. Denis Broliquier (Les indépendants) a regretté la suppression de ce fonds, qui représente 0,7 % du budget sport annuel de la ville de Lyon (7,5 millions), et critiqué “une recentralisation électoraliste vers l’hôtel de ville avant les élections de 2020”.

“Je vous conseille de faire quelques économies de dépenses dans les cocktails”

De son côté, l'élu Les Républicains Pierre Berat a taclé la Ville en faisant allusion à l'enquête sur la campagne d'Emmanuel Macron et la réception du ministre de l'époque à l'Hôtel de Ville. “Je vous conseille de faire quelques économies de dépenses dans les cocktails sous les lambris de l'Hôtel de Ville”, a déclaré l’élu LR. Avant de lancer : “Même si vous savez pratiquer des rabais extraordinaires”, en référence aux réductions obtenues par les équipes d’En Marche lors d'une soirée organisée sur la péniche La Plateforme. Aussi élu au conseil régional d’Auvergne Rhône-Alpes, Pierre Berat a fait l'éloge de l'action de Laurent Wauquiez : “Souvent, dans les dîners en ville, vous déplorez le désengagement financier de la Région qui fragiliserait la vie associative. Mais avec la nouvelle majorité régionale, nous avons créé une aide d’équipement aux petits clubs sportifs. Depuis 2017, 30 clubs sportifs de Lyon ont bénéficié du soutien régional. À Lyon, la Région montre qu'elle peut faire des économies tout en soutenant les petits clubs.

La “mairie des riches”

L'élu EELV Étienne Tête a de son côté dénoncé le choix fait par la municipalité “de prendre l'argent des plus démunis en donnant des sommes considérables aux pros”. “L'association OL reçoit encore 224 000 euros et nous achetons 380 000 euros de prestation à la SASP OL. Le LOU  220 000 euros et 600 000 euros d’achats de places. On est dans le paradoxe”, a-t-il précisé. Selon lui, l'achat de places “dans les loges de prestige pour que les élus aillent voir les matchs” n'est “pas loin du détournement d'argent public”. “On a donné l'image de Macron comme le président des riches. On ne doit pas être la mairie des riches en continuant d’arroser les plus riches avec le mythe d'un ruissellement”, a conclu Étienne Tête.

“Sports professionnels et amateurs sont complémentaires”

Yann Cucherat a assumé cette suppression “dans un contexte budgétaire contraint”. Selon lui, “ce dispositif n'a jamais eu le droit de vie ou de mort sur une association. Cette suppression répond à un choix réfléchi. Celui de ne pas toucher aux subventions de fonctionnement allouées aux nombreux clubs qui font la vie de nos arrondissements”. L'adjoint a aussi annoncé que 18 000 euros allaient être attribués aux offices des sports des arrondissements. Concernant l'attaque d'Étienne Tête, l'ancien gymnaste a assuré “sa profonde estime pour les clubs professionnels qui sont les locomotives de la dynamique sportive et entraînent les clubs amateurs”. “Sports professionnels et amateurs sont complémentaires et se nourrissent mutuellement. Ne pas le comprendre, c’est ne pas comprendre le fonctionnement du monde du sport”, a conclu Yann Cucherat.

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