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Les manquements des pharmacies lyonnaises pointés par UFC-Que choisir

Le 20 janvier dernier, des bénévoles ont testé 60 pharmacies lyonnaises, achetant deux médicaments en vente libre dont la prise simultanée peut provoquer une hémorragie du tube digestif. Stupeur : 38 % des professionnels de santé ont réalisé leur vente, sans mise en garde. L'association de consommateurs relève aussi de grosses différences de prix.

45 % des officines lyonnaises manqueraient à leurs obligations de conseil et de transparence sur les prix. C'est le résultat d'une enquête réalisée le 20 janvier 2012 par UFC-Que choisir. Ce jour-là, 60 des 190 pharmacies lyonnaises ont été testées par des bénévoles de l'association, notamment sur la qualité de leur conseil. Ces derniers achetaient de l'aspirine et du Rhinurelex, deux médicaments non remboursés et ne nécessitant pas d'ordonnance, mais dont la consommation simultanée ''majore le risque d'ulcère et d'hémorragie du tube digestif''.

Et le résultat laisse perplexe : seuls 55 % des pharmaciens ont ''spontanément'' prévenu de l'interaction néfaste entre les deux médicaments. 38 % ne l'ont tout bonnement pas évoquée et 7 % ne l'ont mentionnée qu'après avoir été interrogés sur la posologie des médicaments. Pourtant la contre-indication entre les deux molécules est connue. ''Je ne connais pas un pharmacien que ça ne fait pas bondir d'entendre aspirine et Rhinureflex dans la même phrase", confirme Hugues Videlier, vice-président du conseil régional de l'ordre des pharmaciens. Cependant il tient à tempérer les conclusions. ''Les gens savent exactement ce qu'ils veulent quand ils entrent dans une officine ; et le pharmacien n'est pas supposé savoir si les médicaments demandés sont destinés au client lui-même ou s'il fait des achats pour toute sa famille'' avance-t-il. L'association, pour sa part, estime que les pharmaciens n'ont suffisamment progressé depuis une enquête similaire réalisée en 2009. A l'époque seuls 47 % des pharmaciens avaient mis en garde contre le risque d'interaction ; soit une amélioration de l'ordre de 8 points.

De 1,99 à 3,81 euros pour une boîte d'aspirine

L'association en profite pour pointer du doigt de substantielles différences entre les prix fixés pour ces médicaments non remboursés. En effet, pour acheter une boîte d'aspirine, un Lyonnais déboursera en moyenne 3,09 euros mais pourra tout aussi bien se la voir facturer 1,99 euros ou 3,81 euros. Une différence qui s'explique par la possibilité pour les officines de fixer librement les prix des médicaments non remboursables.

Bien qu'obligatoire, l'affichage des prix de ces médicaments accessibles sans ordonnance n'est totalement appliqué que dans 61 % des officines tandis que 20 % s'y conforment mais avec une lisibilité moindre. Et pour parvenir à une uniformisation voire à une baisse sur les prix, UFC-Que Choisir propose de libéraliser le marché de l'automédication en permettant aux grandes surfaces de vendre, sous la surveillance d'un pharmacien, des médicaments non remboursés. Une manière selon l'association de faire jouer la concurrence dans ce secteur où les pharmacies, en situation de monopole, fixent les prix comme elles l'entendent. L'association évalue à 16 % la baisse des dépenses du consommateur en cas d'ouverture du marché.

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1 commentaire
  1. mauricecg - 12 avril 2012

    Cet article prouve que pharmacie rime avec épicerie mais que le premier rapporte beaucoup plus....

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