"Le temps de vie de la centrale du Bugey arrive à son terme"

Une dizaine de militants ont mené une action ce matin à l'initiative de l'association "Sortir du Nucléaire" Bugey, Greenpeace et Rhône-Alpes Sans nucléaire.

Muni d'un panneau, les militants souhaitaient signaler aux automobilistes lyonnais qu'ils circulent sur une zone à évacuer en cas d'accident nucléaire majeur. Dès 9h30 ce matin et jusqu'à midi, ils se sont placés sous le panneau d'entrée et de sortie de Lyon quai Charles de Gaulle, au niveau du Palais des Congrès. Tous les mois, l'association "Sortir du Nucléaire" du Bugey organise une action symbolique de ce type.

"Nous voudrions un périmètre de sécurité de 80 ou 100 kilomètres autour de la centrale"

Le périmètre de sécurité de 10 kilomètres autour des centrales nucléaires devrait être élargit à 20 kilomètres par la décision de Ségolène Royal, ministre de l'environnement. Pour Jean-Pierre Collet de SDN Bugey, cet élargissement est encore faible par rapport aux risques que représentent la centrale du Bugey : "dans l'idéal, nous voudrions que ce périmètre soit étendu à 80 kilomètre autour de la centrale, voir à 100 comme le recommande le président de l'autorité de sûreté nucléaire (ASN). Nous admettons que la centrale du Bugey génère des emplois et soit un facteur économique important dans la région, mais son temps de vie arrive à son terme." La centrale du Bugey, prévue pour une durée de fonctionnement de 40 ans, en a aujourd'hui 37, et une trentaine de kilomètres l'a sépare du centre de Lyon. Jean-Pierre Collet rappelle également que Bugey 5 est à l'arrêt depuis août 2015 pour tenter de résoudre un problème de fuite sur l'enceinte de confinement au niveau du radier.

Est-il tout simplement possible d'organiser l'évacuation de 2 millions de personnes ?

Pour les militants en faveur de la sortie du nucléaire, le minimum de la part des élus serait d'installer un panneau comme le leur de façon pérenne à titre d'information, mais surtout "par souci d'honnêteté et de transparence vis-à-vis de la population". Jean-Pierre Collet reste également très dubitatif sur la capacité des pouvoirs publics à faire face à un incident nucléaire. "Même avec l'élargissement de la PPI à 20 kilomètres, la ville de Lyon n'est toujours pas concernée alors qu'elle n'est pas loin d'être en première ligne de la pollution radioactive en cas de catastrophe. Comment évacuer 2 millions de personnes ? Organiser la distribution de pastilles d'iodes ? Nous nous demandons si le choix de ne pas intégrer la métropole de Lyon dans le périmètre n'est pas aussi directement lié à la complexité énorme de cette éventualité." En plus de réclamer une meilleure information des populations, les trois associations à l'origine de l'action réclament la fermeture du site du Bugey.

2 commentaires
  1. Frib - lun 20 Juin 16 à 15 h 01

    La centrale du Bugey est inquiétante mais à vrai dire, toutes les centrales le sont quand on commence à imaginer le scénario catastrophe... La documentariste Christina Firmino travaille justement sur l'anticipation d'un accident nucléaire majeur en France. Son projet de film 'La catastrophe' imagine les conséquences d'une explosion du Tricastin, c'est effectivement... inquiétant ! Christina est accompagnée du photographe Romain Etienne, qui lui réalise une série de reportages sur la gestion du risque dans la filière nucléaire, des anciennes mines d'uranium au stockage des déchets. Pour leurs deux projets, réunis sous la bannière 'Jusqu'ici tout va bien', Romain et Christina ont lancé un financement participatif : http://www.jusquicitoutvabien.net Soutenez-les !

  2. Robes Pierre - lun 20 Juin 16 à 18 h 02

    Venir au monde c'est prendre un risque énorme, celui de mourir. Christina, aucun doute c'est une gauloise, vous connaissez ce peuple qui avait peur que le ciel ne leur tombe sur la tête.

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