"Le Mont-Blanc ne doit pas devenir un luna park"

L'enjeu est d'en faire un site emblématique du développement durable.

Le 23 mars dernier, le Conseil régional de Rhône-Alpes a voté un vœu pour le classement par l'Unesco du massif du Mont-Blanc au patrimoine mondial de l'humanité comme site naturel de "valeur universelle exceptionnelle". Un projet dans les cartons depuis plusieurs années, porté par le collectif d'associations Pro Mont-Blanc. Sur le fond favorable à cette mesure, le conseiller UMP et sénateur de Haute-Savoie Jean-Claude Carle a voté contre, arguant qu'il s'agit d'"une "récupération politique". "Le fait que le Conseil régional se prononce avant les collectivités locales me semble être une injonction et un non respect de l'expression de la démocratie locale". Pour Jean-Jack Queyranne président de région (PS), si quelques unes des 35 communes du massif du Mont-Blanc n'ont pas encore donné leur feu vert, craignant les contraintes nouvelles liées à cette inscription, "Rhône-Alpes devait prendre position car le Mont-Blanc est fortement emblématique ; il faut préserver ce joyau naturel et lui donner une dimension internationale".

"Ce vœu est une bonne nouvelle" commente Jean-Paul Trichet, vice-président du collectif Pro Mont-Blanc, pour qui "ce n'est pas le label Unesco, mais le plan de gestion qui nous intéresse surtout". Déposer la candidature du Mont-Blanc, c'est en effet s'entendre sur un ensemble détaillé de règles de protection pour endiguer les problèmes qui ravagent le toit de l'Europe : pollution générée par les transports, nuisances liées au survol aérien, urbanisation excessive et bien sûr tourisme de masse.
Si 25 000 à 30 000 personnes se sont lancées en 2005 à la conquête du Mont-Blanc, avec l'ouverture de nouveaux marchés (Russie, Chine, Inde...) des projections font état de 100 voire 200 000 personnes !
Enfin, cette reconnaissance de l'Unesco permettrait de "redonner du sens au Mont-Blanc qui est trop souvent devenu une simple marchandise. Si on ne réagit pas, le Mont-Blanc deviendra définitivement un luna park !" Le collectif Pro Mont-Blanc a d'ailleurs reçu le soutien de Nicolas Hulot qui souhaite faire du Mont-Blanc "un symbole du développement durable et d'une autre politique de gestion de nos sites naturels". Avec le Syndicat Espace Nature Mont-Blanc, les associations Pro Mont-Blanc devraient être reçues très prochainement par la ministre de l'Ecologie Nelly Olin.

Repères
- Le massif du Mont-Blanc se déploie à 65 % en France, à 25 % en Italie et à 10 % en Suisse et couvre 35 communes. Son point culminant s'élève à 4808,75 mètres.

- Le 4 mai prochain, la Région Rhône-Alpes soumettra au vote un vœu pour appuyer également la demande d'inscription du Lac d'Annecy au patrimoine mondial de l'UNESCO.

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