Le coup de gueule de Collomb sur les affaires Cizeron et GL Events

En arrière-plan, le monopole de GL Events sur l'agglomération, le départ de son directeur de cabinet, Christophe Cizeron, vers GL Events justement et... Lyon Capitale.

Lorsque Collomb se fâche, d'abord cela s'entend. C'est moins une question de volume sonore (il n'élève pas la voix) que de rythme. Le phrasé se fait plus court, les mots claquent et s'arrêtent net. Lorsque Collomb se fâche, il emploie comme une rhétorique de télégramme, sorte de remise au point assez sèche. Et surtout, surtout, l'assemblée se fait attentive et inquiète et concourt à rendre le moment solennel. Car hier, lors du conseil communautaire du Grand Lyon, Gérard Collomb est revenu, façon coup de gueule, sur les dossiers que Lyon Capitale a très largement traités dans son numéro de juin. Le maire de Lyon n'a jamais cité explicitement le journal mais évoquait plus volontiers " un mensuel anciennement hebdomadaire ". C'est l'intervention du groupe UMP évoquant " la chronique des arrangements indécents " qui a causé l'irritation de Gérard Collomb. Visiblement touché, le maire de Lyon a voulu faire état de son honnêteté et de sa probité en rappelant que " les commissions occultes demandées sur les marchés " rappelaient plutôt l'époque où la droite était au pouvoir au Grand Lyon. " Je viens d'emménager dans une nouvelle maison, je peux vous produire les factures pour tout ce qui concerne les travaux que j'ai pu faire réaliser dans ma maison ! " a expliqué Gérard Collomb. (Voir la vidéo ci-contre)

La montée au créneau de l'UMP
Pour le coup, les élus de droite ont été bien plus inspirés (plus courageux ?) que leurs camarades de la majorité qui n'hésitent pourtant pas à s'épancher, en coulisses seulement, sur le départ-polémique de Chritophe Cizeron vers GL Events. Au dernier moment, les Verts ont retiré leur intervention. L'occasion était pourtant belle. Une délibération sur les tarifications de spectacles à la Cité Internationale était votée hier soir à la demande de GL Events qui exploite les lieux. La décision, ultra-favorable au groupe d'Olivier Ginon, tombe assez mal. D'abord parce qu'elle intervient dans le contexte du départ de Cizeron vers GL Events et ensuite parce que le Collectif des Musiques Actuelles de l'Agglomération Lyonnaise (CEMAL) a lancé son appel du 18 juin pour dire les difficultés des petites salles de spectacles au moment où, notamment, la salle de concert le Kao ferme ses portes.
Concurrence redoutable
La " délibération GL Events " consiste à abaisser la tarification des concerts " puisque les spectacles pouvant remplir au maximum 1500 places préféraient d'autres salles moins coûteuses pour ces configurations ". Avec la permission de la collectivité, GL Events devient donc un concurrent redoutable pour les autres structures de spectacles de l'agglomération (transbordeur, l'épicerie moderne, Ninkasi Kao, etc.). Il n'en fallait pas plus pour le groupe UMP : " Cette mesure aura un double effet : permettre des locations plus fréquentes des salles en question au bénéfice de l'exploitant ; et pénaliser les autres salles de capacité moyenne de l'agglomération. (...) Et puis au-delà des dispositions financières contenues dans ce rapport, il y a surtout le fait que ce marché s'inscrit dans l'étonnant monopole dont bénéficie la société GL Events sur les principaux équipements de congrès de notre agglomération. Et l'étonnant cède la place à l'indignation depuis que l'on sait que votre Directeur de cabinet a rejoint la direction de la même société tout récemment " argumente Robert Thevenot pour le groupe UMP avant d'interroger. " On nous amuse en nous disant que l'intéressé a lui-même saisi la commission de déontologie - plus prompte d'ailleurs habituellement à se prononcer - mais a-t-elle été saisie ? ". Au vu de l'absence du dossier de M. Cizeron lors des deux dernières séances de la commission, on peut légitimement se poser la question.
Une saisie tardive de la commission ?
Un membre de la commission expliquait à Lyon Capitale que les délais entre la saisie de la commission et le passage à l'ordre du jour de la séance étaient assez brefs. Christophe Cizeron avait indiqué avoir saisi la commission fin avril. Selon notre interlocuteur, il aurait dû se retrouver à la commission mensuelle suivante qui s'est réunie le 14 mai. Son dossier ne figurait pas à l'ordre du jour. Un mois plus tard, le 11 juin, la commission de déontologie n'avait toujours pas inscrit le nom de M. Cizeron à l'examen. De quoi s'inquiéter de la saisine réelle de la commission par le " dir' cab " de Collomb. Dans l'entourage du maire, on avance des explications alambiquées. M Cizeron aurait d'abord rempli une partie du dossier qu'il a ensuite transmis aux services administratifs du Grand Lyon qui devaient saisir la commission. Le dossier a pu " prendre son temps " dans les méandres de l'administration. Aujourd'hui, une date est avancée. La commission de déontologie se penchera sur le cas de Christophe Cizeron le 9 juillet prochain. Un peu tard, son pot de départ est prévu le 1er juillet.

Texte : Slim Mazni / Vidéo : Pierre Gandonnière

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