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Le boom du prêt sur gage à Lyon

Crédit Municipal Lyon ()

Fort de sa bonne santé financière, le Crédit municipal de Lyon (CML) pourrait accueillir une partie des activités de son homologue dijonnais en difficulté. Les bons résultats de l'office lyonnais s'expliquent en grande partie par l'explosion des prêts sur gages, un secteur dynamique qui a généré 1,9 million d'euros de recettes en 2011.

Dijon appelle Lyon au secours. En proie à des difficultés financières, dues selon François Rebsamen, maire socialiste de Dijon, à une "concurrence bancaire accrue, de crise économique et d'exigences réglementaires croissantes", le Crédit Municipal de Dijon pense confier certains de ses services à Lyon. Parmi elles : les activités bancaires commerciales et les prêts sur gage effectués hors Dijon. Un appel entendu par l'établissement lyonnais qui souhaite aider son alter ego dijonnais "sans aucune visée expansionniste", affirme-t-on au CML. Contrairement à Dijon, l'agence de crédit des Lyonnais ne connait pas la crise. Le deuxième établissement municipal de crédit de France, après celui de Paris, a connu deux bons crus 2010 et 2011.

Le secteur des prêts sur gage en plein essor

Créé en 1810, le "Mont de Piété", devenu "Caisses de Crédit Municipal" en 1918, se définit avant tout comme un établissement à mission sociale. Pour remplir cet objectif, l'établissement propose différents crédits aux Lyonnais : micro-crédit social, micro-crédit professionnel, le prêt équilibre, le prêt personnel pour les fonctionnaires et le prêt sur gage. Ce dernier représentait 36 % des revenus du CML en 2011.

Monopole de l’État, le prêt sur gage a connu une progression de 12 % entre 2010 et 2011 à Lyon. Sur 110 008 opérations en 2011 (108 485 en 2010), ce type de prêt a rapporté 1,9 million d'euros au CML dont le revenu net bancaire total est de 5,39 millions d'euros. Cette hausse des prêts serait principalement due à la flambée du cours de l'or. En effet, ce système consiste à déposer un objet de valeur (bijoux, argenterie, tableaux …) qui détermine le montant du prêt. Celui-ci représente 50 à 70 % de la valeur de l'objet estimé par un commissaire-priseur.

Un "cash-misère" ?

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Présenté comme "un véritable dépannage permettant d'attendre une ressource, d'éviter un découvert, de passer une période difficile" par ledit établissement, le prêt sur gage reflète surtout la détresse économique dans laquelle se trouvent certains Lyonnais. Une situation également imputable à la crise. Pour les agents du CML, il y a "un avant et un après" crise qui pousse les Lyonnais à défiler au guichet pour différentes raisons : les fins de mois difficiles, les petites retraites, le financement des études et divers problèmes d'argent. D'autres viennent pour vendre définitivement leurs bijoux.

Selon Maître Geneviève Seguin-Jourdan, confrontée régulièrement aux ménages endettés, le prêt sur gage reste "un coup de pouce pour les coups durs. Les ménages en difficultés ne pensent pas forcément au prêt sur gage, ou seulement en dernier recours si leur dossier de surendettement est refusé par la Banque de France". L'avocate voit dans ces prêts "une habitude culturelle" qu'ont seulement certaines personnes. Bien que préventif, le prêt sur gage reste un indicateur de la santé financière des ménages lyonnais. Augurant une bonne année 2012, les bruits de couloir du Crédit Municipal suggèrent que le "boom" des prêts sur gages est loin d'être terminé.

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