© C. Fritz/équipe Chauvet/MC

Grotte Chauvet : des charbons de bois utilisés pour les peintures

Faisant l’objet d’études depuis nombreuses années, la grotte Chauvet continue à soulever des mystères. Des chercheurs du CNRS s’intéressent aujourd’hui aux charbons de bois laissés sur le site depuis plusieurs milliers d’années.

Cent-soixante-et-onze échantillons de charbons utilisés par des Hommes de l’Aurignacien (37 000 – 33 500 avant notre ère) et du Gravettien (31 000 – 28 000 avant notre ère) sont actuellement étudiés par les chercheurs du projet.

Selon leurs résultats, tous les charbons sont issus de pins, sauf l’un d’entre eux. La présence de ce conifère dans la grotte révèle que son emplacement était autrefois une zone au climat froid et sec. Le paysage était steppique, et sporadiquement peuplé de pins, de bouleaux, ou encore de genévriers.

Le charbon, un matériau artistique

Le pin était le matériau de prédilection utilisé par les hommes des cavernes afin de faire du feu, permettant ainsi aux artistes pariétaux de recouvrir de leurs dessins les parois de la grotte à la lueur des flammes. Ils transformaient les débris de pins brûlés en fusain, matériau leur servant à peindre.

Selon France Inter, « il est possible que le pin ait été sélectionné pour la tendreté du fusain qu’il donne une fois brûlé », explique Jean-Michel Geneste, directeur du programme d’étude pluridisciplinaire de la grotte Chauvet-Pont d’Arc jusqu’en 2017. « Un fusain plus dur, obtenu à partir du chêne aurait par exemple plus de mal à s’écraser sur la roche et à la marquer », rajoute-t-il.

D’après l’agencement des débris retrouvés, une partie de la grotte était entièrement dédiée à la production de charbon de pin, permettant la réalisation des fresques. Grâce à ces charbons, une œuvre vieille de 36 000 ans court aujourd’hui encore sur 800 mètres des parois de la grotte, mettant en scène plus de 425 peintures différentes.

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