Grève à France 3 : menace pour la soirée électorale du second tour ?

Dimanche, France 3 Rhône-Alpes Auvergne n'a pas pu diffuser sa grande soirée sur le premier tour des élections régionales. Dans les locaux de France 3 à Lyon, 21 % de grévistes ont empêché la retransmission. Les syndicats promettent que l'opération sera renouvelée le 21 mars, si la direction ne change pas d'attitude.

Changement de programme. Dimanche soir alors que France 3 devait diffuser une soirée spéciale élections régionales, les téléspectateurs ont eu droit à un épisode de Zorro en Normandie, PACA et Rhône-Alpes. Un mouvement de grève à l'appel des syndicats SNJ-CGT et SNRT-CGT a en effet largement perturbé la soirée. A Lyon, un journaliste (7 %) et 13 techniciens (40 %) avaient choisi de faire grève. "Sur toutes les régions, seules trois ont pu retransmettre l'intégralité de la soirée et 13 ont été purement et simplement annulées," explique Daniel Hugon, délégué CGT à France 3 Rhône-Alpes Auvergne.

Les difficultés de France 3

La réforme de l'audiovisuel public continue de mécontenter les équipes de France Télévision. En outre, Patrick de Carolis, directeur de France Télévisions, quitte son poste en juin. Ce départ laisse des problèmes non résolus, notamment pour France 3. "Jeudi, on était à deux doigts de parvenir à un accord sur la convention collective et les programmes régionaux. Mais notre direction avance à marche forcée, elle nous impose une vision parisienne de l'information, avec du tout actu et on zappe le journalisme de proximité," explique Daniel Hugon (CGT), un peu las.

Le régional devrait effectivement perdre de son ampleur dans la programmation. La nouvelle orientation de la direction envisage que certaines émissions locales passent en PAE (Points d'Antenne Exceptionnels), que la grille d'été devienne entièrement nationale. La fusion promet aussi de réduire les équipes locales, au profit du national.

Conflits sur le choix du mode d'action

D'une même voix, les syndicats rejettent en bloc cette gestion de leur chaînes. En revanche, "brader une soirée électorale" n'était pas du goût de tout le monde. Myriam Figureau, déléguée SNJ à France 3, n'était pas d'accord sur ce mode d'action : "Cela ne forcera pas la direction à négocier, ça n'inversera pas le rapport de force. Ce qui peut peser, ce sont les décisions de justice. Nous attendons notamment le 7 avril un délibéré relatif à des irrégularités dans la fusion, notamment sur la convention collective." Le syndicat CGT, qui a pris le parti d'une action visible, donc gênante, se défend : "On est conscients qu'en empêchant la tenue de cette émission spéciale, nous ne faisons pas l'unanimité mais si le droit n'est pas pour nous le 7 avril, il sera trop tard pour se mobiliser."

D'ailleurs la mobilisation n'est pas nouvelle. Les 20 et 21 janvier dernier, les grévistes avaient déjà fait capoter la journée spéciale de France 3 à Lyon, provoquant l'annulation de 18 émissions en direct de la capitale des Gaules. "C'est dommage parce qu'on préparait ça depuis des semaines, il y avait eu une grande campagne publicitaire autour de France 3 Rhône-Alpes Auvergne. On avait l'occasion de démontrer ce qui fait notre spécificité : la proximité," lance Myriam Figureau (SNJ).

Encore Zorro le 21 mars ?

Toutefois, la situation n'est pas débloquée. Etant donné que le préavis de grève posé dimanche 14 mars est illimité, la menace de débrayage a déjà conduit la direction de France Télévisions à annuler toutes les éditions locales de ce lundi soir. La grève peut être reconduite et le sera probablement dimanche 21 mars, soir du second tour des élections régionales. La CGT a déjà promis qu'il y aurait une mobilisation forte si la direction ne change pas de position.

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