Les militants anti-pub dans le centre-ville de Lyon. ©RAP

Des pères Noël anti-pub à Lyon

L’association Résistance à l’Agression Publicitaire (RAP) œuvre activement à Lyon depuis un an. Son mantra : réduire la présence de la publicité dans l’espace public, avec une logique de lutte contre la surconsommation.

À travers une "pression citoyenne forte", les militants de l’association Résistance à l’Agression Publicitaire veulent interpeller aussi bien les pouvoirs publics que les habitants de Lyon. Mercredi 19 décembre, en fin d’après-midi, ils ont tracté de la place des Cordeliers à la place Bellecour pour faire prendre conscience aux passants de l’impact de la publicité sur leur façon de consommer. Au même moment, des pères Noël en colère faisaient passer ces messages de façon plus humoristiques à travers des chants de Noël détournés. Il y a quelques semaines, à l’occasion du Black Friday, les militants ont procédé au recouvrement de panneaux publicitaires avec des messages au second degré. "Hier, nous avons soulevé des questions par rapport à la nécessité de surconsommer à laquelle nous amène toutes les publicités pendant les périodes de Noël" explique Emmanuel Keo Kosal, coordinateur du RAP.

« Le besoin d’acheter un produit est surfait »

Dans la rue, la réaction des passants peut être très variée : personnes fermées au débat, d’autres qui n’ont pas envie ou pas le temps, certains qui déclinent tout démarchage dans la rue à force d’être sollicités, et d’autres qui écoutent et souhaitent rejoindre le mouvement. "Je pense que l’on a discuté avec une centaine de personnes sur une action comme celle d’hier, s’enthousiasme le coordinateur. Les gens sont surtout sensibles à l’aspect visuel et au fait d’avoir énormément de messages différents dans un même lieu. Ils réalisent la densité des supports publicitaires dans la ville." Le combat que mène l’association - au départ parisienne et qui se décline aujourd’hui à travers 25 groupes locaux en France - ne se cantonne pas au caractère visuel de la publicité. "Tout est lié et circulaire, confirme Emmanuel Keo Kosal. On pense que la place de la publicité joue un rôle énorme dans le comportement des personnes. On a des vitrines des grandes entreprises partout. S’il y avait moins de publicité, la consommation de tel ou tel produit serait moindre. Le besoin d’acheter un produit est surfait, on nous donne envie de l’acheter à travers la publicité."

Des avancées pas suffisantes

La démarche de Résistance à l’Agression Publicitaire s’élargit également au message en lui-même. Les adhérents ne veulent plus voir de mise en valeur de la malbouffe à proximité des écoles, ou des communications à caractères sexistes. "On veut se réapproprier l’espace urbain" défendent-ils. Quant à la polémique selon laquelle eux-mêmes distribuent des tracts, et donc une forme de publicité, elle est vite évacuée. "On différencie la publicité commerciale et l’information. Il est normal que l’on puisse être au courant de ce qu’il se passe autour de nous, ou qu’il y ait des informations municipales et culturelles par exemple, car cela n’est pas dans une logique de profit".

Au-delà de ses opérations ponctuelles, le RAP a sollicité la Métropole de Lyon pour participer à l’élaboration du Règlement Local de Publicité intercommunal (RLPi), dont la rédaction est actuellement en cours. L’association a ainsi pris part à plusieurs ateliers entre juin et septembre derniers. Mais les militants savent déjà que certains points du règlement ne leur conviennent pas. "On lutte, notamment avec le collectif Plein La Vue, contre l’apparition des supports numériques dans l’espace public. Nous sommes également contre l’extension de l’autorisation de la publicité sur les bâches de chantier. Même si on note des avancées avec une distance élargie entre les panneaux publicitaires, ce qui est une obligation légale, pour nous, ce n’est pas significatif ni suffisant." La mise en place de ce RLP métropolitain devrait intervenir d’ici 2020 sur toutes les communes du Grand Lyon.

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