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Décret "Airbnb" : les hôteliers lyonnais somment les politiques d'agir

L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) a lancé ce mercredi une opération nationale sensibilisant les villes à appliquer le décret qui contraint les loueurs de locations meublées sur les plates-formes numériques à se déclarer en mairie. Màj du 29 juin.

Mise à jour du jeudi 29 juin.

Suite à la publication de notre article, Airbnb nous a appelé pour nous faire part des "contre-vérités" émises par les hôteliers. "Depuis août dernier, Airbnb collecte sur chaque transaction effectuée via sa plateforme une somme sur le prix demandé par le loueur auprès du voyageur. C'est automatique. Sur 2017, nous avons déjà collecté 350 000 euros, preuve que l'activité attire de plus en plus de monde à Lyon. C'est transparent et nous respectons bien la loi" explique Aurélien Perol, responsable de la communication chez Airbnb.

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"Il y en a marre ! Il y a urgence ! C’est maintenant qu'il faut taper !". Ne parlez pas d'Airbnb àLaurent Duc, le président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) du Rhône, c'est l'air qu'il déteste le plus. Cet hôtelier villeurbannais l'a mauvaise, comme l'ensemble de ses semblables lyonnais.

Tous crient à la concurrence déloyale des sites de location en ligne de logements meublés de courte durée. Le géant de la Silicon Valley donc – mais aussi Abritel, HomeAway ou Sejourning. "Dans la métropole, les hôtels versent plus de 4 millions de taxe de séjour chaque année. Et les loueurs de meublés inscrits sur Airbnb, 7 500 au bas mot, ils sont exemptés ? !"

Le discours a sensiblement été de la même teneur dans dix autres villes de France, où la conférence de presse était dupliquée. Le but de la démarche, c'est d'appliquer le décret du 27 avril 2017, baptisé "décret Airbnb". Le texte permet aux communes de créer un numéro d’enregistrement pour les meublés faisant l’objet d’une location de courte durée. Concrètement, un numéro sera attribué par la mairie à chaque propriétaire qui propose son logement. L’objectif : contrôler qu’ils n’excèdent pas la durée limite légale de 120 jours par an. Avec, le cas échéant, des amendes pour les loueurs intensifs qui marchent sur les plates-bandes des professionnels.
"Lyon doit prendre une vraie décision politique en la matière" explique Loïc Renart, vice-président des hôteliers de l'Umih du Rhône.

750 locations Airbnb déclarées à Lyon

Pour l'heure, seuls 750 loueurs privés se seraient déclarés selon les hôteliers lyonnais. À peine 10 %. De son côté, la métropole de Lyon atteste de 235 000 euros reversés pour l'année 2016 par Airbnb au titre de la taxe de séjour. Cela voudrait donc dire que les 750 airbnbistes lyonnais ont loué chacun 1 200 nuitées en 2016, soit plus de 3 personnes par jour...

"Il n'y a aucune transparence. Ils donnent un chèque à la ville de Lyon et à la métropole, point barre. On ne sait rien. » vire au rouge Laurent Duc. Et d'ajouter, politicien, "ils achètent la paix politique."

Du coup, pour sensibiliser les élus à ce "problème d'équité", l'Umih va adresser aux communes de la Métropole et de l'agglomération de Villefranche un kit pour les accompagner dans la mise en œuvre la plus rapide de la procédure d'enregistrement des locations meublées et "leur rappeler les dispositions existantes pour la collecte de la taxe de séjour."

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