Les organisateurs de la Marche pour le Climat et la Biodiversité lors de la conférence de presse de présentation de l’événement.

À Lyon, la Marche pour le climat veut faire bouger les politiques

Ce samedi 13 octobre, une Marche pour le climat et la biodiversité s’élancera à 15h de la place des Terreaux. L’objectif : interpeller la métropole de Lyon sur les enjeux locaux en matière d’environnement.

“Une génération climat s’est levée”, se félicitent les organisateurs de la première Marche pour le climat, le 8 septembre dernier. Entre 10 000 et 15 000 participants ont été comptabilisés lors du rassemblement “Dans nos rues pour le climat. De cette première initiative découle une nouvelle marche, organisée dans une cinquantaine de villes en France. La Marche pour le climat et la biodiversité est prévue ce samedi 13 octobre à partir de 15h à Lyon, au départ de la place des Terreaux. Une vingtaine d’associations participent à son organisation, ainsi que trois partis politiques (Europe Ecologie-Les Verts, Génération.s. comité métropole et La France Insoumise).

Cette fois, la déambulation mènera les citoyens vers les locaux de la métropole de Lyon, où ils tiendront un “siège”. Au départ de la manifestation, place des Terreaux, un mini-forum sera mis en place. Il présentera diverses actions menées par une dizaine d’associations locales en matière de climat et de biodiversité.

Un message aux citoyens… mais pas seulement

Si l’initiative est citoyenne, le message se veut éminemment politique. La première marche avait abouti à “deux victoires”, selon Louison Chamoillaux, militante de Greenpeace : le président de la métropole, David Kimelfeld, a annoncé qu’il s’associait au vœu de sortie des énergies fossiles des investissements de la collectivité et qu’il demandait la participation de citoyens à la construction du plan Climat Energie territorial 2020-2030.

Cependant, les organisateurs veulent aller plus loin. “Il faut que les élus s’engagent dans une politique de rupture”, martèle Maxime Forest, militant Alternatiba Rhône. Il pointe notamment du doigt la politique locale en matière de pollution de l’air. “La métropole ne bouge pas sur cette question”, regrette-t-il.

L’économiste, expert en questions climatiques, Maxime Combes demande aux politiques de prendre des engagements pour assurer une augmentation maximale du réchauffement climatique de 1,5°C. “C’est encore possible. Mais la stratégie des petits pas politiques ne marche pas, souligne-t-il. Les catastrophes climatiques sont là, le réchauffement climatique aussi. Ce n’est pas de l’ordre du futur.” Il exige des décisions fortes des élus, afin d’aller au-delà des actions quotidiennes que peuvent effectuer les citoyens. De leur côté, les syndicats et partis politiques engagés dans la marche n’afficheront pas de drapeaux partisans, et mettent en avant “un mouvement social”, comme l’indique un porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts.

“Pas de l’éthique, de la politique”

Pour soutenir leur action, les organisateurs bénéficient de l’appui du youtubeur politique Usul, vidéaste et chroniqueur pour Mediapart. Avec d’autres “influenceurs”, il a participé à une vidéo dans laquelle ils interpellent leur public sur l’urgence de la question climatique. “Il faut occuper les réseaux, affirme-t-il. Ce sont les mêmes personnes qui nous regardent et ceux qu’il s’agit d’interpeller. L’urgence impose de faire pression sur les politiques, d’emm***** les entreprises, etc.” Le réseau Alternatiba, par exemple, propose à ses sympathisants de dénoncer les entreprises et les lois qui symbolisent le “crime climatique”.

Mais cela pose également la question de la pollution numérique et informatique, engendrée par les entreprises telles que Youtube, Google etc. “Nous sommes tous remplis de contradictions, rétorque Usul. Ce n’est pas de l’éthique que l’on fait, mais de la politique.” D’autres organisateurs rapportent qu’il peut être intéressant “d’utiliser les armes du système contre celui-ci”. Maxime Combes ajoute : “Où sont les contradictions les plus importantes ? Quand Total, le jour de la sortie du rapport du Giec [Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat] annonce un nouveau partenariat d’exploitation en Algérie, ça, c’est plus important...” Avec cette nouvelle approche plus politique, le grand public répondra-t-il à nouveau présent ? Réponse samedi.

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