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376 000 personnes "non ou très mal logées" en Rhône-Alpes

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La Fondation Abbé Pierre a dévoilé son rapport régional sur le mal-logement le 8 mars. Elle dénombre 900 000 personnes en difficulté avec le logement en Rhône-Alpes (15 % de la population) dont 376 000 personnes pas ou très mal logées (6,2 %), 12 500 sans-domiciles (0,2 %) et 122 000 locataires en situation d'impayés de loyers (2 %). Les jeunes, les personnes en souffrance psychique, les Roms et les demandeurs d'asile seraient les plus touchés. Explications.

Le logement, première préoccupation des Français. A la lecture du 17e rapport régional de la fondation Abbé Pierre dévoilé ce jeudi, on comprend mieux cette conclusion de nombreux instituts de sondage. L'association dénombre en effet 891 017 personnes en difficulté de logement en Rhône-Alpes, près de 15 % de la population serait ainsi mal-logées ou en fragilité de logement, 12 500 personnes sans-domiciles (0,2 % de la population) et 122 000 locataires connaitraient des impayés de loyers (2 %). Voir tableau ci-dessous.

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Dans son édito, Marc Uhry, délégué régional de la Fondation Abbé Pierre parle "avant tout d'une crise la pénurie de logement (…), une crise des prix qui ne cessent de déraper, une crise urbaine des villes qui s'étirent (…), une crise de la complexité administrative" qui prive les plus fragiles "de droits fondamentaux".

21 % des 18-25 ans sous le seuil de pauvreté

Selon lui, les premiers touchés sont les jeunes. Il voit trois raisons à cela : "les structures familiales [qui] n'arrivent plus à les soutenir", "les mesures législatives répressives et un durcissement des pratiques judiciaires ou administratives" qui "criminalise la jeunesse", et cette "injonction paradoxale" ( ? ? ?) à laquelle ils sont soumis "une grande mobilité , une grande précarité sur le marché de l'emploi, alors que le marché du logement exige de la stabilité et de la sécurité". Les jeunes sont ainsi devenus selon la Fondation "un segment du mal-logement". Ce ne sont pas "la disparition progressive des logements meublés qui existaient il y a encore quinze ans" en Rhône-Alpes, et les "10 000 chambres ou studios à vocation provisoire qui existe dans l'agglomération lyonnaise" qui les mettent à l'abri. Les 18-25 ans représentent aujourd'hui "la catégorie sociale la plus importante vivant sous le seuil de pauvreté (21 %)" en région Rhône-Alpes. Parmi les 376 000 personnes pas ou très mal-logées de la région, un tiers ont entre 20 et 30 ans d'après les estimations de la Fondation.

1 SDF sur 2 souffre de problèmes psychiques

La deuxième catégorie de population la plus touchées selon la fondation Abbé Pierre, parmi celle qui inquiète le plus les travailleurs sociaux est celle des SDF en souffrance psychique, "un SDF sur deux souffrirait de troubles mentaux nécessitant une prise en charge sur la durée" estime la fondation Abbé Pierre, ce qui représente une population de plus de 6 000 personnes en Rhône-Alpes. L'association déplore que le phénomène soit encore insuffisamment pris en compte dans l'accès au logement, y compris dans les hébergements d'urgence. "Tout se passe comme si le problème de la santé mentale dans la rue n'existait pas", écrivent Marc Uhry, François Guinet, Benoît Linot et Michel Porst les co-auteurs du rapport régional sur le mal logement dévoilé ce jeudi. Les travailleurs sociaux qu'ils ont auditionnés pour réaliser leur rapport se disent "désemparés face à cette problématique qu'ils rencontrent au quotidien". "La relance des maisons-relais", solution proposée par le préfet Carenco et le Département, sortes de "pensions de famille" en Rhône-Alpes" traduit une perception de ce problème" estime la fondation. Mais "quelques dizaines de places" pour compenser "la perte de 5000 lits hospitaliers dans la région" depuis les années 90 ne constitue pas "une politique raisonnable" estiment les rapporteurs.

Les étrangers, ou « la fabrication administrative de la misère »

Troisième catégorie de mal logés qui inquiète plus particulièrement la fondation Abbé Pierre, ce sont les étrangers, en particulier les demandeurs d'asile qui ne bénéficient plus de droit au travail depuis le début des années 90 ce qui les coupent du marché du travail et donc du logement. "Ces droits leur ont été retirés, explique les délégués régionaux, sans qu'on ouvre pour autant suffisamment de places dans les centres d'accueil spécialisés pour les accueillir". Une bonne part se retrouve donc à la rue. La fondation Abbé pierre regrette que "les ressortissants européens - pour être clair les Roms - [soient] protégés par le pilier de l'union européenne que constitue la liberté de circulation et d'installation mais [que ] les chicanes administratives les empêchent d'accéder à l'emploi, à l'hébergement et au logement". La cour d'appel de Lyon fait selon eux "une interprétation restrictive de la loi Dalo". Elle oblige les personnes à détenir un titre de séjour de plus de trois mois pour leur offrir l'accès au logement. "Tous les textes régissant l'hébergement expliquent le contraire : pas de conditions d'accès à l'hébergement" estime la fondation Abbé Pierre qui termine "cette décision ne devrait pas tarder à être cassée, mais elle en dit long sur les chicanes mises au devant des étrangers".

La fondation Abbé Pierre rappelle qu'à Lyon, le traitement de la question Roms passe par une coopération décentralisée, le Grand Lyon investit en effet 491 600 euros sur trois ans dans le développement économique de la région de Tinca en Roumanie. Cela lui évite selon la Fondation de "gérer la présence locale". "Un début de dispositif spécifique se met en place et quelques ménages ont pu accéder aux dispositifs de droits commun, mais cela reste marginal" regrette la Fondation.

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