30 000 Lyonnais "qui ne veulent pas payer pour la crise"

Les premiers sont arrivés à 12 heures Place Bellecour. La fin du cortège ne l'atteindra que vers 14h30.

Banderoles, sifflets, gilets jaunes, écharpes, masques... les 40 000 manifestants voulaient se entendre par le gouvernement . Sur les banderoles, on pouvait lire : 'La crise, c'est eux, ce n'est pas à nous de la payer', 'Le peuple n'a pas à payer pour les mafieux du CAC 40', 'école en danger' ou encore 'chômeurs rebelles'. Des revendications aussi nombreuses que variées, mais souvent le même refrain. Cette manifestante résume : 'On a donné des milliards d'euros à ceux qui sont responsables de la crise, et nous on paye. On en a marre !'. Dans une ambiance assez bon enfant, des manifestants se sont joints au cortège tout au long du défilé.
'Pour nous, ce n'est pas un jeudi noir, c'est un jeudi ensoleillé'
Pierre Coquan, secrétaire de la CGT du Rhône, est très satisfait de l'ampleur de la manifestation intersyndicale. Car l'enjeu, aujourd'hui, est grand : 'Il faut trouver d'autres solutions à la crise. Notre action est unitaire, il faut maintenant se mettre autour d'une table et commencer les négociations'. Et d'ajouter que 'Si le gouvernement ne prend pas des mesures, cette manifestation ne sera que le début d'un mouvement qui va s'amplifier'.

Un comité d'accueil pour Fillon ?
Pour Marc Tixier, président de la CGC du Rhône, même son de cloche : 'Le gouvernement ne tient pas compte de nos revendications. S'il ne veut toujours rien entendre, on continuera les manifestations, et quand Fillon va venir à Lyon le 2 février, on lui rappellera qu'on est là'. Les syndicats, main dans la main, cela faisait longtemps que l'on avait pas vu ça. Marc Tixier acquiesce : 'Il n'y a aucune divergence entre les différents syndicats. C'est le signe que les choses vont mal !'
Santé et Education fortement représentées
Le cortège comptait beaucoup de blouses blanches et d'enseignants. Les personnels médicaux lyonnais sont, pour certains, en grève depuis le 8 décembre. Ils réclament, entre autres, le retrait du plan Bachelot. Pour ce directeur d'hôpital, ce plan est une catastrophe : 'on va de plus en plus vers le modèle de santé américain'. Les éducateurs, l'ADAPEI du rhône défilaient eux-aussi pour crier leur ras-le-bol. La cause : la CCN 66, convention collective nationale de 1966, que l'Etat veut modifier, ce qui, pour eux, représenterait un sérieux recul des acquis.
Dans le début du cortège, enseignants et parents d'élèves sont eux aussi nombreux à manifester. Selon le SNES, on comptait 60 % de grévistes dans le secondaire et 40 000 personnes dans la manif. Beaucoup de professeurs des écoles étaient dans la manifestation, pour 'tirer la sonnette d'alarme, car l'école est danger sous le coup des réformes de Darcos'.
La bling-bling parade
D'une certaine manière, le gouvernement était lui aussi représenté dans le cortège. La sarkopride, ou bling-bling parade avait son char, duquel résonnaient des bêlements. Sarkozy, Fillon, Bachelot, Dati...'Carlita' ont même promis de pousser la chansonnette, histoire de remercier 'les moutons pour tout l'argent qu'ils nous donnent'.
Sous les masques des politiques, des intermittents du spectacles et employés du secteur culturel, qui annonçaient des 'soldes exceptionnelles sur la culture, l'éducation, la santé'. Pour cette future employée du secteur culturel, il est urgent de manifester pour maintenir les subventions de l'Etat et des collectivités locales car 'Quand il faut économiser de l'argent, c'est toujours nous qui trinquons, avec l'éducation et la santé'.
Et la suite ?
Ce 'jeudi noir' pourrait bien être que le prémice d'un mouvement plus dur. En effet on a pu entendre de part et d'autre du cortège des gens crier à la grève générale. Mais en dernier instance, ce sont, comme toujours, les centrales syndicales qui décideront de la poursuite ou non du mouvement en fonction de la réaction de Nicolas Sarkozy.
Annie-Laurence Ferrero

Photo : Fle-ur

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