Le Zèbre
Ca plane pour our Natahlie Perrin-Gilbert

Au Zèbre, tu te marres (et tu descends des bières) !

Dimanche soir, le local de campagne du Front de Gauche et du Gram de Nathalie Perrin-Gilbert fut le théâtre de passions plus ou moins politiques.

Ca plane pour Nathalie Perrin-Gilbert, au Zèbre.

Ca plane pour Nathalie Perrin-Gilbert, au Zèbre.

"Jus de fruit ou bière-bouteille ?" me demande un type, la trentaine, casquette en velours vissée sur la tête, derrière le comptoir. Le breuvage qui fait office de jus de fruit est en réalité un pastis triple dose - au bas mot. Ce qu'on appelle, dans le jargon des suceurs de glaçons, un "flanby", eu égard à la couleur se rapprochant dangereusement de celle du flan industriel d'une grande multinationale suisse. Je regarde ma montre – euh, non, c'est vrai je bosse. Ce sera la "cerveja (avec un "j" car portugaise) Sagres" au goulot.

Flanby, c'est marrant, c'est aussi le surnom de François Hollande, qu'avait un jour lâché Arnaud Montebourg dans les couloirs de l'Assemblée nationale. "Hollande, c'est Flanby" : un dessert flageolant qui reprend toujours sa forme initiale, même secoué dans tous les sens.

Poing levé

Mais, à La Coopérative du Zèbre, sur le haut des Pentes, dimanche soir, il n'y avait qu'un seul flanby, Le Marseillais. Car, Hollande (Normand, lui) n'est pas très populaire. Au local de campagne du Front de Gauche et du Gram de Nathalie Perrin-Gilbert (la maire dissidente du 1er arrondissement), c'était plutôt ambiance "Hardi camarades" et poing levé.

Il est 19h45. L'ambiance est bon enfant. Ça boit des bières donc, (ou des flanby), ça roule à en perdre les doigts des Samson et des Drum, c'est franche rigolade. Bref, une soirée ordinaire au Zèbre.

Sauf un petit pool rassemblé autour d'Aline Guitard, la tête de liste d'union, qui parle bureau de vote, résultats, estimations. Oui, car on est quand même un peu là pour les municipales. "J'ai peur de l'abstention. C'est toujours une grande déception pour la démocratie l'abstention".

Chez les Zébrés des Pentes, la peur, ce serait plutôt que la chorbas qui mijote sur un feu ne mijote plus (où qu'on soit en rupture de stock houblonné).

« Paf ! Dans le baba ! »

Puis, vers 20h00, l'écran géant, installé pour l'occasion – au-dessus d'une paire-de-jambes- surmontée-d'un-parapluie-qui-pédale-à-l'envers-sur-un-vélo-bariolé ! -, l'écran géant, donc, diffuse les premières images de la soirée électorale de France 3. Franche rigolade quand apparaît un bandeau "Élections en Rhône-Alpes", suivi de la ville de... Pau. Autant dire que les cartouches sur les journalistes fusent de toutes part. On se planque.

Le Zèbre ()

Les minutes s'égrènent, lentement. À défaut d'avoir des infos, les militants (et sympathisants) ont des bières. Les mines sont réjouies et le ciel dégagé, malgré la pluie battante et glaciale qui tombe dehors.

21h00. Les premières estimations donnent Nathalie Perrin-Gilbert en tête dans le 1er, avec 38,16 % des voix, Collomb 24,40 % et Havard à 16,23 %. Cris de joie. "Collomb, paf ! Dans le baba !" chante David. "L'eau, l'air, la terre, un toit pour chacun : Nathalie Perrin-Gilbert parle de l'essentiel". Perso, je rentre à l'intérieur, je suis trem-pé.

21h36. La maire du 1er arrive au Zèbre. Je suis coincé entre la porte et un gaillard chevelu, dont la toison gesticulante me fouette allègrement le visage. Acclamations, applaudissements. Paf ! Le fameux type du bar de tout à l'heure monte le son à se faire péter les tympans. "SDF, chômeur, ouvriers/Paysans, immigrés, sans papiers/Ils ont voulu nous diviser/Faut dire qu'ils y sont arrivés/Tant que c'était chacun pour sa gueule/leur système pouvait prospérer/Mais fallait bien qu'un jour on se réveille/et qu'elles têtes s'remettent à tomber. On lâche rien, on lâche rien, on lâche rien, ON lâche riiiiiien". Youhou, je suis sourd !
Re-tournée de bières. La salle est comble. On fume carrément à l'intérieur. De toute façon, on ne peut plus sortir.

22h57. Pardon, excuse-moi, hop ! Je rejoins la voiture de Nathalie Perrin-Gilbert, accompagnée de sa dir'com et de Renaud Payre, co-fondateur du Gram qui, tout prof à Sciences-Po n'en arrive pas moins à ne pas savoir conduire. Arrivera-t-on entier à la préfecture ?....

Rectificatif : j'étais persuadé qu'on buvait des Ricard au Zèbre, ce dimanche. Rien de tout cela, il s'agissait bien de purs jus de fruits ! Soft, donc. En tous les cas, bel animal que ce Zèbre-là !

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