David Kimelfeld Emmanuel Macron Gérard Collomb
© Tim Douet

Qui pour remplacer Collomb à Lyon et à la métropole ?

Nommé ministre ce mercredi, Gérard Collomb va abandonner ses mandats locaux. La Ville de Lyon semble promise à Georges Képénékian et la métropole à David Kimelfeld. Mais ce scénario se heurte, au conseil métropolitain, à une absence de majorité qui pourrait contrarier les plans des socialistes devenus “marcheurs”.

Le suspens n'aura pas duré longtemps. Gérard Collomb ne bénéficiera pas d'une jurisprudence Le Drian. Il ne pourra pas cumuler sa fonction ministérielle et ses mandats locaux. Le maire de Lyon l'a d'ailleurs expliqué assez tôt dans son discours de passation de pouvoir place Beauvau, ce mercredi après-midi : "Je ne vous cacherai pas que c’est avec un petit pincement de cœur que je vais abandonner les fonctions de maire de Lyon et de président de la métropole. Depuis quinze ans, j’y avais mis toute mon âme et mon énergie. C’est avec énergie que je veux participer à ce ministère fondamental pour nos concitoyens." Dans les prochains jours, Gérard Collomb va donc quitter la présidence de la métropole et son fauteuil de maire de Lyon. "Vu l'importance du ministère qui lui a été confié, il pouvait difficilement faire autrement", explique-t-on dans son entourage. Sa date de départ de ses mandats lyonnais n'est, en revanche, pas encore connue. Lundi prochain, le conseil métropolitain doit se réunir et, ce mercredi en fin d'après-midi, personne ne pouvait dire si Gérard Collomb y participerait. Le même flou entoure le conseil municipal du 29 mai. "Il n'y a aucune obligation juridique à démissionner tout de suite. Nous sommes maîtres du temps. Le premier adjoint à Lyon et le premier vice-président à la métropole tiennent la route. Nous allons essayer de faire les choses, surtout qu'il n'y a pas d'obligation à se précipiter", poursuit un membre de son cabinet à la métropole.

Képénékian à la ville : possible

À la mairie de Lyon, où l'équipe de Gérard Collomb détient la majorité absolue, la succession ne devrait pas poser de problèmes. La tâche sera autrement plus ardue à la métropole, où les élus socialistes sont minoritaires. En 2014, Gérard Collomb n'avait dû son élection qu'au ralliement des maires Divers droite du groupe Synergies. Depuis, sa majorité s'est plutôt divisée. L'élection d'un socialiste – David Kimelfeld est pressenti – n'a donc rien d'automatique. C'est pourtant le scénario sur lequel travaillent les hommes de confiance de Gérard Collomb. "Depuis plusieurs jours, David Kimelfeld et Georges Képénékian réunissent les socialistes pour préparer la succession à Gérard Collomb", rappelait un socialiste lyonnais en milieu de semaine dernière. Pour l'après-Collomb, Georges Képénékian, premier adjoint à la Ville de Lyon, monterait d'un cran dans la hiérarchie. David Kimelfeld, premier vice-président de la métropole, ferait de même au conseil métropolitain.

Kimelfeld à la métropole : tout sauf évident

Ce scénario a tout d'une évidence sur le papier mais risque de se heurter à une métropole divisée. Les maires Divers droite qui avaient appuyé Gérard Collomb en 2014 sont mécontents. La réforme qui a créé la métropole de Lyon porte en elle la fin de leur statut de faiseurs de roi. Longtemps loyaux, les maires Synergies rechignent désormais à voter des délibérations. Ils vont même, scénario impensable lors du mandat précédent, jusqu'à voter contre. Les centristes, qui forment aussi un groupe charnière, ne sont pas prêts à donner un chèque en blanc à David Kimelfeld. "Gérard Collomb, on le connaît. On sait qu'il n'est pas sectaire et qu'il comprend les équilibres territoriaux plus que les questions partisanes. Pour moi, David Kimelfeld, c'est le premier secrétaire départemental du PS", confie une élue centriste. Les relations, qui semblent avoir atteint un point de non-retour, entre Jean-Paul Bret, le maire de Villeurbanne, et Gérard Collomb risquent aussi de compliquer l'équation. Des socialistes lyonnais en sont donc réduits aux incantations pour espérer garder la majorité : "Au niveau national, on arrive à monter des gouvernements qui transcendent les étiquettes, il faut que les responsables politiques locaux s'en inspirent." À droite, certains s'imaginent surtout prendre une revanche sur un Gérard Collomb qu'ils accusent de leur avoir volé l'élection en 2014. Un plan B autour de Richard Brumm ou Jean-Luc Da Passano est envisagé, sans plus de certitudes. Le jeu des chaises musicales qui s'ouvre s'annonce incertain.

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