Mis en minorité, Collomb refuse un vote à ses alliés

Gérard Collomb a préféré refuser un vote symbolique sur le découpage électoral de la prochaine métropole à ses alliés, plutôt que d’apparaître minoritaire dans une assemblée qu’il préside. Quitte à se faire taxer d’autocrate.

Lundi soir, lors du dernier conseil communautaire de l'histoire du Grand Lyon (la prochaine séance sera en effet "métropolitaine"), Gérard Collomb a vécu un moment compliqué. Échaudé par la future carte électorale, qui prévoit que toutes les communes de l'agglomération n'auront pas un représentant au conseil métropolitain à partir de 2020, le groupe Synergies, composé de maires Divers droite de petites communes de l'Ouest lyonnais, a demandé qu'une motion soit votée. Celle-ci prévoyait de demander un délai au Gouvernement pour fixer les modalités d'élection des élus métropolitains en 2020.

“Le choix entre la peste et le choléra”

Depuis quelques semaines, le groupe Synergies, emmené par son président Marc Grivel, avait trouvé une majorité pour faire adopter cette motion. "Huit des dix groupes devraient la voter", estimait-il en début de séance. Seuls les socialistes avaient prévu de voter contre. Et, comme la gauche n'est pas majoritaire sans ses alliés Divers droite de Synergies, l'examen de cette motion aurait tourné au camouflet pour Gérard Collomb, qui se serait ainsi retrouvé en minorité dans une assemblée qu'il préside pourtant.

Le sénateur-maire de Lyon a donc décidé, comme la loi l’y autorise, de ne pas étudier la motion présentée par Synergies. "Il avait le choix entre la peste et le choléra. Se faire mettre en minorité ou passer pour un autocrate", admettait un de ses vice-présidents avant le moment fatidique. C'est donc pour la deuxième solution qu'a opté Gérard Collomb.

“Nous avons une vision de la gouvernance qui ne semble pas être la même”

"Le président s'est opposé au vote. On sentait que ça irait dans ce sens. La motion a été écoutée avec attention et le président nous a répondu sur le plan réglementaire et législatif. Le conseil de communauté s'est terminé là-dessus. L'ordonnance va sortir telle quelle. Gérard Collomb nous a fait une mini-ouverture. Il a promis de présenter nos amendements entre la promulgation de l'ordonnance et sa ratification par le Parlement. Nous avons une vision de la gouvernance qui ne semble pas être la même. Nous allons être vigilants sur les délibérations concernant le danger de dilution des communes. Nous serons amenés à prendre des décisions pour ou contre. Nous sommes le parti des communes et la métropole a besoin de nous", prévient Marc Grivel.

Alors que la création de la métropole au 1er janvier va faire de Gérard Collomb l'élu local le plus puissant de France, sa majorité n'a jamais semblé aussi fragilisée.

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5 commentaires
  1. FOurs - 16 décembre 2014

    'Ce n'est pas aux vieux singes que l'on apprend à faire des grimaces…'

  2. grandlyonnaise - 16 décembre 2014

    Il n'est pas ce type là ! un grand manipulateur qui atteint ses limites et est devenu petit à petit un grand poutine dont il s'est toujours inspiré

  3. grandlyonnaise - 16 décembre 2014

    il n'est pas NET ce type là ! un grand manipulateur qui atteint ses limites et est devenu petit à petit un grand poutine dont il s'est toujours inspiré

  4. Bochar - 17 décembre 2014

    Il n'y a pas de grandes choses qui se font sans une forte volonté de passer par dessus les intérêts partisans.Colomb a cette force et cette vision;j'espère qu'avec l'aide de l'Etat il tiendra bon jusqu'à la mise en oeuvre de cette nouvelle collectivité territoriale qui , bien entendu, doit remplacer les autres. Nous n'avons pas besoin d'un représentant par commune, puisque les communes n'auront plus de sens au sein de la métropole!

  5. spacelex - 18 décembre 2014

    Bochar, c'est un tel léchage de botte dégoulinant que Romain Blachier devrait l'avoir écrit ... vivement les élections départementales que la modestie frappe cet autocrate de Gégé. Quand aux Synergies, pitié, si leurs électeurs sont de droite, j'en doute, ou du centre, plus certainement, ils ont assez trahi leurs électeurs en échange d'un titre et d'une indemnité pour en avaler de plus grosses à chaque fois. En 2020, ils ne seront plus rien et quand la Métrop' coulera les électeurs trancheront.

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