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Lyon : un mouvement étudiant pour une "révolution pragmatique"

Ni à droite, ni à gauche, mais au centre, rejetant les personnalités politiques actuelles pour proposer des idées et du débat, c'est la vocation que se donne aujourd'hui le Rassemblement des étudiants démocrates, né à Lyon au début de l'année 2015.

"Lyon est une terre plutôt centriste qui est tolérante, qui vote social-libéral. C'est une ville assez ouverte avec la campagne qui n'est pas loin et différentes problématiques qu'on ne trouve peut-être pas dans le petit coffre parisien" analyse Léo André, président du rassemblement étudiants démocrates. Ce mouvement d'environ 70 adhérents et sympathisants, né au sein de l'Université Lyon III au début de l'année 2015, refuse de s'apparenter à un parti politique mais porte des valeurs centristes. "Au sein des facultés, il y a l'UNI, à droite, et l'UNEF, à gauche. Et c'est vrai qu'il n'y avait pas de vision centriste, donc nous voulions en donner une", explique Léo André, ancien militant pour l'UDI. Depuis qu'une de leur vidéo (ci-dessous) a été visionnée près d'un million de fois sur les réseaux sociaux, des étudiants de l'Université de la Sorbonne à Paris ont contacté le RED pour créer une antenne parisienne du mouvement à la Sorbonne dès la fin du mois de novembre.

Proposer des projets concrets

Face à la "déconnexion" de la majorité des partis politiques à certain nombre de problème, le RED veut s'impliquer concrètement. Une équipe travaille sur un projet de mixité sociale. Le but est que pour la rentrée 2017, cette équipe propose un projet en ayant prit tous les réseaux TCL pour voir dans quels lycées il est possible de créer plus de mixité. "À Villeurbanne, il y a des lycées dans lesquelles 99 % des élèves sont d'origines maghrébines et à un kilomètre de cela, à Foch, il y a des lycées où 100 % des élèves ne sont pas issus de l'immigration. C'est un problème, d'autant plus que ces lycées n'ont absolument pas les mêmes taux de réussite alors que dans les deux cas ce sont des lycées publiques financés par l'Etat. Au lieu de prendre certains problèmes à la fin, nous voulons les prendre à la source, c'est à dire avec l'éducation" explique Léo André. "Nous voulons proposer une césure avec le système actuel, une césure qui est possible sans entrer dans la grande révolution terrible et qui est impossible. Nous voulons une révolution pragmatique".

Refuser de soutenir un candidat pour la présidentielle

Depuis le début de l'année 2016, le bureau de ce rassemblement, composé de 7 personnes, s'est donné une impulsion plus politique en organisant des débats, notamment la semaine prochaine sur : "après le Brexit, le Frexit ?". Depuis l'adoption d'un discours plus contestataire du système politique français, ce rassemblement voit l'arrivée de plus en plus de sympathisants, explique le président du RED, qui refuse de se prononcer en faveur d'un candidat pour la prochaine élection présidentielle : "Marine Le Pen est aux antipodes de nos pensées. Toute l'équipe de Nicolas Sarkozy sont des gens que l'on ne peut pas soutenir dans le sens où l'on connait les affaires dans lesquelles le parti est mêlé et qu'il y a une dérive d'extrême droite de leur part. À gauche, le problème est que ce n'est pas de la gauche et que François Hollande a prouvé son incompétence. À l'extrême gauche, nous pensons que c'est impossible. Nous estimons que le centre est soumis à la majorité des Républicains. Si Alain Juppé se rapproche des idées du centre, nous prônons un changement car c'était un ancien premier ministre, s'il avait voulu faire de grandes choses et changer peut être la face de la République, il aurait pu le faire. C'est un système global que l'on rejette et c'est pour cela qu'on ne soutiendra personne".

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