Wauquiez
©Tim Douet

La droite est-elle embarrassée par l'enregistrement de Wauquiez ?

Alors qu'un nouvel enregistrement de propos tenus par Laurent Wauquiez face à un parterre d'étudiants de l'EM Lyon a été diffusé hier par l'émission Quotidien, les quelques réactions à droite témoignent d'une forme de gêne, que ce soit sur le fond ou sur la forme.

Un deuxième enregistrement de propos tenus par Laurent Wauquiez dans le cadre de ses cours dispensés à l'EM Lyon a été rendu public ce lundi soir dans l'émission Quotidien. Moqueries sur les députés de la République en Marche, "explosion" des impôts, de la dette publique et de l'endettement à Bordeaux sous la mandature d'Alain Juppé ou retour sur le cas de Gérald Darmanin : si Laurent Wauquiez a réagit à la diffusion du premier enregistrement en évoquant "des suites judiciaires", il donne cette fois-ci "rendez-vous" sur BFM-TV via sa page Twitter.

"Propos cash" et "procédé scandaleux"

Soutien à la candidature de Laurent Wauquiez comme président du parti Les Républicains, l'ex-député LR Georges Fenech, ne souhaite faire "aucun commentaire" sur les enregistrements ou les propos tenus, emboîtant ainsi le pas du maire LR de Saint-Etienne, Gaël Perdriau. Pour le maire LR de Rillieux-la-Pape, Alexandre Vincendet, le plus choquant ne sont pas les mots Laurent Wauquiez, qu'il considère comme "cash" et propre à un dialogue "à bâton rompu" mais plutôt "le procédé scandaleux employé par l'émission Quotidien". "En prenant des phrases de deux minutes sortis de leur contexte, qu'est-ce que cela apporte au débat national ? On a seulement voulu attaquer une image avec un procédé franchement inqualifiable. Derrière, il ne faudra pas se plaindre si les responsables politiques de tout niveau font de la langue bois. Parce que dès que vous sortez un peu des cadres et que vous n'êtes pas policé, la terre entière peut vous tomber dessus ! C'est ce qu'il se passe avec Laurent Wauquiez," défend l'élu et proche du président de la région Auvergne Rhône-Alpes.

"Provocation" et "vulgarité" pour les proches de Juppé

Quatre fois ministre au sein de gouvernements de droite et proche d'Alain Juppé, Dominique Perben n'entend pas placer Laurent Wauquiez en position de victime. "Je trouve ces propos vraiment très décevants et très honnêtement, ce n'est pas compatible avec l'idée que je me fais d'un homme politique de premier rang. À l'évidence, nous ne sommes ni dans le débat d'idées, ni dans un débat entre les personnes de niveau digne, mais dans la provocation et une certaine forme de vulgarité. Quelque soit la motivation, cela n'enlève rien au caractère médiocre de la démarche", déclare celui qui a troqué sa carte du parti Les Républicains après avoir fait campagne pour Alain Juppé pour apporter officiellement son soutien à Emmanuel Macron. "La stratégie est une certaine forme de victimisation, qui consiste à dire que tout l'establishment est contre lui est que cela peut être un moteur. Parler de "députés guignols" est tout a fait grotesque, ils sont dans la situation de tous les députés qui soutiennent un parti de gouvernement. On n'est pas du tout dans la sincérité, mais dans un discours démagogique un peu vulgaire qui ne correspond ni à la réalité, ni à ce que pense Laurent Wauquiez lui-même, j'en suis convaincu" estime l'ancien élu.

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