Embedded. Trail de la Fontaine des Ânes : à l'ancienne !


Par Guillaume Lamy
Publié le 13/06/2017  à 17:28
Réagissez

Pour cette 7e édition du Trail de la Fontaine des Ânes, dimanche 11 juin, on a eu chaud, on a eu soif, mais on aimé. Veni, vidi, cucurri. Résumé de course. 

Trail de la Fontaine des Ânes ()

 

 Kilomètre 29 (et des poussières), dans la forêt de la Cantinière, en surplomb du col du Châtoux, juste en-dessous du crêt Lacrampe (838m). Dernier ravito avant la ligne d'arrivée. Une pause s'impose. D'autant que les gentils organisateurs nous ont prévu une belle montée bien sèche (aussi raide qu'à découvert). Trois cent mètres de sentier escarpé et raviné pour un dénivelé de 60 m, soit une pente de 19%! Autant dire qu'après plusieurs heures de course, vous les sentez vos quadri...

La chaleur est telle que le petit groupe de coureurs se jette (façon de parler vu l’exiguïté du contenant) sur la bassine d'eau. On a tous une soif de pendu. À mettre la fontaine des ânes à sec... Ça tombe bien, vous y êtes à la fameuse "source de la fontaine des ânes". Avec un nom pareil, on s'attendait à quelque chose qui ressemble à une "eau vive qui vient d'une source et se répand à la surface du sol; lieu où surgit cette eau" (selon la formule consacrée du Larousse). Manque de bol, on a affaire à un abreuvoir en pierre dorée (très joli au demeurant) mais un petit abreuvoir sans la moindre goutte d'eau. On espère juste que jadis, quand les ânes passaient dans le coin (ils devaient forcément passer des baudets faute de quoi on n'aurait pas appeler ça la fontaine des ânes !) il y avait bien une source car un âne ça boit énormément.

29°2 le matin

Baptiste Chassagne, vainqueur du Trail de la Fontaine des Ânes 2017
Baptiste Chassagne, vainqueur du Trail de la Fontaine des Ânes 2017

Alors que je repars cahin-caha au milieu des douglas, des sapins pectinés, des mélèzes et des chênes sessiles (vu mon rythme de croisière, j'ai le temps de sonder l'origine profonde des arbres avoisinants), en pivotant la tête pour saluer les bénévoles, je tombe nez à nez avec une bouteille de chardonnay blanc, bue jusqu'à la lie. "Qu'est-ce que vous voulez, c'est l'heure de l'apéro...".

L'apéro, pour moi, ce n’est pas pour tout de suite. Encore 7 kilomètres. À l'aise dans votre canapé, la clim' à fond, les doigts de pied en éventail, une orangeade (bière?) à portée de main, c'est sûr que ça paraît dérisoire. Mais par 29°2 le matin, après plusieurs heures de course, je persiste : c'est tout sauf dérisoire ! D'autant qu'on repart en montée. "Allez, après, c'est tout en descente !".

Arrivée sur la pelouse sommitale avec un panorama à couper le souffle (qu'on a déjà perdu), il y a effectivement une descente. J'accélère. L'air me fouette le visage. Je vole, j'exulte. Paf ! Virage à gauche et ça remonte. Des faux-plats, des petites bosses. Bref des casse-pattes !

Ne pas se relâcher. Mental, mental, mental. Où plutôt piscine, piscine, piscine. J'y pense si fort que je me vide mes deux flasques d'un demi-litre sur la tête. J'entends la sono, annonciatrice d'un dénouement imminent. Un sentier au milieu des vignes en plein cagnard. Virage à droite. Une ferme. Une dernière descente à bâbord. Ça y est, le bitume. Droite. Un signaleur indique 300 mètres. J'enlève mon sac S-Lab du roi Salomon. Un dernier coup de rein dans les vingt mètres de montée et je passe l'arche gonflable. 4h28. 87e. Le premier ? Baptiste Chassagne, 24 ans, en 2h59, à 12 km/h de moyenne*...

Qu'importe la monture, pourvu qu'on ait l'ivresse

Qu'importe, il en faut ben d'un peu plus forts... Deux cochons de lait cuisent à la broche. Une brochette de coureurs et d'accompagnants se régalent, attablés coude contre coude sous des tentes qui semblent fondre au soleil.

C'est ça l'ambiance du Trail de la Fontaine des Ânes : une belle balade dans le Beaujolais suivi d'un bon gueuleton. Ici, on gagne une bouteille de gamay. À l'ancienne. Cette année, 920 coureurs se sont inscrits, en hausse d'un tiers par rapport à l'édition précédente.

Si, comme le dit le proverbe, "on ne saurait faire d'un âne un cheval de course", préférons cet autre dicton "qu'importe la monture, pourvu qu'on ait l'ivresse".

 

* Baptiste Chassagne est licencié à l'ACVS Villefranche Endurance Shop. Il a remporté le Sainté Trail Urbain 2016 (31 km 741 m D+ en 2h13), la Val'Lyonnaise 2016 (26 km 656m D+ en 1h43), et en mai dernier, le Beaujolais Challenge Trail (16 km 800 m D+ en 1h05

 

Les résultats ici.

  • Actuellement 5 sur 5 étoiles
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
Note : 5/5 (2 note(s) attribuée(s))

Merci d'avoir participé !

Vous avez déjà noté cette page, vous ne pouvez la noter qu'une fois !

Votre note a été changée, merci de votre participation !

Partagez cet article :   Twitter Facebook Google Plus email

à lire également

Vos réactions
0 commentaire

(Mentions légales, cliquez-ici)
Mot de passe oublié ?