La métropole de Lyon critique la qualité du service de Vortex et JLI


Par Justin Boche, en direct du conseil métropolitain
Publié le 06/11/2017  à 16:46
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Gérard Claisse, le vice-président aux achats publics de la métropole, a critiqué ce lundi en conseil métropolitain le marché de transport scolaire de personnes handicapées. Un marché qui n’est pas mûr, selon lui. Les prestations des entreprises comme Vortex et JLI, choisies par le Grand Lyon, “ne conviennent pas pour ce type de transport, qui suppose une haute qualité de service”.

Gérard Claisse, vice-président métropolitain © DR
Gérard Claisse.

La décision de prolonger d’un an le contrat de la société Vortex, spécialisée dans le transport scolaire de personnes handicapées, avait été prise par la métropole de Lyon le 20 juillet dernier. Cette prolongation, validée en commission permanente cet été, a été mise au vote ce lundi au conseil de la métropole. Pourquoi si tard ? interroge Nathalie Perrin-Gilbert (Gram) : “Cette décision n’a pas soulevé le moindre débat durant la commission permanente de juillet. Pourquoi a-t-il fallu attendre deux mois pour valider ce compte rendu ?" Selon la maire du 1er arrondissement, la majorité a souhaité ainsi éviter les débats sur la reconduction de Vortex. “Une entreprise qui, contrairement à ce que dit son président, fait bien l’objet d’une plainte au pénal”, a ajouté Nathalie Perrin-Gilbert en référence à la plainte déposée à l’encontre de la société Vortex le 11 août 2017.

“Il y a eu du dumping sur les prix”

“Dans votre décision, vous reconnaissez explicitement le dumping social et la sous-évaluation du marché par cette entreprise en vue de la remporter. Vous nous demandez de nous rendre complices d’une entreprise verbalisée, une entreprise qui fait l’objet d’une plainte. Je vous demande de ne pas vous rendre complice et de ne pas valider cette délibération”, a lancé Nathalie Perrin-Gilbert à ses collègues du conseil de la métropole.

Gérard Claisse, le 21e vice-président métropolitain, chargé de la politique d’achat public, des gestions externes et des affaires juridiques et assurances, lui a répondu que la “préfecture a autorisé la métropole à reconduire ces lots afin de les mettre en ordre dans l’objectif de les renouveler ensemble à la rentrée 2018”. Il s’est dit “preneur d’échanges avant la remise en concurrence des marchés”. Il a aussi très largement critiqué les entreprises choisies par le Grand Lyon pour assurer le transport scolaire d’élèves handicapés : “Ce marché n’est pas [mûr] puisque effectivement il y a eu du dumping sur les prix. Ceci est vrai pour toutes les entreprises, dont JLI, l’entreprise concurrente [qui se partage les marchés avec Vortex dans le Rhône, NdlR].” “Il n’y a pas une entreprise vertueuse et une autre qui ne l’est pas. Il y a un marché qui n’est pas [mûr], avec du personnel pas toujours formé, utilisé à temps très partiel, avec un turn-over très élevé. Ce qui ne convient pas pour ce type de transport, qui suppose une haute qualité de service”, a-t-il ajouté. Comme les services du Grand Lyon l’avaient annoncé en juillet, Gérard Claisse a assuré que, “dans le prochain appel d’offres, les exigences en matière de qualité seront plus élevées que celles qui prévalaient sur ce que nous avons eu jusqu’ici”.

La solution : une mise en régie ?

De son côté, Nathalie Perrin-Gilbert a demandé que ce service soit “assuré directement” par la métropole. Un fonctionnement en régie qui existe déjà dans l’Ain. “On a fait le choix de fidéliser ses chauffeurs. On a très peu de turn-over et cela crée un rapport de confiance entre l’élève, les parents et les conducteurs”, confiait en septembre Jean-Pierre Gaitet, le vice-président chargé des transports au conseil départemental de l’Ain. “C’est une structure importante, qui coûte plus cher que dans les autres départements, mais il y a des endroits où l’on peut faire des économies et d’autres où il faut faire des choix. On a privilégié la qualité par rapport au coût. C’est un choix politique”, concluait-il.

David Kimelfeld a répondu à la maire du 1er arrondissement en déclarant qu’elle avait “raison de pointer du doigt les dysfonctionnements, mais tort d’y voir une collusion des élus de la métropole dans le choix de ces entreprises”. Et la délibération sur la prolongation du contrat de Vortex a été adoptée par le conseil de la métropole.

 

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