Sociologie : quand le prophète de malheur devient lanceur d'alerte


Par Mathilde Régis
Publié le 09/12/2017  à 10:27
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Issu du courant de la sociologie pragmatique, Francis Chateauraynaud étudie les processus d'alerte dans la société contemporaine. Dans les années 90, ses travaux transforment le concept de "prophète de malheur" en celui de "lanceur d'alerte". 

Les scientifiques qui s'inquiètent de l'état du climat, de la pollution de l'air ou des questions de radioactivité sont-ils des "prophètes de malheur" ? Au cours des années 90, face aux crises sanitaires de la vache folle ou de l'amiante, c'est en tout cas la terminologie utilisée en sociologie pour les qualifier. "Ce terme renvoyait à Cassandre, aux grandes figures mythologiques du catastrophisme, c'était beaucoup trop péjoratif. Et en allant rencontrer sur le terrain les personnes qui portent de tels dossiers, je me suis dit que ces personnes ouvrent plutôt un processus de discussion et de mobilisation", explique le sociologue Francis Chateauraynaud, invité de l'Autre Direct au cours du salon des livres et de l'alerte. Face à la traduction canadienne du terme anglais "whistleblower" en "dénonciateur", le sociologue lui préfère le terme de "lanceur d'alerte". Dans son dernier essai, "Aux bords de l'irréversible, sociologie pragmatique des transformations", Francis Chateauraynaud décortique l'emprise du discours catastrophiste sur les esprits contemporains, ainsi que les trajectoires qui se dessinent pour répondre aux enjeux du futur.

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