Festival : Ambronay au milieu de la figure


Par Guillaume Médioni
Publié le 11/09/2014  à 07:13
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Qui dit rentrée classique dit festival d’Ambronay, pour une édition 2014 placée sous le signe des célébrations…

L’ensemble Correspondances © Bertrand Pichene
L’ensemble Correspondances © Bertrand Pichene

10e anniversaire pour le centre culturel de rencontres, 35e édition pour le festival : Ambronay n’est pas près de s’arrêter en si bon chemin. Au rang des petites nouveautés, le programme européen “EEE-merging” qui permettra à des ensembles émergents de bénéficier, et ce pendant 3 ans, de résidences et de formations spécialisées.
Autre nouveauté de taille, la nomination en juin dernier de Daniel Bizeray, qui succède au directeur historique, Alain Brunet, et dont ce sera la première édition en tant qu’ambassadeur des opérations.

Côté programmation, on ne déroge pas, c’est bien de l’un des plus prestigieux festivals au monde dédiés à la musique ancienne qu’il s’agit ! Des stars de renom, des “émergents” prêts à assurer la relève, des tubes du répertoire, des œuvres presque inédites : tout n’est ici qu’équilibre, pertinence et plaisir partagé.

Des vieux d’la vieille

Honneur aux pionniers, ceux sans qui peut-être aujourd’hui les noms de Charpentier, Marin Marais, voire Purcell ou Lully ne résonneraient qu’aux oreilles de musicologues spécialisés.

 

Dans la famille dinosaures, Ambronay nous offre cette année deux papis (et non des moindres) : Jordi Savall, accompagné d’Hespèrion XXI, dans un programme consacré à la musique pour ensemble (consort) de violes de gambe à travers l’Europe des XVIe et XVIIe siècles et William Christie à la tête des Arts Florissants dans quelques grands motets de Rameau et Mondonville.

Nouvelles stars

Une ou deux générations de “baroqueux” plus tard, des interprètes (souvent d’ailleurs formés au rang des pionniers sus-cités) hier prometteurs s’imposent aujourd’hui comme des références incontestables. C’est le cas de Fabio Biondi, ancien premier violon auprès de Savall, parti à l’aube des années 1990 fonder l’Europa Galante, qu’il dirige du bout du crin de son archet incandescent. Le cas également d’Enrico Onofri qui, après un passage chez Savall, lui aussi, rencontre la consécration au sein d’Il Giardino Armonico puis avec son propre ensemble, Imaginarium, qui nous livrera une version pleine de poésie et de véhémence des Quatre Saisons de Vivaldi.

Côté françois, c’est le chef et violoniste Patrick Cohën-Akenine qui brandira le drapeau dans des Leçons de ténèbres pourtant italiennes d’Alessandro Scarlatti, mais aussi un Miserere contemporain de Thierry Pécou.

Sans compter le chef “maison” d’Ambronay depuis quelques années, Leonardo García Alarcón, qui nous ravira de madrigaux italiens du premier baroque mais également (à la tête du New Century Baroque) d’un Requiem de Mozart à l’Auditorium de Lyon.

Le baroque au berceau

Le credo d’Ambronay, aujourd’hui, c’est l’émergence, et force est de constater la confiance et le soutien – mérités – témoignés aux jeunes ensembles français et européens. Car, si les pionniers se sont (non sans mal) “faits eux-mêmes”, Ambronay offre à la jeune relève une véritable exposition. Tous sont là : Correspondances et leur Charpentier chéri (cf. portrait de l’ensemble dans notre supplément Culture), Pygmalion pour des cantates de la famille Bach, Les Esprits Animaux dans un B.A.-BA du baroque à partir de 8 ans, Les Surprises, Les Ombres...

Un zeste de cross-over, tango par-ci jazz’n’baroque par-là, avec Les Musiciens du Louvre, en passant par les Balkans, des improvisations aux instruments de percussion du monde (Brésil, Inde, Iran), Ambronay balaye large... et bien, avec grâce et sans racolage aucun.

Festival d’Ambronay – Du 12 septembre au 5 octobre. Horaires et réservations sur le site Internet du festival.

 

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