montage Sepulveda Fin de l'histoire
© Daniel Mordzinski (montage LC)

Quais du polar sans Sepúlveda

La Fin de l’histoire, le dernier roman de Luis Sepúlveda est une tuerie ! On ne pourra pas féliciter son auteur ce week-end à Lyon, des raisons personnelles l’empêchant de nouveau de participer à Quais du polar. Mais cela ne doit pas nous empêcher, nous, de lire son livre.

Le point fort des polars de l’écrivain chilien (exilé en Espagne) Luis Sepúlveda, auteur du fameux roman Le Vieux qui lisait des romans d’amour, c’est sans conteste leur ancrage historique, solidement documenté. Le dernier en date, La Fin de l’histoire, n’échappe pas à la règle.

Son héros, Juan Belmonte, a déposé les armes depuis des années ; il vit en Patagonie, près de la mer, avec sa ravissante compagne, qui ne s’est pas encore complètement relevée des tortures subies sous la dictature de Pinochet. Cette tranquillité se voit soudain perturbée : les services secrets russes, qui connaissent les talents de guérillero et de sniper de Belmonte ont décidé de faire appel à ses services. Ils lui proposent un marché qu’il ne peut refuser – sauf s’il ne tient plus à la vie, ce qui n’est pas encore tout à fait le cas. Le voilà embarqué dans une opération plus que risquée qui va l’emmener à Santiago, la capitale du Chili.

Sa cible est un certain Miguel Krassnoff, un Russe partisan de la cause cosaque qui a lui aussi quelques états de service, mais pour la cause adverse : il a participé à la Deuxième Guerre mondiale dans les régiments SS et est ensuite devenu général de l’armée de Pinochet, avant d’être emprisonné à Santiago pour sa participation à la répression et à la torture pendant la dictature militaire. Un CV qui le rend d’autant moins sympathique à Belmonte que s’y ajoutent des motifs très personnels de haïr ce “Cosaque”.

Entre chantage et trahison, basses actions et actes héroïques, amitiés viriles et amours passionnées, Sepúlveda dévoile les dessous de l’histoire dans un roman haletant et musclé.

Luis Sepúlveda / La Fin de l’histoire, éditions Métailié, mars 2017, 204 p.
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Mêler journalisme et polar dans une revue trimestrielle, l'idée ne pouvait germer que dans l'esprit de Stéphane Damian-Tissot, ancien journaliste lyonnais branché justice, fan de polars et lecteur assidu de Truman Capote. Avec Yannick Dehée, patron des éditions Nouveau Monde, il lance en 2016 Sang-Froid, véritable ovni littéraire qui s'est imposé depuis sur les tables de chevet du monde de la justice.
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