Luc Ewen Carrare
Carrare – Un miroir est également inverseur de vérité

Photographie : les négatifs mémoriels de Luc Ewen

La galerie Vrais Rêves est, à Lyon, l’institution de la photographie dite humaniste. Les vrais rêveurs et les autres ont actuellement l’occasion d’y voir les œuvres du Luxembourgeois Luc Ewen. Un retour sur trente années de photographie.

Carrare – Un miroir est également inverseur de vérité, 1988 © Luc Ewen

Carrare – Un miroir est également inverseur de vérité, 1988 © Luc Ewen

Ce travail propose une interrogation et une réponse sur la création, l’autocitation, le temps qui est passé ainsi que sur la notion d’esthétique. Au départ, des photographies argentiques –notamment au format 6x6 – prises dans les trente dernières années et dont il reste les négatifs… et leur oubli. Sur près de 4 000, Luc Ewen en a sélectionné une quarantaine. Puis il a encapsulé les négatifs dans de la cire. Qui sont ensuite scannés puis imprimés. Il redécouvre ainsi des bribes de mémoire et d’instants pour les révéler de nouveau, autrement.

Le temps est une matière

Bretagne (1988) et Que ma main se colle sur ta peau (fin années 1980) © Luc Ewen

Bretagne (1988) et Que ma main se colle sur ta peau (fin années 1980) © Luc Ewen

Ces sortes de phénix transforment l’instant fugitif et qui a fui en une matière, une autre matière. Tour à tour minérale, végétale, sans être humain, sinon ses traces, ses architectures. Elles se sont effacées, devenues vestiges sépia. Même le corps nu est comme fondu dans la cire mais pas disparu. Il vit différemment ; suranné. Il n’est plus le corps mais reste ou devient un objet esthétique. Sans doute détaché du photographe. D’où quelques titres humoristiques qui marquent également cette distance. Henri Michaux déclarait : “J’écris pour me parcourir.” Luc Ewen photographie pour se redécouvrir.

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Luc Ewen – Lost Memories. Jusqu’au 15 mars, à la galerie Vrais Rêves, 6 rue Dumenge, Lyon 4e.

> À retrouver dans l’ouvrage “Luc Ewen : Lost Memories – photographies 1978-2005”, publié par le Centre d’art Nei Licht à Dudelange.

À noter : Patrick Butticker et Toni Catany, récemment décédés, représentés par la galerie, feront l’objet d’hommages à venir.

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