Mai 68 : Guy Darmet raconte

19 ans en 1968.
"J'étais en porte-à-faux avec le mouvement"

"J'avais 20 ans. Après 10 ans passés aux Chartreux, j'étais en première année de droit. Mes parents admiraient le général De Gaulle et moi-aussi, j'avais une grande admiration pour ce personnage. Je me retrouvais en en porte-à-faux total avec le mouvement. Je n'ai participé, ni d'un côté, ni de l'autre, à cette aventure. Comme beaucoup d'étudiants de droit, je suis resté en dehors. Par contre, j'ai participé à la grande manifestation gaulliste du 29 mai. Depuis cette époque, je fais partie de cette voie en disparition totale, les "gaullistes de gauche", que je n'ai jamais reniée.
Les contestataires voulaient envahir la fac de droit. Les membres de la Corpo étaient à l'intérieur et défendaient. Et moi, je n'étais ni à l'intérieur, ni dans ceux qui voulaient entrer. Le gamin de 20 ans que j'étais, qui sortait de l'institution des Chartreux et vivait chez ses parents, classe moyenne, à la Croix-Rousse, ne rêvait que d'être avocat pénaliste. Pour moi, les événements de Mai 68 sont passés comme le nuage de Tchernobyl. Ça s'est arrêté à la frontière de la fac. Mais ça m'a laissé des traces après-coup.
J'étais un très grand chahuteur. Il y avait un ou deux professeurs avec qui on n'a quasiment jamais eu cours de l'année. Dès qu'un de ces professeurs entrait dans l'amphi, on se mettait à chanter : "Torreador prend gaaaarde". Il nous regardait et ressortait. J'ai aussi perdu un peu d'audition de l'oreille gauche à la suite de l'explosion d'un pétard lors d'un chahut monumental dans le grand amphi. Dans cet amphi où parfois des étudiants jetaient des poules vivantes et des poulpes. C'était le folklore étudiant de l'époque.
A partir de la 2e année, j'ai participé à la Corpo mais jamais aux activités politiques. Mon rôle était d'organiser le bal du droit que j'ai révolutionné : avec six orchestres et deux milles personnes ! C'était le début d'une aventure qui a toujours été plus proche du spectaculaire que du politique".

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