Lyon Capitale n°162
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Il y a 20 ans : les amateurs attaquent les pros de la politique

IL Y A 20 ANS DANS LYON CAPITALE – En 1998, alors que les élections régionales arrivent à grand pas, Lyon Capitale s'intéresse aux petits partis qui tente de se démarquer dans la campagne. Sans moyens et sans couverture médiatique, le combat est rude.

Lyon Capitale n°162, 11 mars 1998 © Lyon Capitale

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Certains sont l'histoire d'une seule élection, d'autres insistent, se transforment ou s'éteignent mais peu réussissent. Parmi les petits mouvements politiques qui font campagne, la course à l'élection n'a pas la même teneur que chez les gros partis traditionnels. Pas les mêmes moyens, pas la même couverture médiatique, ils doivent redoubler d'efforts pour se faire entendre. En 1998, ils sont cinq à ne pas avoir pu se payer une diffusion de leur profession de foi, et à n'intéresser que de rares médias. Dans ces conditions, certains critiquent un véritable manque de démocratie par rapport aux géants de la politique. Pourtant, ceux qui se nomment "Mécontentement et ras-le-bol", "Mouvement pour l'initiative populaire" ou encore "Votez-blanc, c'est pas nul", se disent prêts à faire la campagne à fond, contre vents et marrées.

Lyon Capitale n°162, 11 mars 1998, p. 12 © Lyon Capitale

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Un article publié dans Lyon Capitale n°162 le mercredi 11 mars 1998, signé par Frédéric Crouzet.

Les amateurs attaquent les pros de la politique

Qu'on les classe à gauche ou à droite, la poignée de petites listes présentes aux élections régionales militent pour un vrai renouvellement des têtes à Charbonnières. Une tâche plutôt difficile quand on a peu d'argent et pas de carton d'invitation pour les plateaux télé.
Pour la course aux postes de conseillers régionaux, 13 listes de 43 candidats sont dans les starting-blocks du Rhône. Mais les citoyens inscrits sur les listes électorales l'auront remarqué, dans l'enveloppe contenant l'ensemble de la propagande reçue dans les boîtes aux lettres, il n'y a pas 13 programmes. Seulement huit. Avec les 100 000 francs qu'elle a récoltés auprès de sympathisants, Ouarda Hadid, tête de la liste France alternative républicaine (FAR), n'a pu faire imprimer que les bulletins de vote et des affiches. Mais pas de profession de foi. Du coup, le programme de sa liste ne figure pas dans l'enveloppe. Les listes "Vive le roi", "Les écologistes pour ta région", le "Mouvement pour l'initiative populaire" et "Votez blanc : ce n'est pas nul" sont dans la même situation, privées de la plus élémentaire expression. L'argent, c'est le premier nerf de la guerre politique. Le second, ce sont les médias. Pour se faire connaître et reconnaître, rien de tel qu'un passage à la télé. La liste des "socio-libéraux" du Parti libéral, composée de chefs d'entreprises et de professions libérales, n'a pas eu de mal à trouver les 300 000 francs pour la campagne. En revanche, ces représentants ne sont pas invités sur les plateaux télé. Les têtes inconnues du cirque politique ne font pas d'audience, leurs leaders ne sont pas toujours des professionnels de la rhétorique, leur programme parfois un peu flou. Mais toutes ces petites listes partagent un rêve commun. Qu'on les catalogue à gauche ou à droite, elles veulent bouter le politicien professionnel hors de l'assemblée, et prendre leur place en présentant aux électeurs un peu de sang neuf et pas trop encarté. Sur le terrain populo-corporatiste, la liste "Mécontentement et ras-le-bol", composée de commerçants et d'artisans, veut mettre en place des "gens honnêtes et sincères, des gens du monde du travail, qui savent gérer, pour redresser le pays". Et au passage supprimer les charges sociales pour les patrons, ce que suggèrent aussi les "socio-libéraux". Ouarda Hadid, sans sombrer dans le communautarisme, entend faire siéger des représentants issus de l'immigration, carrément absents des bancs des assemblées. Tout comme la liste "Votez blanc : ce n'est pas nul", le Mouvement pour l'initiative populaire (MlP) s'insurge que les candidats des grands partis soient désignés par un état-major, et non par les citoyens. Pour éviter les tentations carriéristes au sein du MIP, Yvan Bachaud, président du Rassemblement pour le référendum d'initiative populaire, a trouvé la combine : la position des candidats sur la liste e été tirée au sort. N'ayant pas les moyens matériels d'être présents dans tous les bureaux de vote, le MIP a choisi encore par tirage au sort, deux communes pour mener sa campagne : lrigny et Marennes. "Là-bas, les gens ne connaissent pas notre mouvement. Le mot d'ordre de nos affiches, ça va être "votez pour vous". Nous verrons si, dans ces communes, les gens sont favorables au référendum d'initiative populaire. C'est un test moins cher qu'un sondage", explique Yvan Bachaud. Le scrutin de liste à la proportionnelle, grâce auquel ceux qui recueillent plus de 5 % des suffrages peuvent siéger à la Région, donne de l'espoir aux petites listes. Tout comme la mauvaise campagne des grandes formations. Lors de réunions publiques, les petits candidats attirent autant de monde que les grosses têtes d'affiche : une trentaine de personnes.
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