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©REMY GABALDA / AFP

Regards de Femmes : victoire sur la prostitution

L'Assemblée nationale a rendu son verdict sur la prostitution. L'ONG "Regards de Femmes", dont le siège se trouve à Lyon, se réjouit d'une "très grande avancée" des droits humains fondamentaux par rapport aux violences sexuelles et sexistes.

Depuis sa création en 1998, l'ONG "Regards de Femmes" mène un véritable combat pour pénaliser les proxénètes et les clients de la prostitution. Dix ans plus tard en 2008, lorsque la ville de Lyon évoque la création de maisons pour les prostituées pour remplacer les camionnettes de Perrache et tenter de vider l'espace public de ces pratiques, "Regards de Femmes" prend une part active au débat pour qu'il n'en soit plus question.

Pour Michèle Vianès, présidente de l'ONG, une "très grande avancée" vient d'être réalisée. Le 3 février dernier, l'Assemblée nationale entérine une loi de lutte contre le système prostitutionnel et pour l'accompagnement des personnes prostituées. Cette loi marque l'interdiction de tout achat d'un acte sexuel avec pénalisation du client : "Les prostituées risquaient jusqu'à maintenant le délit de racolage, tandis que les clients ne risquaient rien. Sarkozy avait mis en place des contraventions pour les prostituées, ce qui était absolument aberrant" explique Michèle Vianès.

Des allers-retours incessants avec le Sénat

Depuis plusieurs années, cette loi de lutte contre la prostitution n'arrêtait pas de faire des allers-retours entre l'hémicycle et le Sénat. Selon Michèle Vianès, "les sénateurs considéraient que payer pour un acte sexuel faisait partie des Droits de l'Homme." Cette fois-ci, les députés ont mis fin à cette série d'allers-retours. "C'est un combat que nous menions avec près de 60 associations. Nous attendions avec émotion cette dernière lecture. Les pro-prostitutions avaient envoyé un certain nombre de courriers pour dissuader les députés, mais nous l'avons fait aussi. L'Assemblée a tranché, avec des voix de droite comme de gauche."

L'argent des réseaux pour sortir du système

Avec le vote de cette loi, les associations peuvent légalement aider les prostituées qui souhaitent sortir du système. "Comme elles n'ont pas de fiches de paie, il est très difficile d'avoir, par exemple, accès à un logement" explique Michèle Vianès. Logiquement, ces associations devraient aussi recevoir des moyens financiers : "Le système prostitueur rapporte énormément. Lorsque l'on arrête un réseau de proxénétisme, les biens sont saisis. Ces biens seront normalement utilisés pour aider celles et ceux qui le désirent à sortir de la prostitution."

Le combat continue avec les Cafés-Femmes

Cette avancée pour l'ONG ne signifie pas l'arrêt de leurs actions. Régulièrement, "Regards de femmes" organise des Cafés Femmes pour aborder des problématiques de société. Plusieurs fois, des prostituées lyonnaises sont venues témoigner de leur condition. Ce jeudi soir à Lyon, la thématique concerne la ville. L'objectif est de trouver des réponses à cette question : "Comment faire pour que la ville appartienne autant aux femmes qu'aux hommes ?" L'invité, Yves Raibaud, est maître de conférences à Bordeaux et a notamment travaillé sur les déplacements plus difficiles des femmes en ville, en particulier la nuit, et dans les campus étudiants. Il est également vice-président du conseil développement durable de Bordeaux Métropole.

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1 commentaire
  1. LeSage - 9 février 2016

    Selon Michèle Vianès, 'les sénateurs considéraient que payer pour un acte sexuel faisait partie des Droits de l'Homme.' Ce propos est diffamatoire. Les Sénateurs ont pris en compte les très nombreux détracteurs à la pénalisation du client : Amnesty International, Le Défenseur des Droits, Médecins du monde, le syndicat de la magistrature et de la Police, les principales intéressées ( le 'syndicat des travailleurs du sexe : strass ), les bus des femmes.... Ces ligues féministes sont aveuglées par leur idéologie et n'écoutent pas les alertes de ceux qui sont sur le terrain aux côtés des prostituées. triste victoire ... et des conditions qui vont encore s'aggraver pour les prostituées.... Le fonds alloué à leur reconversion est ridicule ( 2 millions d'euros, soit 400 euros par prostituée) .

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