Michèle Rivasi
© Tim Douet

Michèle Rivasi : “Sanofi s’enrichit mais Sanofi licencie”

L’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, auteure du Racket des laboratoires pharmaceutiques, est “scandalisée” par l’annonce de la suppression de 600 postes en France d’ici trois ans par le géant pharmaceutique Sanofi.

En novembre, le géant pharmaceutique avait annoncé un "plan d'économie" de 1,5 milliard d'euros, sans trop de détails. Aujourd'hui, ces "détails" de réorganisation pourraient coûter leur emploi à 600 personnes sur les trois prochaines années.

Une annonce scandaleuse pour Michèle Rivasi, ex-députée de la Drôme et aujourd'hui eurodéputée EELV : "Depuis 2012, Sanofi a bénéficié de plus de 20 millions d'euros d'exonération fiscale dans le cadre du crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi [CICE] lancé par l'actuel gouvernement. À l'époque, le ministre du Travail, Michel Sapin, affirmait que le CICE permettrait de dynamiser les entreprises françaises et créerait 300 000 emplois en deux ans..."

Pour Michèle Rivasi, les aides publiques de l'Etat devraient être conditionnées à la sauvegarde des emplois, en tout cas pour les entreprises qui se portent bien, comme c'est le cas pour Sanofi.

“BNP-Paribas paraît bien ridicule à côté de Sanofi”

Dans un communiqué intitulé “Sanofi s'enrichit mais Sanofi licencie”, l'eurodéputée souligne qu'en 2014 le chiffre d'affaires de Sanofi atteignait 33 milliards d'euros, avec un résultat net de plus de 6 milliards. Comparé aux autres géants du CAC 40, le groupe pharmaceutique se porterait très bien : "Son bénéfice en proportion de son chiffre d'affaires atteint 20 %, un taux de rentabilité très élevé quand on le compare à ses compères du CAC 40. BNP-Paribas, avec un chiffre d'affaires de 38,8 milliards d'euros en 2013 et un résultat net de 4,8 milliards n'obtient qu'un bénéfice de 12 % au prorata de son chiffre d'affaires et paraît bien ridicule à côté de Sanofi."

4 000 personnes employées dans la région lyonnaise

Michèle Rivasi ne s'arrête pas là. Elle dénonce également l'augmentation du prix des actions du groupe : "Alors que le cours de l'action se situait autour de 50 euros en 2009, il dépasse aujourd'hui les 75 euros, et la direction s'est permis de supprimer 5 000 postes entre 2008 et 2015."

D'après les bilans annuels du groupe, qui tiennent compte des recrutements et des acquisitions opérées en parallèle, 1 300 emplois ont bien été supprimés entre fin 2008 et fin 2014. Pour l'heure, le directeur général, Olivier Brandicourt, a annoncé qu’“aucune fermeture d'usine n'était prévue et [qu']il s'agirait principalement de départs volontaires sur des congés de fin de carrière", ajoutant qu'il n'y aurait "aucun impact sur les effectifs de la recherche et du développement".

Dans la région lyonnaise, 4 000 personnes sont employées par Sanofi, dont 1 500 chez Merial. Mais ce dernier ne serait pas concerné par ces mesures, puisque Sanofi compte le céder à l'allemand Boehringer Ingelheim.

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Pierre-Yves Gomez © Antoine Merlet
Pierre-Yves Gomez est économiste, essayiste et professeur à l’EM Lyon, où il dirige l’Institut français de gouvernement des entreprises. Dans L’Esprit malin du capitalisme (Desclée de Brouwer, 2019), il montre comment le capitalisme s’approprie tous les aspects de notre existence et dans quelle mesure il influence nos modes de vie. Entretien.
4 commentaires
  1. jpb citoyen - 3 février 2016

    Effectivement il y a de quoi s'indigner ! Si les entreprises qui font de bénéfices licencient, je ne vois pas comment notre société peut s'en sortir et créer des emplois de par son fonctionnement. Mais que propose-t-elle ? A-t-elle quelque chose à proposer pour éviter cette situa un programe

  2. jpb citoyen - 3 février 2016

    Effectivement il y a de quoi réfléchir ... Si les entreprises qui font de bénéfices licencient on n'embauchent plus, je ne vois pas comment notre société peut s'en sortir et créer des emplois de par son fonctionnement. A-t-elle quelque chose à proposer pour éviter cette situation créée pas Sanofi ? Car elle est élue, n'est-ce pas ? Peut-elle prouver sa compétence, son utilité à la société ?

  3. jpb citoyen - 3 février 2016

    Effectivement il y a de quoi réfléchir ... Si les entreprises qui font de bénéfices licencient ou n'embauchent plus, je ne vois pas comment notre société peut s'en sortir et créer des emplois de par son fonctionnement. Note élue aurait-elle quelque chose à proposer pour éviter cette situation créée par Sanofi ? Car elle est élue, n'est-ce pas ? Peut-elle prouver sa compétence, son utilité à la société ?

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