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Lyon : local vandalisé, un meeting n’aura pas lieu à Saint-Georges

La Maison des passages de la rue Saint-Georges avait accepté de louer une de ses salles au comité lyonnais du Collectif du 19 mars, pour que se tienne ce dimanche un “meeting contre le racisme, les violences policières, la hogra et la chasse aux migrant-e-s”. Pendant la nuit, la vitrine du lieu a été brisée à coups de marteaux et de pierres.

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Les organisateurs tentent de trouver une solution pour maintenir l'évènement

En arrivant ce dimanche matin à la Maison des passages, le responsable ne peut que constater les dégâts : "Trois grands coups, soit de marteaux, soit de caillasses, ont été donnés pendant la nuit pour briser la vitrine et la porte d'entrée", déplore-t-il.

La salle avait été réservée au nom de l'UJFP, l'Union juive française pour la paix, mais quelques heures avant la tenue de l'événement, le responsable du lieu indique aux organisateurs que face aux dégâts matériels et aux risques d'affrontements avec l'extrême droite radicale, très implantée dans le Vieux-Lyon, il n'est plus possible qu'ils tiennent leur meeting dans cette salle. Déjà, vendredi, la vitrine de la Maison des passages avait été couverte d'autocollants “Identitaires” et “anti-immigration”.

"Politiquement, il vaudrait mieux que nous tenions ce meeting ici", lance un jeune homme au groupe qui parlemente devant la salle. "La mairie PS de Vaulx-en-Velin a déjà refusé la tenue de notre événement de peur de débordements", indique la responsable du comité lyonnais du 19 mars, qui précise que plusieurs intervenants ont fait le voyage depuis Paris ou Toulouse jusqu'à Lyon, comme Nacira Guénif Souleimani, professeure à l'université Paris VIII, pour s'exprimer sur “La gestion coloniale des populations d'origine postcoloniale”, ou Julien Salingue, du Nouveau Parti Anticapitaliste, membre d'Acrimed, venu évoquer “Le traitement médiatique des violences policières”.

Pas de manifestation publique

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Les effectifs de police mobilisés pour éviter les affrontements

La police, présente en nombre sur les lieux pour éviter les débordements, laisse plusieurs choix aux organisateurs : "Soit vous tenez ce meeting dans cette salle, soit vous en trouvez une autre, l'important est qu'il s'agisse d'un espace fermé et privé et pas d'une manifestation dans l'espace public." Si la préfecture a mobilisé de nombreux effectifs de police ce dimanche en prévision de possibles débordements ou affrontements (deux camions et plusieurs voitures), l'autorisation de manifester dans la rue n'a pas été accordée pour ce rassemblement et ne le sera pas.

Après de nombreux appels, une solution est finalement trouvée : le meeting “contre le racisme, les violences policières, la hogra* et la chasse aux migrant-e-s” se tiendra à la Maison de la Mésopotamie, dans le quartier de la Guillotière. La police assure aux organisateurs qu'ils seront présents pour sécuriser les abords du lieu, mais leur indique également que "la préfecture a été très claire : pas de manifestation sur le chemin".

* “mépris”, en dialecte algérien.
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3 commentaires
  1. Pifpafpoum - 27 février 2017

    Violence pour tous, corruption, intimidation, xénophobie et détournement de fonds publics. Au moins, avec ces gens on connait le programme: on l'a déjà vu, mais bon, ça fait longtemps, ça fera un peu d'action et puis y a rien d'autre à la télé.

  2. Kasneh - 27 février 2017

    Nantes, violences de l'ultra gauche. Lyon, violences de l'ultra droite: kif kif

  3. Pifpafpoum - 27 février 2017

    C'est un chouette sujet, la violence. L'état est violent, dès qu'il ne représente plus ceux/celles qu'il organise; Ceux/celles qui le contestent sont violents, quand l’expression de l'intérêt général est devenu un théâtre bien rémunéré; L’extrême-droite est violente, quand ses angoisses l'incitent à rejeter l'autre et celui/celle qui s'opposent à leurs idées; Ceux/celles qui n'ont rien à perdre sont violents, dès qu'ils se sentent victimes de l'injustice et abandonnés à eux-mêmes. L'entreprise est violente, dès qu'il s'agit de s'intéresser à ce qu'elle fait.C'est la violence pour tous. Et chacune de ces paroisses nous vend sa sauce moisie : aucune réflexion sur l'exercice d'une autorité; sur l'organisation d'une communauté; sur la résolution des conflits. On dit: 'c'est kif kif'.

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