Lyon : les convoyeurs de fonds de Loomis réclament leur cash

La société de transport de fonds Loomis se dit experte en logistique fiduciaire. Aux yeux de ses 70 employés lyonnais, elle ne l’est en tout cas pas en matière de logistique tout court. En grève illimitée depuis lundi 29 juillet, ils exigent le respect d’un accord signé il y a 4 ans avec leur direction pour une prime de mobilité – Loomis devant déménager cet été – et font, depuis, le siège de leur futur centre fort.

Depuis 8 jours, aucun blindé n’est sorti de la cour de la société Loomis, basée rue Paul-Massimi (Lyon 7e). Et pour cause : les convoyeurs de fonds se sentent "trahis" par leur direction au point que, sur 70 employés, 68 font grève ce mardi. Rassemblés depuis 6 heures du matin devant les locaux dans lesquels ils auraient déjà du emménager, rue du Vivier, dans le 7e aussi ils attendent que leurs primes leur soient reversées.

Et malgré une rencontre avec la direction régionale à Rillieux-la-Pape ce lundi, pendant plus de quatre heures, les négociations restent au point mort. "En 2009, nous devions nous installer à Rillieux et avions signé un accord pour ces primes, explique Patrice Jullien, délégué CGT de Loomis Lyon. Mais vu que nous restons finalement dans le même arrondissement, notre direction juge l’accord caduc. En somme, nous ne partirions plus assez loin pour qu’elle daigne nous reverser ce qu’elle nous doit !"

Les convoyeurs encouragés à se plaindre devant les prud’hommes

Les convoyeurs réclament aussi davantage de places de parking que les 40 prévues pour les 70 employés dans leurs nouveaux locaux. Des locaux à la superficie "divisée par trois" par rapport à ceux de la rue Massimi. Mais en réalité, les salariés de Loomis estiment que leur société pourrait avoir sciemment changé de projet pour son déménagement. Et ce, afin de ne pas avoir à régler sa dette envers eux.

Contractée il y a 4 ans suite, déjà, à deux jours de grève, la "dette" en question s’élève aujourd’hui à près de 378 000 euros, soit 150 euros mensuels de prime sur 36 mois pour 70 salariés. Une grosse somme, qui encourage la direction à "laisser pourrir et attendre de voir", selon Patrice Jullien. "Le seul message que nous a transmis Loomis est clair, et c’est une première : le patron nous pousse à aller aux prud’hommes pour que l’on reprenne le travail au plus vite ! On n’a jamais vu ça…"

Un nouveau centre fort "pas aux normes" de l’inspection du travail ?

En revanche, les convoyeurs tiennent à réfuter certaines "fausses informations" parues çà et là. "Aucun blocage du département du Rhône n’est prévu, ni ne l’a jamais été ! De toute façon, nous n’en avons pas le droit. Avec les huissiers déjà présents sur le site, nous risquerions le licenciement direct, estime Patrice Jullien. Et nous ne demandons ni prime de vie chère de 250 euros, ni augmentation de salaires, mais simplement de voir l’accord respecté".

Sur ce point, les salariés gardent bon espoir que leur direction réagisse sous peu, suite au passage de l’inspection du travail au sein du nouveau centre fort de Loomis rue du Vivier, en fin de semaine dernière. Selon leur premier constat, ils ne seraient "pas aux normes". Un coup du destin pour le délégué CGT de Loomis Lyon : "Ils ont pensé jouer sur le fait de vite déménager pour que les inspecteurs soient mis devant le fait accompli et n’aient rien à redire… Mais finalement, ils sont venus plus tôt que prévu et nous avons fait grève, donc ils devraient vite comprendre qu’ils sont bloqués…" Joint par nos soins, le directeur régional de Loomis n'a pas souhaité communiquer et renvoie la balle à la direction de Loomis France, "plus compétente sur le sujet" selon lui.

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