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Grand Stade : la garantie du Département a été revotée

Malgré la présence tenace de la contestation, c'est décidé, le Département s’engage à garantir 50 % de l’émission obligataire accordée par le groupe Vinci à la Foncière du Montout, filiale de l’OL Groupe. Les conseillers généraux ont voté en faveur de ce dossier de prêt, qui sert à financer le stade des Lumières, ce vendredi 19 juillet.

Pour la deuxième fois, ils ont dit oui. Et à la faveur d'un vote largement favorable, en dépit des rebondissements qu'a connus ce projet ces derniers mois. La garantie avait déjà été votée en décembre dernier pour être annulée en mai. Aujourd'hui, 15 élus sur 54 s'y sont opposés, tandis que 37 conseillers, parmi lesquels une forte majorité de centristes et de socialistes, ont donné leur assentiment. Parmi les opposants, les 10 élus UMP, deux élues d'Europe Ecologie-Les Verts, deux élus PC et un seul socialiste, Bernard Chaverot.

Une garantie “toxique” ?

Un vote au scrutin public a mis fin à un débat houleux ponctué par les réactions bruyantes du public contestataire, qui brandissait au fond de la salle une banderole sur laquelle on pouvait lire "Non au grand stade". L'association Carton Rouge a tenu à se faire entendre jusqu'au jour de la décision. Pour répondre aux critiques sur la mobilisation de ressources publiques dans un projet privé, Michel Mercier, vice-président du conseil général, a rappelé que "le financement du Grand Stade est très largement privé", et même "intégralement privé en ce qui concerne la construction du stade". Puis il a laissé place à d'autres interventions.

Raymonde Poncet, du côté des écologistes, a taxé le dossier de "garantie toxique". "Alors que dans d'autres délibérations proposées ce jour et concernant nos missions sociales, le conseil général du Rhône baisse ses subventions, il prend le risque de devoir rembourser 40 millions d'obligations au groupe Vinci", s'est-elle indignée dans un pamphlet dénonçant la vulnérabilité du projet économique du stade et de sa rentabilité. Les élus UMP ont eux aussi réaffirmé leur opposition, avant de laisser la parole à Jérome Sturla, élu socialiste, pour la défense d'un projet capital selon lui pour l'attractivité de la ville de Lyon.

“D’abord un projet économique”

"Ce dossier n'est pas footballistique. Il est d'abord économique. Refuser ce projet, c'est refuser un projet économique sur un territoire qui a toujours été considéré comme stratégique." Cette déclaration, prononcée sur un ton convaincu et déterminé, lui a valu une réplique piquante d'une élue communiste du canton sud de Vénissieux, Marie-Christine Burricand : "Moi je ne me considère pas comme un élu qui agit sur son territoire pour le rendre compétitif. J'agis pour les intérêts de la population. C'est une autre conception", a-t-elle affirmé avant de confirmer son opposition.

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