Fuite d'uranium au Tricastin : après des dysfonctionnements, la CRIIRAD décide de porter plainte

La Socatri est une entreprise de nettoyage de matériels contaminés par l'uranium. Mercredi dans la journée, l'ASN se rétracte et annonce que la fuite a eu lieu la veille à 23h. L'uranium a débordé de sa cuve de rétention qui n'était plus étanche. Les rivières de la Gaffière et du Lauzon ont été touchées. Le grand public ne sera informé de cet "incident" que beaucoup plus tard dans la journée. En toute fin d'aprés-midi exacement. Entre-temps, des gens se sont baignés, ont consommé de l'eau, des agriculteurs ont utilisé les eaux de la rivière. L'incident a été classé au niveau 1 sur l'échelle internationale des Evènements Nucléaire (INES) qui en compte 7. Autrement dit, l'évènement serait sans conséquence pour la population et l'environnement. Selon la CRIIRAD*, le rejet aurait tout de même dépassé de 27 fois la limite maximale annuelle, soit 1918 Mégabecquerel pour une limite mensuelle de 71,7 Mégabecquerel. Normalement, les rejets d'uranium sont réglementés et ne peuvent se faire que dans des cours d'eau qui ont le débit suffisant pour assurer une dilution de l'uranium. Dans le cas de la Socatri, les rejets doivent être réalisés dans le canal de Donzère-Mondragon.
Autre étrangeté, les autorités ont annoncé initialement que le rejet est estimé à "30 m3 de solution uranifère, présentant une concentration de 12 grammes d'uranium naturel litre". Mercredi, la Socatri révise l'estimation et divise les mesures par trois. Il ne s'agirait plus que de 12m3 de solution uranifère.
La Socatri semble coutumière de ces fuites de "solution uranifère" puisque, déjà, en janvier, une présence anormale d'effluents d'uranium était constatée dans une cuve. L'incident a également été classé au niveau 1 de l'échelle INES.
Pour M. Desbordes de la CRIIRAD, les chiffres présentés sont lénifiants. "Ce qui fait la dangerosité de l'uranium, c'est sa radioactivité. Or, la mesure dans ce cas, c'est le becquerel et non des grammes ou des m3". La CRIIRAD a décidé de porter plainte contre l'ASN et la Socatri devant les dysfonctionnements de communication et le manque de sanctions à l'égard de la Socatri qui a connu plusieurs problèmes depuis plusieurs mois sans que l'on en connaisse la nature exacte. La CRIIRAD a réalisé des mesures de radioactivité sur le site dont les résultats seront connus demain aprés-midi.

*CRIIRAD : Commission de Recherche et d'Information Indépendante sur la Radioactivité.

Slim Mazni

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