Deux questions à Florence Garcia, directrice de l'association Cabiria

Lyon Capitale : Comment réagissez-vous à cette opération anti-prostitution hautement médiatisée ?

Florence Garcia : La préfecture prend soin de prévenir la presse et nous n'avons pas un coup de fil, alors que ça fait des années que nous essayons d'établir un dialogue pour être présents lors d'interventions comme celle-là.

On sait qu'on ne peut pas l'empêcher même si on aimerait bien...

Il y a une réalité qui ne correspond pas à ce qu'on nous dit. Mais il faut au moins qu'on soit là pour rassurer les femmes et éviter les incidents.

Le préfet veut zéro prostituées dans le quartier...

C'est naïf... car je ne vois pas comment il pourrait tout contrôler. C'est sûr ça fera tâche dans un quartier en pleine réhabilitation où l'on veut que rien ne dépasse. La solution : on les vire du quartier. Génial ! Mais on les met où ? Sachant qu'elles sont là parce qu'on les a repoussées du centre-ville jusqu'à les "parquer". Ici ce n'est vraiment pas facile pour elles, entassées les unes sur les autres. Maintenant, on veut les repousser encore plus loin, là où il n'y a pas de passage. Or on sait que plus elles vivent dans la clandestinité, plus elles subissent le sida, plus elles sont en but aux agressions et aux harcèlements policiers.

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