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@ Etienne Bouy

Cancer : les verriers de Givors au cœur d'un livre-enquête

Invité lundi sur dans l’émission Affaires Sensibles de France Inter, Pascal Marichalar, sociologue, historien et chercheur au CNRS, raconte son livre-enquête dans lequel il évoque l’affaire des verriers de Givors, ce groupe d’anciens ouvriers qui luttent pour faire reconnaître leurs cancers comme maladies professionnelles.

Tout commence en 2009. Christian Cervantes, ancien verrier d’une usine de Givors - qui a fermé en 2003 -, se bat contre deux cancers en même temps. La famille de cet ancien délégué CGT décide alors de mener son enquête en envoyant un simple questionnaire médical aux 645 anciens ouvriers de l’usine. D’après cette famille, trop de cancers, trop de décès à un âge jeune, pour que cela n’apparaisse pas comme suspect. Les résultats sont accablants, chez les 208 ouvriers qui ont répondu, 127 sont malades ou décédés. Parmi eux, on compte 92 cas de cancers. Les verriers sont dix fois plus touchés par le cancer que le reste de la population française. Commence alors la lutte de ce groupe d’ouvriers qui décide de se battre pour faire reconnaître leurs maladies, dont ils sont sûrs qu’elles sont liées à leurs anciennes conditions de travail. Lyon Capitale racontait déjà leur histoire en 2011 dans un article intitulé "Les décès inexpliqués des anciens verriers de Givors". Après des années de lutte, la justice finit par reconnaître les pathologies de Christian Cervantes comme maladies professionnelles. Ce dernier meurt en 2012 à l’âge de 64 ans, mais sa femme, Mercedes, continue la lutte pour lui.

Des substances cancérogènes inhalées et manipulées pendant des années

Lundi, dans l’émission de France Inter, Affaires Sensibles, Pascal Marichalar, auteur du livre, Qui a tué les verriers de Givors ?, publié aux éditions La Découverte, explique que les coupables à l’origine de ces cancers sont ces substances cancérogènes - amiante, silice, plomb, arsenic, hydrocarbures aromatiques polycycliques ou encore fibres céramiques réfractaires - que les ouvriers ont inhalé et manipulé pendant des années, sans savoir les risques qu’elles comportaient. Ce membre de l’Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux suit le combat des verriers de Givors depuis 2013. Dans son livre-enquête, il raconte le combat de ces anciens verriers face à une multinationale - I-O Manufacturing, dernier repreneur de la verrerie BSN Glasspack à Givors - et l’Etat pour faire reconnaître leurs pathologies comme maladies professionnelles et faire condamner les responsables. A l'époque, ces derniers étaient déjà conscients des risques auxquels étaient exposés les ouvriers.

Par ailleurs, un des anciens verriers de Givors, atteint d’un cancer de l’oesophage, Maurice Bonne est défendu devant le tribunal des affaires de la Sécurité sociale (TASS) de Vienne en Isère par l’avocat François Lafforgue, connu pour avoir fait condamner le géant américain des pesticides, Monsanto.

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