Cahuzac : poser la question ou pas, telle est la réponse

Questionné sur l'ouverture le 8 janvier d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris pour blanchiment de fraude fiscale, Maître August, l’avocat de Jérôme Cahuzac, a assuré que son client était "satisfait parce que dans cette affaire (il avait) certainement besoin de l'aide et de l'assistance de la justice, car quand on doit démontrer son innocence, c'est le début de la tyrannie".

Pour démontrer son innocence en évitant toute tyrannie, il y aurait pourtant beaucoup plus simple. En effet, en ce qui concerne le compte supposé de Jérôme Cahuzac, à défaut de preuve tangible, le juge de paix est évidemment la banque auprès de laquelle le compte serait domicilié. On a un peu de mal à penser que l’intéressé ne puisse pas interroger l’établissement financier dénommé et ne parvienne pas à obtenir une réponse négative de sa part.

Interrogé lui-même sur cette difficulté, Maître August a répondu sans convaincre qu'il ne voyait "pas pourquoi M. Cahuzac serait obligé d'affirmer un mensonge par écrit pour obtenir la preuve de son innocence", tout en ajoutant "le système marche sur la tête". On ne sait pas à quel système l’avocat se référait, s’il s’agissait du système politique, judiciaire, bancaire, suisse, français ou plus largement médiatique. Pour ce qui concerne "l’aide et l’assistance de la justice", nous sommes en mesure de lui apporter une solution "facile, pas chère, et qui pourrait rapporter gros" à son client : en l’occurrence, la preuve irréfutable de son innocence.

Le secret bancaire porte effectivement sur ce qui existe et qui lie la banque à un client, mais il ne concerne pas ce qui n’existe pas à l’égard d’une personne avec laquelle la banque n’est liée par aucune relation d’affaire. Inutile donc de se fatiguer, que l’on marche sur la tête ou sur les pieds… Nettement plus efficace, les accords de coopération en vigueur entre la France et la Suisse habilitent expressément l’autorité compétente, en l’occurrence le ministre du Budget, ou son représentant autorisé, à interroger l’administration suisse sur l’existence d’avoirs occultes détenus dans la Confédération par un résident français.

Pourquoi Monsieur Cahuzac ne recourt-il pas à ce procédé simple, consistant à appliquer un accord international et à vider l’abcès ?

Poser la question serait une marque évidente de bonne foi, ne pas le faire, dans sa position…

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