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©Rémi Martin

À Lyon, les grévistes des urgences mettent en scène leur détresse

Les aides-soignants et infirmiers en grève des urgences de plusieurs hôpitaux lyonnais ont manifesté samedi rue de la République à Lyon. Saint Joseph Saint Luc rejoint le mouvement ce lundi.

Les grévistes des urgences lyonnaises rue de la République.

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Les grévistes des urgences lyonnaises rue de la République.

"Josette, 97 ans, en fin de vie, est décédée dans le couloir, faute de lit d'hospitalisation disponible." Samedi, une vingtaine d'aide-soignants ont raconté, rue de la République, à Lyon, de petites anecdotes vécues aux urgences par des patients. D’abord en ligne, chaque gréviste incarne un patient et sort du rang lorsque l’histoire de son personnage est racontée. Le but, illustrer avec des exemples concrets les conséquences du manque de moyen dans les hôpitaux. L’une de ces histoires raconte par exemple la mort d’un patient suite à une occlusion parce que personne n’était disponible pour l’accompagner aux toilettes. Une autre explique comment une personne handicapée est restée plus de 17 heures sur un brancard dans un couloir des urgences. “On veut faire comprendre aux gens que nous ne sommes pas des fonctionnaires qui réclament une hausse de salaire. On se bat pour eux, pour les patients et pour tout le monde”, défend Marina, infirmière en grève.

"On ne veut pas de leur plan 2020 ou 2025, c'est tout de suite qu'il faut agir"

Les grévistes des urgences lyonnaises sont soutenus par les syndicats.

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Les grévistes des urgences lyonnaises sont soutenus par les syndicats.

Les grévistes d'Édouard Herriot réclament depuis maintenant plusieurs semaines la création d’un poste de brancardier “parce que ce sont les aides-soignants qui font ce boulot alors qu’ils ne sont pas formés. Par conséquent l’infirmier se retrouve tout seul pour gérer le service et c’est impossible”, raconte un gréviste à un passant. Ce poste de brancardier est la revendication la plus concrète mais les manifestants dénoncent tout simplement le manque de moyens dans les hôpitaux. “On n'a même plus assez de draps, quand on arrive à ce niveau-là, c’est qu’il y a vraiment un gros problème et que c’est urgent. Il y a tellement de choses, tout s'accumule. On ne veut pas de leur plan 2020 ou 2025, c’est tout de suite qu’il faut agir”, se désespère Marina.

Devant la mise en scène, de nombreux passants, curieux, se sont arrêtés et ont signé la pétition des grévistes. Les feuillets se remplissent très vite de signatures, de nombreuses personnes témoignent de leur soutien. “Ils ont raison, c’est inadmissible ce qu’il se passe et c’est de pire en pire dans les hôpitaux”, soutient Nicolas, jeune père de famille.

En grève depuis plusieurs semaines, les urgences de l'Hôpital Édouard Herriot et de la Croix-Rousse sont rejoints par celles de Saint Joseph Saint Luc ce lundi, alors que le mouvement s’intensifie au niveau national avec des grèves signalées un peu partout. Mi-février, le Premier ministre Édouard Philippe avait annoncé le lancement d’un cercle de réflexion pour le futur de l'hôpital. En octobre 2017, lors du vote du budget, il avait été prévu que l’hôpital public devait économiser 1,6 milliard d’euros sur l’année 2018. Pendant la campagne présidentielle, le candidat Macron avait promis une enveloppe de 5 milliards d’euros pour les hôpitaux.

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