CRS et gendarmes mobiles s'intallent à Bron
Pour la deuxième fois en deux jours, le campus de Bron est sous protection des gendarmes mobiles et des CRS.
Le président Claude Journès l'avait dit : il ouvrirait le campus de Bron après le vote à bulletin secret qui s'est déroulé lundi. 86% des étudiants s'étant exprimés en faveur de la reprise des cours (participation de plus de 4000 étudiants), il a ouvert la fac. C'était sans compter les étudiants bloqueurs qui par, 751 voix contre 560 (vote aussi à bulletin secret, lire notre article sur le sujet) avaient décidé du blocage du site de Bron. Résultat, le président Journès a fait envoyer les forces de l'ordre pour "dégager" les étudiants grévistes qui ont tenté de bloquer les entrées de la fac mardi et mercredi matin. CRS et gendarmes mobiles sont ensuite restés stationner. A Bron, les étudiants doivent ainsi franchir une haie de force de l'ordre puis montrer leur carte d'étudiants à des agents de sécurité, spécialement recrutés à cet effet, pour accéder aux bâtiments de l'université.
Refusant la "présence policière", des enseignants, notamment en sociologie et anthropologie n'ont pas fait cours, d'autres ont préféré le faire à l'extérieur des bâtiments. Ils sont nombreux (difficile à dire combien) à avoir utilisé leur droit de retrait. Parmi ceux-ci, cet enseignant en psychologie rencontré pendant l'AG qui se déroulait, mardi, au milieu des gendarmes mobiles : "Je suis contre la loi Pécresse mais il fallait aussi trouver une issue au blocage. Alors qu'il faut restaurer le dialogue, la présidence envoie la police. Lyon 2 a une tradition d'ouverture et de débat qu'on est en train de faire disparaître".
Visiblement, peu d‘étudiants sont allés aux cours qui avaient lieu. Cette étudiante qui prépare le Capes d'espagnol en faisait partie : "ce qui est inacceptable, ce n'est pas la présence des gendarmes mais le fait que des personnes refusent le vote de lundi".
L'Unef qui avait appelé à la reprise des cours, condamne la présence des forces de l'ordre sur le campus de Bron. Elsa Ferri-Battini, présidente de l'Unef Lyon, propose la tenue d'une assemblée générale suivi d'un vote à bulletin secret pour que les étudiants qui ne reconnnaissent pas le vote organisé lundi puisse s'exprimaient de nouveau.
On semble encore loin de la sortie de crise. A Bron, comme sur les quais, l'heure n'est donc pas à la reprise normale des cours, mais plutôt à la surenchère. Pour le moment, les forces de l'ordre n'ont pas été déployées devant les entrées des quais. Ce sera certainement le cas jeudi, puisque les étudiants à 271 voix sur 293 ont décidé du blocage. Un étudiant mobilisé explique ce curieux vote, où chaque personne est venu cocher ce qu'ils souhaitaient faire : "On veut montrer le visage répressif de la présidence de Lyon 2 qui n'hésitera pas à nous envoyer les CRS". La suite nous le dira.
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