Saint Priest : mobilisation sans précédent d'élus pour empêcher une expulsion
Une famille algérienne, les Hamaidi, domicilés à Saint-Priest, peut être expulsée d'un moment à l'autre.
De la maire de la ville au président de la Région, de nombreux élus tentent de faire plier la préfecture.
Jeudi 21 janvier, Saint-Priest. Au petit matin, la famille Hamaidi est arrêtée à son domicile. Sur dénonciation. Les parents et les trois enfants, âgés de 4, 7 et 11 ans sont conduits au centre de rétention de Saint-Exupéry, puis assignés à résidence.
Lundi, le tribunal administratif a confirmé la décision du préfet, les obligeant à quitter le territoire.
A l'énoncé du verdict, Véronique Moreira, élue de Saint-Priest et conseillère régionale (Les Verts) n'a pas caché sa colère: "C'est de la faute d'Hortefeux, et de sa politique du chiffre: ils ne sont que des bons points de plus dans les statistiques. Je suis écoeurée par cette décision".
La famille se dit maltraitée en Algérie. La mère et une des filles auraient été battues. Depuis 1999, Les Hamaidi tentent d'obtenir un titre de séjour. Ils ont été débouté deux fois de l'asile. Et, dernièrement, leur demande de régularisation, au titre de circulaire Sarkozy, a été rejetée.
"Nous n'avons pas eu le temps de recueillir le témoignage d'un fonctionnaire qui aurait assisté aux mauvais traitements. Mais RESF se mobilise. Nous allons maintenant réunir des pièces pour faire appel", poursuit Véronique Moreira. Depuis ce week-end, l'élue verte se démène pour un maximum de soutien : "Les Hamaidi sont très bien intégrés à Saint-Priest. Ce sont des gens connus et aimés de tous. La maman participe à la vie locale, à la vie de l'école où sont scolarisés les enfants".
Martine David et Jean-Jack Queyranne
Le cas de la famille Hamaidi semble avoir ému beaucoup de monde : des habitants de Saint-Priest, des conseillers municipaux, adjoints, mais surtout Martine David (PS), Maire de la ville.
Avec sa casquette de conseillère régionale, Véronique Moreira a convaincu Jean-Jack Queyranne, président (PS) de la région Rhône-Alpes, de joindre le préfet. Des sénateurs ont envoyé des courriers. Parmi les soutiens, on compte encore des élus au Grand Lyon, des conseillers régionaux, comme Bernard Soulage ou Gérard Leras. "Ces élus s'engagent face à une répression qui est scandaleuse et insupportable", conclut Véronique Moreira.
Suite à la décision du tribunal administratif, la famille Hamaidi peut être reconduite à la frontière à tout moment.
Annie-Laurence Ferrero
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