“Je m’autocensure un peu”

Par Audrey Hadorn
Posté le 16/11/2009  à 10:32 |  lu 2505 fois |  5 réactions|
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“Je m’autocensure un peu”

Après une mise en scène “choc” de Froid de Lars Norén qui a suscité de vifs débats la saison dernière, Simon Delétang, le co-directeur du théâtre des Ateliers, s’attaque au mythique dramaturge et metteur en scène allemand Heiner Müller dans un portrait subjectif intitulé For ever Müller. Rencontre avec un metteur en scène passionné.

Lyon Capitale : Novembre 2009, on fête les 20 ans de la chute du Mur de Berlin. Votre portrait de Müller participe-t-il à cette commémoration et cela à travers un artiste presque “résistant” puisqu’il n’a jamais cherché à fuir l’Allemagne de l’Est ?

Simon Delétang : Oui c’était volontaire que cela se fasse en 2009. Müller je l’ai découvert à 15 ans et depuis je suis fasciné par Hamlet Machine mais je ne me vois pas aujourd’hui le mettre en scène, je me sens encore trop petit… Alors ça peut sembler paradoxal de s’attaquer à autant de textes de Müller mais cela me permet de faire ma sauce. Je voyais Heiner Müller comme une sorte d’idéaliste, et puis en creusant le personnage j’ai constaté qu’il s’est très bien débrouillé avec le régime puisqu’il pouvait voyager. Il restait à l’Est car il trouvait que la dictature était plus inspirante que la démocratie, d’ailleurs jusqu’au dernier moment il ne croyait pas à la réunification… C’est aussi un spectacle sur l’engagement, sur la place d’un artiste dans le monde.

Comment rendre hommage à un homme si double et complexe ? Quelle forme va prendre le spectacle ?

Nous sommes dans le portrait subjectif du dramaturge et de son œuvre à travers ses poèmes, ses récits et aussi ses entretiens. L’idée c’est de ressusciter Müller. On commence par la chute du Mur de Berlin qui a été un traumatisme intime pour lui, il a cessé d’écrire des pièces et a été atteint par un cancer qui l’emporta quelques années plus tard.

On a souvent dit de Heiner Müller qu’il était le dramaturge des déchirures de ce siècle, vous en tant que metteur en scène vous semblez très attiré par des problématiques sombres. Vous reconnaissez-vous dans l’audace d’Heiner Müller ? Est-ce que pour vous il est important que vos spectacles soient choquants où irrévérencieux ?

Moi le choc je ne le recherche pas, ce n’est pas une donnée de départ sauf lorsque j’ai monté Woyzeck. Maintenant je suis dans un certain rapport du spectacle au spectateur qui serait de l’ordre de la frontalité. L’irrévérence passe par des effets de mise en scène mais pas dans le fond. Ce qui est sûr c’est que Heiner Müller appartient à une tradition théâtrale qui me fascine, je ne me sens pas attiré par le théâtre en France. J’ai toujours été séduit par la brutalité que pouvaient contenir certaines pièces. Mais je suis le premier sensible à la provocation de mes propres spectacles. Je ne suis pas une machine qui chercherait à faire du mal aux autres sans que moi ça ne m’atteigne.

Pour Froid [ndlr : un jeune Coréen est battu à mort par trois néonazis], on vous a souvent reproché la beauté esthétique de votre mise en scène avec le décor, les jeux de lumière, la musique d’Arvo Pärt. Avez-vous subi des pressions pour For ever Müller ? Y-a-t-il des choses que vous avez renoncé à aborder ?

Spontanément on s’imagine que Froid se déroule dans un squat en ville avec des bières et des chaises cassées comme le dit d’ailleurs Lars Norén dans les didascalies. J’avais déplacé l’action en pleine nature et mis cette musique pour apporter de la respiration à des scènes insoutenables et cette beauté-là m’a beaucoup été reprochée alors qu’elle ne correspondait pas à une esthétisation de la violence. Les gens de théâtre m’ont aussi souvent critiqué car pour eux, des spectacles comme Froid ne servent à rien. Ils partent du principe que les personnes qui vont au théâtre sont de gauche et qu’elles savent déjà tout ça. Sauf que nous aux Ateliers on a eu des soirées très animées car on avait fait le pari de convier des jeunes qui n’avaient pas l’habitude d’aller au théâtre. Mais je dois avouer que moi maintenant je m’autocensure un peu. Je dois l’admettre. J’ai une responsabilité vis-à-vis de la fréquentation de ce lieu, je ne peux pas non plus faire n’importe quoi. Mais cela est bénéfique pour mon travail…

Est-on vraiment libre aujourd’hui dans la création théâtrale ? N’y-a-t-il pas des tabous qui demeurent sur scène ?

Je pense que malheureusement les théâtres sont souvent frileux et se placent comme les garants d’une morale. Mais le public a envie d’être bousculé, de réfléchir. Les gens ne sont pas des moutons. “La liberté faut la prendre” c’est une phrase de Froid. J’ai la chance aux Ateliers de ne pas subir ces pressions. J’avoue que les jeunes metteurs en scène qui montent du Marivaux pour parler du monde d’aujourd’hui ou qui affirment que Guitry c’est moderne et formidable, je n’y crois pas et j’ai du mal avec ça. C’est une sorte de renoncement… Comment si jeune peut-on déjà faire des spectacles si vieux ?

For ever Müller. Du 18 novembre au 4 décembre au théâtre des Ateliers, Lyon 2è. 04 78 37 46 30. www.theatrelesateliers-lyon.com

ThéâtreEntretienMüllerSimon Delétang
VOS REACTIONS
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collomb commence a dire, que sans la taxe professionnelles, les impots locaux vont bcp augmenter, du pipo tout ça!!il faut etre prudent, et pas faire n'importe quoi avec le fric,pas de dalkia(marché pipé) gerer mieux la sacvel,le sytral(augmenter les prix c'est facile)laissez faire rivalta,faire les infrastructures du grand stade,etc etc
surveiller les deplacements des adjoints!!!!!les frais je parle (rire)

Signaler un abus | le 17/11/2009  à 06:33 | Posté par  bernard  

C'est dingue comme les jeunes metteurs en scène mâles de Lyon se prennent pour des gros théoriciens du théâtre et surtout des parvenus en exhibant leurs gros cigares mdr Dans la même semaine on pouvait voir Olivier Rey singer Brecht et Delétang singer Müller. Comme quoi à force de se prendre la grosse tête et le ridicule ne tuant pas les acteurs on peut dire qu'à Lyon si la relève n'est pas assurée c'est à n'y rien comprendre. Encore faudrait il savoir dépasser le stade oral de l'imitation. Quelle prétention putain et quel théâtre de vieux chnoques!

Signaler un abus | le 21/11/2009  à 14:12 | Posté par  Roxane  

Réponse d'un des comédiens. C'est dingue comme certains soirs de jeunes spectatrices choisissent de se placer au tout premier rang, avec suffisamment d'aura pour arriver à éloigner le reste du public à trois rangs derrière. C'est dingue de se mettre à papoter au bout d'à peine quinze minutes, persifler plus probablement de manière très peu discrète, puisqu'au premier rang, en exhibant une grosse pomme qu'on croque nonchalamment (et parler de stade oral ensuite...) histoire de bien faire comprendre à tout le monde (au cas où personne n'aurait compris) que, oui, on se fait royalement chier. C'est dingue d'avoir si peu de respect du travail des autres, parce que, oui, aussi ridicules que nous soyons à vos yeux, et bien nous travaillons, et nous avons, nous aussi, yeux et oreilles. Et effectivement nous ne sommes pas morts du ridicule dont vous nous accablez. Désolé, et désolé également de vous avoir fait perdre deux heures de votre vie. J'aurais néanmoins préféré en discuter après avoir admiré ces merveilleux sourires dédaigneux lors des saluts, dans le hall du théâtre, plutôt qu'ici, où la critique est facile, et l'anonymat courageux.

Signaler un abus | le 22/11/2009  à 14:14 | Posté par  Fabien  

Commencez donc par demander à votre metteur en scène de ne pas lui même s'attaquer aux autres ! à force de s'autocensurer il cache à peine ses jalousies à l'égard de ses collègues (la fin de l'interview). Et si vous n'acceptez pas la critique de certaines spectatrices ni qu'elles vous montrent que vous les emmerdez, dans un spectacle plutôt chiant,faites plutôt du cinoche comme ça vous ne verrez pas leurs regards.Mais sûrement que vous n'êtes pas assez doué pour ça en tous cas quel mépris pour les spectateurs que d'écrire ça!

Signaler un abus | le 23/11/2009  à 21:46 | Posté par  Delphine G.  

Paix aux hommes et femmes de bonne volonté, et mea culpa: je suis méprisant, vaniteux, et malheureusement pas assez doué pour faire du cinéma... Désolé d'avoir répondu, mes propos n'engageaient que moi; il est entendu que le silence eût été préférable.

Signaler un abus | le 24/11/2009  à 11:41 | Posté par  Fabien  

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