Début d'un front commun pour l'hôpital et l'université

Par La Rédaction
Posté le 05/03/2009  à 18:49 |   11 réactions|
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En jargon syndical quand deux mouvements sociaux se rencontrent, on parle de 'convergence des luttes'.

Ce jeudi, à Lyon, les fonctionnaires du secteur hospitalier et le monde de l'université l'ont tenté. Sans que la foule soit vraiment au rendez-vous.

Une manifestation, deux ambiances. A Lyon, l'heure est à la convergence. Ou plutôt à ses balbutiements. Partis de la place des Terreaux, les enseignants-chercheurs et les étudiants ont bien rejoint les fonctionnaires du secteur hospitalier en fin de manifestation, au niveau de la préfecture. Pour finir ensemble devant la Bourse du travail.

Dans le cortège de plus de 2500 personnes, les motifs communs de grogne ne sautaient pas aux yeux de tous les manifestants. 'Nous sommes tous contre le démantèlement du service public à l'hôpital comme à l'université', se justifie Amirouche, un employé des Hospices Civils de Lyon (HCL). "Des deux côtés, on assiste à une casse accélérée du service public", ajoute un doctorant. La convergence a surtout eu l'effet d'une caisse de résonance pour les personnels hospitaliers. 150 au départ de la préfecture, ils se retrouvèrent au milieu des 2500 personnes devant la Bourse du Travail.

Tout au long du cortège, les slogans se ressemblaient : "Si t'es contre la loi Pécresse, tape dans tes mains",  ou le même avec Bachelot à la place de la ministre de l'Enseignement supérieur. La grogne est partagée. Seuls les revendications diffèrent. Les enseignants-chercheurs et les étudiants réclament, dans un climat de cacophonie syndicale, le retrait de la loi sur l'autonomie des universités, le gel des suppressions de poste et le maintien du système actuel de formation des enseignants.

Les salariés du secteur hospitalier sont, eux, vent debout contre la loi Bachelot. "Ils vont supprimer des postes et nous ne sommes déjà pas assez nombreux pour proposer des soins de qualité. Aujourd'hui, nous avons des malades qui dorment sur des lits de camps", s'emporte une délégation d'employés de l'hôpital psychiatrique de Saint-Cyr-au-Mont d'Or. Au Vinatier, une infirmière s'indigne : "nous avons fermé quatre unités de 24 lits en trois ans. Avec la loi Bachelot, ce démantèlement de l'hôpital public va s'accélérer".
Le mécontentement est aigu mais la mobilisation est faible dans le secteur hospitalier, "à cause des réquisitions de personnel" se défend un syndicaliste. Côté universitaire, les manifestants étaient toujours aussi nombreux, aux alentours de 2500. Ils tiennent à bout de bras cette convergence naissante.

Photo : Barbara Mestric 

Début d'un front commun pour l'hôpital et l'université
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VOS REACTIONS
11

Ca serait tout de même urgent d'en finir avec ce lexique cliché de la "grogne" : que je sache, vous parlez d'universitaires et de charcheurs, et non de porcs. Enfin, si vous n'avez entendu que des slogans du style "Si t'es contre la loi Pécresse, tape dans tes mains", et si c'est tout ce que vous êtes capables de dire de ce mouvement après plus d'un mois de mobilisation universitaire, c'est qu'il est temps d'assumer le fait que le journalisme pratiqué à Lyon Capitule est simplement un allié objectif des pouvoirs en place et non une description neutre de la vie sociale et politique. Au fait, un chien de garde, ça jappe ou ça abboie ? Et un journaliste de non investigation, ça lèche la main qui le nourrit, ou ça peut aussi "grogner" de temps en temps ?

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 19:15 | Posté par  Indiscipline  

Le reportage vidéo me fait penser au JT de TLM, c'est mou, la voix est tremblante, hésitante, c'est pas terrible. Quant à l'article, ça manque de fond, de chiffres précis, les raisons de cette colère, de cette convergence. Il n'y a même pas l'avis des étudiants...

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 19:29 | Posté par  dan  

Faut arrêter d'exploiter les stagiaires peut-être...

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 19:35 | Posté par  Anonyme  

Faudrait peut être aussi que les gens qui n'aiment pas Lyon Cap arrêtent de venir ici s'ils trouvent que c'est de la m****. Ca sent les confrères très aigris. L'acharnement gratuit. Est ce qu'un média local propose mieux ? Je ne vois pas.

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 20:09 | Posté par  PoissonVert  

Cet article est en effet un ramassis de clichés au niveau de sa rhétorique, et il révèle une évidence paresse intellectuelle. Acrimed avait fait une sorte de disctionnaire des idées reçues journalistiques en temps de grève, et l'expression "grogne des fnctionnaires" était la plus souvent mobilisée par les piètre penseurs (et piètres écrivaillons) de la presse aux ordres. Lyon Capitule ferait bien de lire Acrimed, ou de recycler ses journalistes en leur faisant faire des stages de lutte anti-clichés.

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 20:28 | Posté par  AK 47  

Voici le lien vers l'article d'ACRIMED sur l'expression cliché de la "grogne" : http://www.acrimed.org/article1130.html

Et voici un copié collé de l'article, au cas où l'auteur de ce torchon serait capable de lire autre chose que ses confrères :

Contre-réformes et mobilisations de 2003
La " grogne " : grévistes et manifestants sont-ils des animaux ?

Publié le 8 juin 2003 par Arno Gauthey

Les facilités de langage des journalistes professionnels rencontrent parfois les pratiques du gouvernement Raffarin. Et éclairent crûment une certaine conception du politique.

De leur mince répertoire d'expressions convenues, nombre de journalistes ont extrait ces dernières semaines " la galère " et les " journée[s] noire[s] dans les transports ". Dans quelques mois, ils ressortiront de leur herbier le " chassé croisé des juillettistes et des aoûtiens ". Mais jusqu'au 13 mai dernier, les journaux télévisés de France 1 et France 2 commençaient systématiquement leurs séquences consacrées au mouvement social naissant par des considérations sur la circulation automobile et la garde des jeunes enfants.

Depuis, il semble que les journalistes professionnels aient dû se rendre à l'évidence : il est difficile de réduire un mouvement capable de fédérer des centaines de milliers de personnes à ses seuls effets. Il leur a donc fallu feuilleter fébrilement leur répertoire. Ils en ont finalement extrait " grogne sociale ", qu'ils déclinent volontiers en " grogne enseignante ", puisque l'Education nationale est visiblement concernée et la plus visible dans le mouvement.

Connotations et champ lexical

Or, les journalistes professionnels sont des professionnels du langage. Leur pouvoir de nomination est fort. Le fait qu'ils utilisent tel terme plutôt que tel autre produit des effets considérables. En l'espèce, l'usage de " grogne " est intéressant à plusieurs titres [1].

De façon liminaire, il convient de préciser ce que représente " grogne " du point de vue lexicographique. Deux dictionnaires usuels l'explicitent :

- Larousse : n. f.. Fam. Expression de mécontentement : la grogne des commerçants.
- Le Robert : n. f. (XIVe ; de grogner). Fam. Mécontentement exprimé en grognant. " La hargne, la rogne et la grogne " (de GAULLE).

Les journalistes professionnels font donc état de l'expression d'un mécontentement, notamment de la part de ceux qu'ils identifient comme des enseignants.

Premier problème : le mouvement dans l'Education nationale ne concerne pas les seuls enseignants.

Ensuite, un mot fait généralement partie d'un champ lexical qui va en partie conditionner ses connotations. Dans le cas de " grogne ", ce terme évoque bien vite : grognard, grognasser, grognement, grogner, grognon, grognonne, grognonner et bien entendu : groin.

A leur origine, on trouve grunditus, substantif latin qui désigne un des sons émis par les porcs. Cette étymologie est directement présente dans " grognement ", qui désigne le cri des porcins d'après le dictionnaire Larousse, et dans grogner, qui signifie " pousser son cri, en parlant du cochon, du sanglier et par extension de l'ours " mais aussi " émettre un bruit sourd, une sorte de grondement. Chien qui grogne ", d'après Le Robert.

Deuxième problème : à travers leur usage de " grogne ", les journalistes professionnels esquissent une réduction, une animalisation d'un groupe social en action.

Les journalistes professionnels, Fillon et Aristote

Or, cette réduction - certes non explicite et probablement très involontaire - peut être lue dans une perspective politique. En effet, elle évoque l'analyse que fait Aristote lorsqu'il traite de ce qui fonde le politique, lorsqu'il distingue radicalement les animaux doués de parole et ceux qui n'ont que la voix, que le son :

" Seul de tous les animaux, l'homme possède la parole. Sans doute la voix est-elle le moyen d'indiquer la douleur et le plaisir. Aussi est-elle donnée aux autres animaux. Leur nature va seulement jusque-là : ils possèdent le sentiment de la douleur et du plaisir et ils peuvent se l'indiquer entre eux. Mais la parole est là pour manifester l'utile et le nuisible et, en conséquence, le juste et l'injuste. C'est cela qui est propre aux hommes, en regard des autres animaux : l'homme est le seul à posséder le sentiment du bien et du mal, du juste et de l'injuste. Or, c'est la communauté de ces choses qui fait la famille et la cité " [2].

Ce passage met en évidence la place centrale de la parole et donc du pouvoir des instances de légitimation de la parole dans le politique. Un des aspects du pouvoir est bien, en dernière instance, de discriminer qui a voix au chapitre et qui est condamné à voir sa parole considérée comme du bruit et donc à ne pas compter [3].

Gens qui parlent et gens qui grognent

Or, en qualifiant de " grogne " l'action et la parole de centaines de milliers de personnes en mouvement, les journalistes professionnels corroborent l'attitude du gouvernement qui fait celui qui n'entend pas. Qui fait celui qui n'entend que du bruit là où il y a une parole politique. Ainsi François Fillon, tout auréolé de son image " sociale " - qu'il s'est construite et qui a été construite par de bienveillants journalistes professionnels - peut-il prétendre n'entendre aucune alternative à ses propositions en matière de retraite. Les manifestants font du bruit, ils ne parlent pas. La " rue " " grogne " mais est incapable de produire une pensée, une parole, une action politique.

Ils confirment également le déni de politique de cette action et de cette parole lorsqu'ils reprennent telles quelles les expressions du gouvernement qui feint de ne voir - pour ce qui concerne les personnels de l'Education nationale - que l'expression d'un " malaise ", d'un " désarroi ". On retrouve là les propos d'Aristote qui reconnaît à la voix animale l'incapacité à exprimer autre chose que douleur ou plaisir.

On retrouve là aussi un des ressorts de disqualification de la dimension politique les plus à l'œuvre de nos jours : l'individualisation et la psychologisation des rapports sociaux. Si les enseignants grognent, c'est par douleur et non parce qu'ils ont quelque chose à dire.

Il est fâcheux que les grands quotidiens, stations de radio et chaînes de télévision aient comprimé leurs effectifs journalistiques au point de ne plus disposer de véritables spécialistes capables de suivre dans la durée les secteurs de la société actuellement mobilisés. Il est fâcheux que la formation des futurs journalistes professionnels soit à ce point tournée vers la production de chargés de communication interchangeables [4] .

Car en ces temps d'exacerbation des conflits sociaux, les porcs en ont assez des moutons qui hurlent avec les loups.

Arno Gauthey
(27 mai 2003)
Notes

[1] Systématisé ces derniers mois, ce terme a déjà servi sous un gouvernement de " gauche " : par exemple, Le Monde daté 23 janvier 2001 titre une page entière (sur six colonnes) : " Le gouvernement face à l'offensive du patronat et à la grogne sociale " (note d'Acrimed).

[2] Aristote, Politique, I, 1253 a 9-18 ; cité par Jacques Rancière, La Mésentente, Politique et Philosophie, Galilée, Paris, 1995.

[3] Sur ce point, les travaux de Jacques Rancière sont éclairants. Et notamment : La Nuit des prolétaires, Archives du rêve ouvrier, Librairie Arthème Fayard, Paris 1981. Réédition Hachette, collection Pluriel, Paris, 1997.

[4] Voir à ce propos : François Ruffin, Les Petits soldats du journalisme, Les Arènes, Paris, 2003. Note d'Acrimed : Lire notre rubrique "Les Petits Soldats du journalisme".

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 20:39 | Posté par  AK 47  

Non!!! Les étudiants concernés ne sont pas pour le maintien du système de formation actuel!!!
Ils veulent seulement que la réforme proposée par le ministère soit réaménagée afin, entre autre, de pouvoir effectuer des stages de durées suffisantes ( au moins 6 mois cumulés contre quelques semaines ) et un dernier semestre moins lourd, puisqu'il contient pour le moment un concours ( le CAPES ) les stages ( et donc les rapports qui vont avec ) et la rédaction du mémoire du master!!!

Les étudiants ne sont donc pas bêtement contre la réforme, ni pour le maitien du système actuel!!!Ils font des propositions qui sont ignorées par les médias comme par LES ministères ( Xavier DARCOS en tête! )

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 20:45 | Posté par  Etudiant  

Pourquoi Lyon Cap donne t-il pas la parole aux jeunes, aux étudiants, ou alors je sais pas organisez un débat mais soyez plus présent sur ce mouvement.

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 21:13 | Posté par  Anonyme  

A Lyon, il y a peu de médias qui ont un support écrit et un site internet. Les deux meilleurs sites : LyonCapitale.fr et LeProgrès.fr.

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 23:03 | Posté par  Anonyme  

acrimed ça sent les journalistes qui n'ont jamais trouvé de media qui les embauche quand même. je connaissais pas mais ça m'inspire pas. c'est de la critique gratuite à deux francs.

Signaler un abus | le 05/03/2009  à 23:42 | Posté par  Anonyme  

L'Acrimed est une organisation politique dont les deux principales activités sont d'essayer de se justifier non politique et de prétendre à l'indépendance.

Signaler un abus | le 06/03/2009  à 07:59 | Posté par  jerome manin  

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