Quand le travail fait souffrir

Par Laurent Burlet ,  Paul Terra
Posté le 14/09/2009  à 10:43 |  lu 2525 fois |  2 réactions|
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Quand le travail fait souffrir

Déjà en pleine explosion, la souffrance mentale liée au travail augmente avec la crise.

Pour ceux qui se trouvent sur le carreau comme pour ceux qui restent. Selon des études, une personne sur trois sera concernée dans sa vie par la souffrance mentale. Et le travail porte une lourde responsabilité dans cette évolution. (Article paru dans le numéro d'avril de Lyon Capitale)

"Une boule dans le ventre, je me tourne et me retourne dans le lit. Impossible de dormir. Comment vais-je faire ? Angoisse. J'en parlerais volontiers aux amis, à la famille. Mais je sens bien qu'ils en ont plus qu'assez de mes questionnements. Objectifs, délais, qualité.

Impossible de tout tenir. Et mon chef, que va-t-il penser si je lui rends ce rapport en retard ? Avertissement, mise à pied, licenciement. Ce n'est pas le moment..."

Chacun a déjà vécu cette scène quotidienne de la vie du travail. Quand le stress arrive, sur le coup, vous vous sentez boosté par un shoot d'adrénaline.

Mais si vous ne trouvez pas de solution, vous sombrez dans le mal-être, la souffrance voire la dépression. Auparavant, souffrir c'était l'apanage des ouvriers et des employés.

En 2007, chefs d'entreprises, consultants, politiques, syndicats, salariés, ont pris le problème en pleine figure lorsque les médias s'emparent des cas de suicides de cadres de Renault, IBM et EDF.On prend alors conscience que la souffrance concerne tout le monde. Les débats sont allés bon train sur les causes de souffrance et les solutions à y apporter.

En parallèle, des études ont été lancées pour sonder ce continent inexploré de la souffrance humaine. Les résultats sont tombés. Selon les premières données de l'enquête Samotrace de l'Institut National de Veille Sanitaire (INVS), publiée en décembre 2008, 37% des femmes et 24% des hommes expriment un "mal-être" au travail.

L'enquête pointe les secteurs les plus exposés (la production d'électricité, de gaz et d'eau, l'administration et les activités financières). Les études sociologiques initiées par différents syndicats vont dans le sens des grandes tendances relevées par Samotrace.

Ainsi dans la banque, la première enquête du genre du syndicat SUD de la Caisse d'Epargne montre que 27,5% des employés du groupe ont consommé des antidépresseurs.

Dans ce contexte, les premières mesures ont été prises par certaines grandes entreprises concernées par les suicides de leurs cadres : numéros verts, cellules d'écoute, observatoires. Le monde du travail, comme la société, se psychologise.

Des mesures souvent critiquées par des syndicalistes ou des médecins du travail, qui estiment qu'elles ne s'attaquent pas au vrai problème : l'organisation du travail et ses contraintes, qui ont été profondément transformés depuis les années 80.

S'occuper de l'organisation du travail
Signé par tous les syndicats patronaux et de salariés, l'accord interprofessionnel sur le stress conclu en juillet 2008 change les données du débat. Il reconnaît clairement l'organisation du travail (temps de travail, dépassement d'horaires, degré d'autonomie, moyens mis à disposition...) comme étant un facteur de stress.

Pour l'instant, les seuls effets de cet accord, accompagné d'aucune obligation contraignante pour les employeurs, a été le repositionnement des grands cabinets de consultants parisiens (Stimulus PsyA) sur la question de l'organisation du travail.

La question avance aussi du côté des syndicats de salariés, qui délaissaient ce problème. Jusque dans les années 2000, en effet, personne n'osait aborder ce sujet.

Cette tendance s'inverse, particulièrement à Lyon. En partant des analyses du chercheur de l'université Lyon 1 Philippe Davezies (lire entretien p.28-29), des syndicalistes ont lancé il y a un an une série de formations (Formation et Action Citoyennes) pour que les militants syndicaux soient à même de porter des revendications sur l'organisation du travail et plus seulement sur la négociation salariale ou l'emploi.

La crise passe par là
Cependant, cette tendance vertueuse est fortement contrariée par le contexte économique actuel : accentuation des contraintes économiques, peur des licenciements et finalement plans sociaux.

Comme le note actuellement certains médecins du travail : l'intensification du travail n'a jamais été aussi forte.

Le psychiatre Jean Furtos, spécialiste de la précarité, explique également que la peur de perdre son emploi comme la perte elle-même peut affecter gravement la santé mentale d'un individu : "Le travail permet d'être "assigné" dans sa culture, d'avoir un statut. Si vous perdez votre travail et si vous n'avez pas d'autres possibilités, vous vous sentez "desassigné" tout d'un coup. C'est un peu comme s'il y avait un gouffre qui s'ouvrait et qu'on tombait dans un trou. L'impression que tout s'effondre. Ce sentiment peut vous donner un stress absolu".

Mais la crise pourrait être aussi une formidable occasion de rediscuter sur le plan politique de ces contraintes financières qui pèsent sur les organisations des entreprises, du haut jusqu'au bas de l'échelle.

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la souffrance au travail est générée par un cocktail explosif composé de : 1/5 de non respect et non reconnaissance dus au Management de proximité 1/5 de perte de collectif du aux collègues qui se transforment en collabos soumis par peur des représailles et de la notation individuelle de performance 1/5 de déni systématique de la part du dirigeant qui lui est rémunéré sur la performance financière et pas sociale 1/5 de la stratégie court termiste des actionnaires qui nomment ces dirigeants sans leur donner d'objectif de performance sociale 1/5 de la part des élus qui mènent un combat perdu d'avance contre l'assurance maladie et le patronat en voulant faire reconnaître le stress comme une maladie professionnelle au lieu de concentrer leur défense sur les conditions de travail, la formation à un management ethique, le système de notation et la mise en place d'indicateurs mesurables de la souffrance au travail dans le rapport social et d'en faire une communication sur les sites de recrutement pour atteindre l'image des entreprises tueuses de ressources humaines. Allez voir le site www.alloboulotbobo.fr c'est pas mal fait leur histoire
babaya

Signaler un abus | le 14/09/2009  à 16:49 | Posté par  babaya  

Les ressources humaines...Elle est belle l'expression n'est-il pas ? La ressource humaine elle a des limites...Mais tout le monde s'en fout vu que y'a plein de viande qui fait la queue pour l'abattoir...merci à ceux qui s'y intéressent...Y'en pas pas beaucoup...Pour le management, on est en retard sur les EU et le Japon...Pour les leaders aussi, nous vivons dans un système de leaders autoritaires, les chercheurs en sciences sociales savent très bien qu'ils sont contre-productifs...De la viande crevée, sans congés, et sans bouffe, c'est démotivé et ça bosse mal...Bizarre...C'est peut-être que certaines sommités se prennent pour superman et en attendent autant de leurs équipes ? Sauf que les équipes, elles, elles ont pas de quoi manger des légumes bios ni de quoi partir se ressourcer sur une plage...Dans la famille superman, y'en a qui sont "plus égaux que d'autres"...Mais finalement, les ressources humaines qui s'en soucie ? La santé ? La culture ? La nourriture et celle de l'esprit aussi...? Le lien social le vrai ? Res publica, du latin "le bien public"...Ah elle est belle la prise en charge du bien public...

Signaler un abus | le 15/09/2009  à 18:40 | Posté par  Charybde  

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Votre article est d'une indigence intellectuelle extrême. Il réunit tous les clichés minables servis au peuple depuis des décennies? Bien entendu, on n'échappe pas à...
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Mélenchon qui a largement participé à la construction de l'Europe telle qu'elle est et qui fanfaronne à tort et à travers pour se rendre impopulaire...
Posté par  nonmaiscepaspourdire | le 26/05/2012 08:57
Pour être crédible ce brûlot doit concerner tous les hommes politiques, indemnités, fascinations, amitiés, connivences, réseaux..... à qui le tour ? sinon, il ne s'agit...
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@Collombitude. Le régime Collomb réécrit l'histoire, ne sont pas socialistes pour rien.
Posté par  jerome manin | le 15/05/2012 16:13
Non vivons le dernier jour avant ka parenthèse sur la liberté de la presse RESISTANCE !
Posté par  jerome manin | le 15/05/2012 16:11
Ce film est extraordinaire il lève le voile sur les mantalités au quotidien. Et oui malheureusement en 2012 s'habiller en jupe est dans tous les...
Posté par  kamille86 | le 09/05/2012 17:29
Alors qu'une simple prolongation de la ligne A jusqu'à Montrochet aurait suffit, à terme c'est une 5ème ligne qui faudra créer.
Dire que Confluence est...
Posté par  capitaine papy | le 09/05/2012 09:22
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