OL – Besiktas : le pire a été évité malgré le chaos


Par Florent Deligia
Publié le 14/04/2017  à 14:15
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OL-Besiktas, quart de finale aller de la Ligue Europa, l'histoire et les mémoires retiendront des centaines de spectateurs massés sur la pelouse du Parc OL pour échapper à des jets de pétards. Même si les images marqueront les esprits, tout comme le chaos, le pire a été évité.

Envahissement du terrain lors d’OL/Besiktas
© olympique-et-lyonnais.com
Envahissement du terrain lors d’OL/Besiktas

C’était un match de niveau quatre en termes de risque, le contexte politique faisait craindre des affrontements, les supporters turcs s’étaient mobilisés pour acheter massivement des places, au point qu’ils étaient entre 20 et 25 000 au stade : OL – Besiktas avait tout d’une poudrière. La journée du 13 avril s’était pourtant déroulée dans le calme, malgré de nombreux supporters turcs présents en ville. Aux abords du Parc OL, certains sont arrivés très tôt.

Vers 19 heures, les forces de l’ordre ont usé à plusieurs reprises de bombes lacrymogènes pour séparer supporters lyonnais et turcs présents sur le parvis du stade. Selon Jean-Michel Aulas, environ 2 000 supporters du Besiktas se seraient présentés aux portes sans ticket. La boutique OL Store a été saccagée pour une raison qu’il reste encore à clarifier. Des Turcs expliquant s’être réfugiés à l’intérieur pour échapper au gaz, quand d’autres sources parlent de tensions provoquées par des supporters allemands du Besiktas face à l’impossibilité d’acheter des places supplémentaires à la billetterie du stade (le match se jouait à guichets fermés). Néanmoins, la politique a été laissée en dehors du stade. Selon nos informations, les spectateurs ont majoritairement respecté les consignes de l’arrêté préfectoral interdisant d’arborer d’autres drapeaux que celui de la Turquie et de la France, ainsi que des maillots autres que l’Olympique lyonnais ou le Besiktas.

Fuir sur la pelouse pour se protéger

À quelques minutes du coup d’envoi, plusieurs provocations ont eu lieu entre supporters lyonnais et turcs, des pétards ont été envoyés sur le virage sud inférieur, entraînant un mouvement de foule qui aurait pu dégénérer. Interrogé par Olympique-et-lyonnais.com, un spécialiste des mouvements de foule qui a vu la rencontre témoigne : "La situation aurait pu dégénérer. Les spectateurs ont eu le bon réflexe en se réfugiant sur le terrain. Dans un stade fermé par des grilles, il y aurait pu avoir des blessés graves, voire des morts. Les stades ouverts ont cet avantage qui est très précieux". Pour inverser la situation, Jean-Michel Aulas s’est rendu en personne sur le terrain et a convaincu les spectateurs de retourner dans les tribunes, condition sine qua non à la tenue du match.

Des hooligans turcs exfiltrés

Selon la préfecture : "À la demande des organisateurs, avec lesquelles nous travaillons très bien, les forces de l’ordre ont exfiltré une cinquantaine de hooligans turcs. C’était une opération très délicate qui aurait pu dégénérer. Mettre des gendarmes dans des espaces comme celui-là avec des hooligans est très difficile. Heureusement, l’opération a été un succès. La suite de la rencontre s’est globalement bien déroulée. Il n’y a pas eu d’affrontement avant et après". Le président de l’Olympique lyonnais est resté dans la tribune virage sud jusqu’à la fin de la première mi-temps. "En parvenant à convaincre les supporters de rejoindre la tribune, on a sauvé le match", a-t-il confié à l’issue de la rencontre. Pour Jean-Michel Aulas : "Il faut analyser tout ça pour que ça ne se produise plus. Il n’y a pas de blessés graves, mais il aurait pu en avoir" . Douze interpellations ont eu lieu, des Turcs comme des Lyonnais.

Des conclusions nécessaires

Reste que si le pire a été évité, il est désormais nécessaire de tirer les conclusions de cette soirée. Le dénominateur commun se trouve être dans la gestion de la billetterie et de l’ouverture de la quatrième volée sans aucune mesure pour privilégier les supporters lyonnais. Bien qu’il soit impossible de discriminer, tout comme de refuser une vente, les outils et méthodes existaient pour limiter le nombre de supporters turcs (lire ici). L’OL a choisi de les déployer après coup pour limiter la casse, mais il était déjà trop tard. Aujourd’hui se pose la question de la nécessité de jouer un tel match à guichets fermés. Fallait-il laisser des blocs vides pour faire tampon entre supporters turcs et lyonnais ? OL – Besiktas laissera des traces dans les mémoires, mais aussi dans la stratégie de la billetterie du Parc OL face à certains types de match.

Retrouvez toute l’actualité de l’OL sur notre site olympique-et-lyonnais.com.
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Vos réactions
1 commentaire

vous dites, tranquillement assis , comme moi, sur votre confortable fauteuil , que, je vous cite , écrivant comme si vous etiez responsable ou dirigeant de quelque chose : "il est désormais nécessaire de tirer les conclusions de cette soirée"
Bien bien.
alors les conclusions, ça c'est facile.
Ce qui est un peu moins plat plat grassouillet dans son fauteuil, ce sont les SOLUTIONS. Et ce qui est necessaire , c'est de trouver des SOLUTIONS.
Par exemple, quelle est votre solution CONCRETE à vous, avec vos grands airs de professeur de la théorie, pour garantir qu'aucun pétard ne rentre dans le stade ?
Car si aucun petard (ce qui devait etre le cas , n'est ce pas) ,n'etait entré dans le stade, le mouvement de foule ne se serait pas produit, monsieur le professeur. Alors COMMENT on fait ? merci

Signaler un abus | le 14/04/2017  à 18:06 | Posté par  turlututu  

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