OL : une semaine en enfer


Par Corentin Marabeuf (O&L)
Publié le 18/04/2017  à 14:58
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Avant d’aborder leur quart de finale retour de Ligue Europa à Istanbul, les Lyonnais devront se remettre d’une semaine éprouvante psychologiquement. Contre Besiktas jeudi dernier et à Bastia ce dimanche, l’OL a vécu le pire sur un terrain de football.

Envahissement du terrain lors d’OL/Besiktas
© olympique-et-lyonnais.com
Envahissement du terrain lors d’OL/Besiktas

Bruno Genesio et ses hommes pensaient avoir tout vécu cette saison. Après les incidents survenus à Metz en décembre dernier, aucun Lyonnais ne pouvait se douter de ce qui allait se produire durant la semaine écoulée. En l’espace de quatre jours, ils ont vu tout ce que le football pouvait offrir de pire. S’il l’on peut encore parler de football, quand certains "supporters", décident de prendre un en otage le sort d’un sport, d’équipes, et de milliers de personnes. Contre Besiktas, jeudi, et à Bastia, dimanche, le monde entier a pu assister à des scènes surréalistes. Entre des supporters rhodaniens obligés de se réfugier sur la pelouse du Parc OL pour éviter de recevoir des pétards sur la tête, et des joueurs de l’OL physiquement attaqués, le monde du ballon rond a vécu une triste semaine. Ajoutez à cela l’attentat sur le car du Borussia Dortmund mardi dernier, et le sport a perdu tout contrôle sur une société qui ne cesse de dégénérer.

98 minutes de retard cumulées au coup d'envoi

45 minutes jeudi contre Besiktas, 53 minutes dimanche à Bastia, l’OL a longtemps été dans l’interrogation cette semaine. La question de savoir si un match pouvait avoir lieu, alors qu’il semblait échapper aux règles du football avant même son coup d’envoi. La préoccupation étant évidemment d’assurer la sécurité de joueurs et de supporters lyonnais, pris pour cibles. Retards il y a eu, mais les deux rencontres ont bien débutées. L’une d’elle n’est pas allée à son terme. Et une fois n’est pas coutume, Jean-Michel Aulas avait eu le nez creux dans Le Progrès, mercredi. Il avait estimé que se rendre à Besiktas était "moins dur que Bastia." Le futur pourrait entièrement lui donner raison. Christophe Jallet, lui, avait bombé le torse, vendredi. "Jamais personne n’est pas reparti de Bastia. Personne n’a peur d’aller à Bastia. C’est un contexte particulier, un peu chaud. Mais on a l’habitude d’y aller jouer, il n’y a aucun problème là-dessus", avait-il avancé. Les hommes de Bruno Genesio sont bel et bien repartis de Corse, mais pas sans mal. Trois envahissements de terrain (un au Parc OL, deux à Armand-Cesari), et une victoire tout de même (2-1 face à Besiktas), et les Gones auront sans doute à cœur d’oublier une semaine éprouvante psychologiquement.

Le SC Bastia n’en est pas à son coup d'essai

Les propos de l’ancien entraîneur de Bastia François Ciccolini, après le match aller au Parc OL, n’ont fait que mettre de l’huile sur un feu qui a déjà bien consumé le du club corse. Cette saison, particulièrement, le Sporting n’en est pas à son coup d’essai. Cela avait commencé très tôt. Dès la première journée de Ligue 1, le Parisien Lucas avait été la cible d’un supporter bastiais, qui lui avait lancé un bâton censé contenir un drapeau. La Tribune Est du stade Armand-Cesari avait été fermée et le SC Bastia avait été mis à l’amende. Cela n’avait semble-t-il pas suffi. Puis, en début d’année, en plus du bus niçois qui avait été caillassé à son arrivé, des cris de singe en provenance des supporters bastiais et à destination de Mario Balotelli, avaient été proférés. La tribune Est (encore) du stade Armand-Cesari, avait d’ailleurs, pour ces incidents, été fermée pour trois rencontres. Elle avait rouverte ce dimanche… Aussi, le 4 mars dernier un groupe d’une trentaine de supporters était venu s’invectiver contre la direction en place, en mettant le feu à un conteneur avec un fumigène. Ou encore, début avril des supporters avaient tenté de pénétrer dans les bureaux du club, après avoir entamé un face-à-face avec des agents de la sécurité. Sans succès. Ce dimanche, ils ont innové, puisqu’ils s’en sont directement pris à l’adversaire en pénétrant sur le terrain. La présidente de la LFP Nathalie Boy de la Tour, l’a confirmé à RTL, "à Bastia il y a un grand problème de sécurité. La commission a été saisie à quatre reprises cette saison."

L’Olympique lyonnais, par la voix de Jean-Michel Aulas, a porté plainte auprès du procureur de Bastia pour "coups et blessures." Dans la soirée de dimanche, sur RMC, le président rhodanien s’est indigné contre le sort réservé à ses joueurs, mais il a également précisément ciblé une personne. "Ce qui a dépassé l’entendement, c’est que la sécurité, en particulier le directeur de la sécurité de Bastia, a frappé lui-même Anthony Lopes !" C’est ce même directeur de la sécurité, Antoine Agostini, qui avait évoqué une simulation de la part de Lucas, en début de saison. "Il n’y a pas eu de coup porté, le joueur n’avait pas à s’effondrer, on espère que cette simulation sera sanctionnée", avait déclaré celui qui est aussi le directeur général du SC Bastia.

Bien aborder le match retour contre Besiktas

La commission de discipline de la LFP se réunira ce jeudi pour trancher sur le sort du match et également prononcer ses sanctions envers le SC Bastia. Au même moment l’OL, jouera son quart de finale retour de Ligue Europa face à Besiktas. Un match capital pour la suite de sa saison. Ce n’est pas la première fois que les hommes de Bruno Genesio fouleront le sol turc. Pour rappel, en juillet dernier les Gones, qui devaient affronter Fenerbahçe en match amical, avaient dû rentrer en France précipitamment, la faute à une tentative de coup d’Etat militaire en Turquie. Une situation qui ne devrait pas se reproduire, puisque ce dimanche, les Turcs ont adopté majoritairement la réforme constitutionnelle renforçant les pouvoirs du président Erdogan. Un imbroglio subsiste quand même et les principaux partis d’opposition dénoncent des "manipulations" à l’issue du référendum. Quelques manifestations ont même eu lieu à Istanbul, notamment dans le quartier de…Besiktas. Il n’y a eu cependant aucun incident. Avec ce contexte dans un coin la tête, plus les événements qui ont marqué le match aller et la rencontre à Bastia, et les Lyonnais devront faire preuve d’une force mentale à toute épreuve. "À nous de trouver les mots, l’affection, l’enthousiasme et la force de caractère pour résister. A nous d’être plus forts que les événements", a lancé Jean-Michel Aulas sur RMC, dimanche. Une bonne feuille de route à suivre.

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