L'ombre de Sarkozy plane au meeting de soutien à François Fillon


Par Mathilde Régis
Publié le 15/03/2017  à 17:24
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Chargé du rassemblement politique de l'équipe de campagne de François Fillon, François Baroin était invité par le vice-président de la région, Philippe Meunier, à tenir une réunion publique ce mardi à Jonage dans le cadre de la campagne présidentielle.

De gauche à droite, François Baroin, Philippe Meunier et Michel Forissier pour la réunion publique de soutien à François Fillon à Jonage
©Mathilde Régis
De gauche à droite, François Baroin, Philippe Meunier et Michel Forissier pour la réunion publique de soutien à François Fillon à Jonage

C'est Nicolas Sarkozy, un an plus tôt, qui était reçu dans cette salle de Jonage. Le maire de la commune, Lucien Barge, ne manque pas de le rappeler en accueillant les convives venus écouter cette fois François Baroin, chargé du rassemblement politique de l'équipe de campagne de François Fillon après avoir été évoqué comme un possible "plan B" pour les Républicains. Un homme que le maire de Jonage "espère pouvoir accueillir comme Premier ministre" à sa prochaine visite. Sur l'estrade, plusieurs représentants de la droite sont venus apporter leur soutien à la campagne de leur famille politique : la maire de Décines, Laurence Fautra, les députés du Rhône Bernard Perrut, Patrice Verchère, Michel Terrot et Dominique Nachury, la sénatrice Élisabeth Lamure ainsi que le président du département, Christophe Guilloteau. Le sénateur François-Noël Buffet est ensuite chargé d'introduire la réunion. "Le temps est à l'unité, au rassemblement fort, la victoire est à portée de main malgré les vicissitudes. Il nous faut convaincre que nous pouvons gagner, pas pour untel ou untel, mais pour la France."

"Sarkoziste de cœur...mais filloniste de raison"

"Les discussions ne sont plus de mises, il faut faire campagne" poursuit le sénateur Michel Forissier. "Je suis sarkoziste de cœur, mais filloniste de raison" a t-il lancé sous les applaudissements de la salle. Avant de mettre sur le même plan la "lutte contre le terrorisme, le macronisme ou le hollandisme" et de qualifier le socialisme de "cancer", le sénateur appelle à faire aussi campagne pour les législatives. "Il ne faudra s'arrêter que lorsque Philippe Meunier sera député, vous n'avez plus le droit de mettre vos pantoufles le soir" clame-t-il avant de défendre le cas de François Fillon, mis en examen par la Justice le matin même. "Vous assistez à une montée de l'antiparlementarisme. Tous les assistants parlementaires que je connais travaillent énormément et ils sont parfois moins bien payés que certains journalistes pour écrire des articles" lance-t-il. Une défiance envers les médias directement reprise par Philippe Meunier, qui est à l'initiative de cette réunion publique. Il précise que 700 chaises ont été disposées dans la salle et demande aux personnes debout au fond de la salle d'aller s'asseoir pour "éviter à certains objectifs de ne filmer que les chaises vides".

Le retour de "nos ancêtres les Gaulois"

Après avoir excusé l’absence de Laurent Wauquiez pour "raison d'agenda", il se lance dans la citation de plusieurs batailles françaises en reprenant les propos de Nicolas Sarkozy qui avait fait polémique : "oui, mes ancêtres sont gaulois". Pour s'opposer ensuite aux propos d'Emmanuel Macron tenus en Algérie et qui qualifiaient la colonisation française de "crime contre l'humanité", le vice-président de la région va loin en tenant à faire un "focus sur la bataille d'Alger, gagnée grâce à nos généraux Bigeard et Massu". Philippe Meunier enchaîne ensuite sur le bilan de François Hollande, qui a fini son quinquennat "dans le déshonneur en ayant révélé des secrets d’État à des journalistes" et qui a principalement ciblé, selon lui, "la famille, le socle de la société, avec la remise en cause du quotient familial ou du droit de l'enfant à avoir un père et une mère", en référence à l'ouverture de l'adoption aux couples homosexuels."Avec François Fillon, nous rétablirons les familles de France" promet-il. C'est ensuite au tour de Christiane Taubira et de Najat Vallaud-Belkacem d'être la cible de ses critiques, lorsque leurs noms sont évoqués par Philippe Meunier pour illustrer "un laxisme face aux islamistes et aux délinquants et une politique de nivellement par le bas dans l'éducation" la salle se met à huer. "C'est le quinquennat de la dernière chance, je ne veux pas d'une libanisation de notre pays. Mon devoir est de défendre notre mode de vie, notre culture et de rétablir la croissance. François Fillon, avec François Baroin à ses côtés, permettra d'avoir une France plus forte, plus juste. La victoire est entre vos mains" a-t-il conclut sous les applaudissements des militants.

"L'Histoire donnera à Nicolas Sarkozy la place qu'il mérite"

Lorsque François Baroin prend la parole, il ne tarit pas d'éloges à l'égard du bras droit de Laurent Wauquiez à la région. Il est tout simplement "époustouflé par le talent le courage et le franc-parler de Philippe Meunier". Pour le maire de Troyes, "la France veut tourner la page de ce quinquennat raté. Ce désir d'alternance, c'est nous qui l'incarnons et personne d'autre. François Fillon a le regard le plus lucide et propose une vraie rupture, quelque soit les semaines traversées et sans déni, personne n'aurait démontré ce courage" estime -t-il, avant d'appeler ses troupes à "être à ses côtés". Dans son discours, il s’attellera cependant plus à attaquer le bilan de François Hollande qu'à détailler les mesures du programme de François Fillon. Comme presque chacun des interlocuteurs, lui aussi a souhaité "rendre l'hommage qu'il mérite à Nicolas Sarkozy". Encore une fois, un tonnerre d'applaudissements retentit dans la salle. "L'Histoire lui donnera la place qu'il mérite, avec Angela Merkel, pour son travail durant la crise financière de 2008". Quant aux adversaires politiques pour cette campagne, ils ne sont autres qu'Emmanuel Macron et Benoît Hamon, "candidats officiel ou clandestin de François Hollande". De nouvelles huées éclatent dans la salle lorsque François Baroin évoque le ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron. Le président du Modem ne pourrait plus incarner "la filiation de la démocratie chrétienne" qui se trouverait du côté du parti Les Républicains. Le président du Modem est selon lui "un des acteurs majeurs du désastre national" puisqu'il avait choisi François Hollande plutôt que Nicolas Sarkozy aux dernières élections. Il s'attaque ensuite, à l'instar de Philippe Meunier, aux politiques menées par Najat Vallaud-Belkacem et Christiane Taubira. "Najat Vallaud Belkacem est une femme certainement intelligente, mais qui a porté en bandoulière l'idéologie communiste de l'égalité réelle. Ce qu'on attend de la République, c'est l'égalité en droit. Nous avons assisté au développement du laxisme et de la culture de l'excuse. La gauche a déstabilisé par doctrine l’Éducation nationale et la Justice" a-t-il estimé, avant d'embrayer sur la sécurité et de rendre hommage aux services de renseignement, aux soldats et aux forces de l'ordre, soulignant qu'il s'agit aujourd'hui de la première campagne présidentielle sous état d'urgence.

Des charges plus virulentes contre Emmanuel Macron que contre Marine Le Pen

François Baroin prend ensuite le soin d'attaquer Emmanuel Macron, "conseiller économique de l'ombre et héritier de François Hollande"."Il se dit en marche, mais c'est plutôt en agence de voyages. Et il a trouvé un collègue à Lyon qui lui ouvre grandes ses portes" dit-il en allusion au soutien de Gérard Collomb à l'ex-ministre de l'Économie. "S'il vient à Troyes, je lui remettrai un petit guide touristique et il comprendra peut-être la vraie France, celle qui vit dans des villes de moins de 10 000 habitants. C'est le candidat d'un PS hors-sol, qui se demande s'il faut un vaccin pour aller en province" lance-t-il. Quant à la candidature de Marine Le Pen, François Baroin a estimé que le Front National était "incapable de proposer des solutions à part la sortie de l'Euro", une décision qui représenterait un "désastre", tant sur "les retraites que sur les salaires". En conclusion, François Baroin a fait un parallèle avec la campagne de Jacques Chirac en 1995, longtemps jugée perdue d'avance, et pour laquelle il était porte-parole. "Je ne connais personne qui ait remporté une partie sans l'avoir jouée jusqu'au bout. Les difficultés s'accumulent pour François Fillon, mais il ne faut pas oublier la mobilisation au Trocadéro, son excellence au 20 heures et son courage qui nous oblige à retrousser les manches" a-t-il conclu. La salle a ensuite été conviée à entonner la Marseillaise après avoir clamé pendant quelques minutes le nom de François Fillon.

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