Gérard Collomb vu par la presse nationale


Par Moran Kerinec
Publié le 18/05/2017  à 15:25
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Depuis sa nomination à la tête du ministère de l’Intérieur, Gérard Collomb a été passé à la loupe par la presse hexagonale. Considéré comme l’un des soutiens les plus actifs d’Emmanuel Macron, tous portent le même regard sur ce baron de la gauche installé place Beauvau après des années d’attentes.

Gérard Collomb.
©Tim Douet
Gérard Collomb en présence d'Emmanuel Macron.

Le baron en marge devenu premier flic de France

Pour Libération, "c’était possible : on pouvait encore être un baron socialiste depuis près de cinquante ans et n’avoir jamais été ministre”. Et le Libé d’ajouter que "sous François Hollande, le maire de Lyon s’était fait devancer par ses anciens adjoints à la mairie : Najat Vallaud-Belkacem et Thierry Braillard”. Il serait selon le canard de gauche vu comme un électron libre, l’édile proche de Ségolène Royal, puis de DSK, était depuis longtemps en marge de Solférino. «C’est un collombiste avant d’être un socialiste», analyse Philippe Cochet (LR) principal opposant de Gérard Collomb à la métropole de Lyon. Ce qui ne l’aurait pas empêché de transformer Lyon “en métropole d’envergure européenne.”

De l’autre bord de l’échiquier médiatique, Le Figaro titre "Gérard Collomb, la consécration d'un fidèle de Macron, et rappelle lui aussi les espoirs ministériels passés de l’édile lyonnais : "Alors qu'il avait attendu en vain un maroquin durant tout le quinquennat de François Hollande, Gérard Collomb devient à 69 ans le numéro deux du gouvernement, avec le titre de ministre d'État, ministre de l'Intérieur.”

Le Point quant à lui trace "[l']Itinéraire d’un enfant pas (toujours) gâté”, celui du "lion dans le moteur de Macron : "Voilà le notable des bords de Saône et du Rhône qui se jette dans la lumière, voilà le Lyonnais fou amoureux de «  sa  » capitale (des Gaules), qu'il s'échine, depuis trois mandats, à propulser dans le club très sélect des métropoles européennes, en première ligne à Paris. À près de 70 ans (il les aura le 20 juin), celui qui a toujours été le chef chez lui s'est découvert un patron de trente ans son cadet, et ce patron est devenu président.”

Collomb, faiseur de rois ?

Pour beaucoup, Collomb serait l’architecte de la victoire du nouveau président. D’après Le Monde, il "a été l’un des premiers à croire en Emmanuel Macron, à penser que le Touquettois pouvait être l’instrument de la revanche de la gauche sociale-démocrate sur les frondeurs du PS. Le maire de Lyon se serait "démené dans l’ombre, laissant l’exposition médiatique aux autres proches de la première heure (...). C’est lui qui fut notamment chargé de discrètement récupérer les parrainages d’élus nécessaires à la candidature de l’ancien ministre, alors que le PS menaçait d’exclure les fautifs."

Pour sa part, L’Obs se fend d’une revue en détail des "10 choses à savoir sur Gérard Collomb, dont son appartenance aux francs-maçons qu’il assume publiquement : "À la municipalité de Lyon, il s’était entouré de "frères". Auprès d’Emmanuel Macron, il a fait jouer ses réseaux pour convaincre des élus de se présenter aux législatives sous la bannière de La République en marche.”

Sera-t-il à la hauteur de la tâche ?

D’après Le Monde, cette nomination comporte un risque, celui pour Macron d’être "accusé de ne pas respecter ses engagements en matière de renouvellement et de cumul des mandats”. Le journal du soir émet des doutes : "À 69 ans, le leader du pôle des réformateurs, l’aile droite du PS, a en effet une très longue carrière politique derrière lui. Son premier mandat de député remonte à 1981 et il est sénateur du Rhône depuis plus de dix-sept ans.”

D’autant que le nouveau locataire de la place Beauvau a du pain sur la planche explique Les Échos : "[son] poste, plus sensible que jamais depuis les attentats de 2015, requiert une omniprésence sur le terrain et une disponibilité de chaque instant. À lui de protéger les Français. De défendre la laïcité. Et de mettre en œuvre les promesses du président : recruter 10.000 policiers et gendarmes et mettre en place une « police de sécurité quotidienne ».”

Dans Libération, sa politique migratoire est déjà sous le feu des critiques d’Olivier Brachet, le fondateur de l’association Forum Réfugiés et ancien membre de son équipe à Lyon : "Gérard Collomb n’a pas une vision d’ouverture sur les questions migratoires. Il faudrait qu’il prenne conscience que les gens circulent, et pas seulement les capitaux.”

Fan de l’OL, et de sa femme Caroline

Il faut attendre 20 minutes pour signaler la passion de Gérard Collomb pour le ballon rond : Un véritable fan de l’OL écrit le quotidien gratuit, “très proche de Jean-Michel Aulas” et “présence quasi-systématique” au Parc de l’Olympique Lyonnais.

Mais tous les journaux nationaux n’auront peut-être pas saisi le nom du ministre de l’Intérieur. Sur LCI, ce dernier s'est vu rebaptisé “Michel Collomb” en titre du live présidentiel. Heureusement, Closer remonte le niveau en précisant à ses lecteurs l’écart d’âge en le premier flic de France et sa femme : 30 ans tout rond. Ou comme Caroline Collomb le dit elle-même : "Ma jeunesse l'oblige à rester dans le coup, sa maturité et son côté très protecteur le pousse à se réaliser."

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