Gérard Collomb, “roi du tractage” pour le meeting d’Emmanuel Macron


Par Mathilde Régis
Publié le 28/01/2017  à 16:23
9 réactions

Entre 300 et 400 personnes se sont regroupées ce samedi après-midi sur la place Bellecour avant d’effectuer une “marche” pour inciter les Lyonnais à se rendre au meeting d’Emmanuel Macron le 4 février au palais des Sports de Gerland. En tête de file des “marcheurs-tracteurs”, Gérard Collomb semblait ravi.

Gérard Collomb tracte rue de la République pour le meeting d'Emmanuel Macron
©Mathilde Régis
Gérard Collomb tracte rue de la République pour le meeting d'Emmanuel Macron

À la question de savoir si cela fait un moment qu'il n'a pas tracté dans les rues lyonnaises, Gérard Collomb éclate de rire : "À chaque campagne, je tracte, je suis un roi du tractage !" Ce samedi après-midi, le maire de Lyon a accompagné les animateurs des comités locaux de la métropole de Lyon et du Rhône du mouvement En Marche d'Emmanuel Macron. Dans la rue de la République, très animée le samedi après-midi, Gérard Collomb sait user de la plaisanterie pour séduire son auditoire : "Il y a une petite réunion la semaine prochaine", indique-t-il en tendant le tract du meeting d'Emmanuel Macron à Lyon à un passant. Même chose lorsqu'il s'arrête pour discuter avec un homme qui tente de vendre ses dessins dans la rue. "Vous vendez un peu ? lui demande-t-il. Eh bien nous aussi !" Si certains déclinent poliment l'invitation, d'autres confient au maire avoir déjà réservé leur place sur Internet, à l'image des 7 000 personnes revendiquées par le mouvement En Marche dans le Rhône. Un peu plus loin, une jeune fille est plus critique sur l'action du maire : "Tu as vu Collomb, il met tout le monde dans sa poche pour être ministre", glisse-t-elle à son ami.

Si Gérard Collomb est un habitué de la distribution de tracts politiques et qu'il a choisi le badge rose plutôt que le bleu pour épingler à sa veste son appartenance au mouvement En Marche, il confie "n'avoir jamais vu un rassemblement comme celui-là", soulignant pourtant que "cela fait longtemps" qu'il est en politique. "Là, seules quelques personnes sont rassemblées, mais il y aura du monde au palais des Sports samedi prochain. Il faut rassembler le plus largement possible", assène-t-il à la presse. "J'ai l'ambition que la France vienne derrière Emmanuel Macron, car pour gouverner, il ne faut pas 30 ou 40%, il faudra rassembler les énergies", poursuit-il. Une volonté qui est aussi celle de l'entrepreneur du numérique Bruno Bonnell, qui espère voir le 4 février prochain "le palais des Sports rempli" et qui confie "se faire un plaisir de tracter aujourd'hui".

Du Front national au Parti radical de gauche

Emmanuel a adhéré au mouvement En Marche il y a deux mois : un premier engagement en politique pour cet électeur du Front national qui tracte aujourd'hui pour Macron, notamment pour "sa vision objective de l'Europe". Un peu plus loin se trouve Ousmanu, 32 ans, responsable du comité En Marche du 2e arrondissement de Lyon. "Je me suis un peu désengagé de la politique quand Nicolas Sarkozy a été évincé, explique-t-il. Je retrouve chez Emmanuel Macron la posture internationale que pouvait avoir Nicolas Sarkozy et la même volonté pour soutenir les entreprises. Prendre ce qui est bon à gauche et ne pas négliger ce qu'il y a à droite, cette synthèse me séduit. Et puis le mouvement est une self-mobilisation, c'est ouvert, ce n'est pas comme les autres appareils comme Les Républicains." Une ouverture qui peut aussi rendre l'engagement plus éphémère. Ainsi, sur les 442 personnes signalées sur la page Facebook du comité du 2e arrondissement, une trentaine s'est déplacée pour assister aux "assises" de ce comité.

Parmi les “marcheurs”, se trouve également Abdelkader Mouadih, l'ex-référent de François Hollande dans le quartier de Gerland, qui a quitté le PS deux mois plus tôt : "J'ai tout fait pour Hollande, mais nous avons été trahis", souffle-t-il. Il discute avec Laurent Champonnois, vice-président du Parti radical de gauche dans le Rhône jusqu'au mois d'août. Ce dernier a rejoint l'un des plus gros comités En Marche de Lyon avec celui de Gerland : celui de la Croix-Rousse. "Nous souhaitons une révolution contemporaine, indique-t-il à Lyon Capitale. Petit à petit, toutes les mesures du programme d'Emmanuel Macron sont dévoilées et l'avenir qu'il nous propose, avec notamment la couverture sociale universelle, est vraiment solidaire pour tout le monde."

Du côté des représentants des “Jeunes avec Macron” de Lyon, Allan a milité pendant deux ans pour le PS avant d'être aujourd'hui le référent des Jeunes avec Macron à l'université Lyon 2, qui revendique une trentaine d'adhérents. Il est avec Hugo et Alexis, qui sont eux les référents de Sciences Po Lyon et qui s'engagent pour la première fois en politique : "On a 18 ans et c'est l'année présidentielle, c'est l'occasion de se lancer." Si l'un confie qu'il ira assister au meeting de Jean-Luc Mélenchon le week-end prochain, "pour voir", le second tour de la primaire de la Belle Alliance populaire qui oppose Benoît Hamon et Manuel Valls n'est en tout cas pas au centre des discussions.

 

–––

Ajout 3 février : pour suivre le meeting d’Emmanuel Macron à Lyon, mais aussi ceux du FN et de Jean-Luc Mélenchon, le week-end des 4 et 5 février, suivez le LIVE de LYON CAPITALE :

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9 commentaires

Pitoyable, le candidat ministre qui choisit toujours le mauvais cheval.

Carpette de DSK en 2012 jusqu'à l'affaire du Sofitel, nous retrouvons Collomb au poste de paillasson de Macron aujourd'hui.
Tous pour Macron, qu'il dit, même le PS et son vainqueur de primaires qui ne comptent que pour du beurre, quand le tandem (qu'on espère perdant) Macron-Collomb se croit en marche. En marche pour frimer, pendant que pour les gens c'est devenu marche et puis crève. Comme dans ce roman noir désespoir de Stephen King, "Marche ou crève".
Macron et sa couverture sociale universelle...Du pipeau : il n'y aura plus de Sécu, elle sera remplacée par l'assurance complémentaire que vous aurez les moyens de vous offrir. La Sécu, héritage du CNR. C'est ce que détricotent Macron et ses sbires...

Signaler un abus | le 28/01/2017  à 21:08 | Posté par  Gérard Eloi  

(suite du précédent)...Macron venu de chez Rothschild jouer deux mois dans l'arène politique, se croit investi d'une "révolution"...On a besoin d'une Révolution sociale. Mais les banquiers n' ont jamais fait de social, au contraire. Surtout depuis la loi vampire Giscard-Pompidou-Rothschild de 1973 devenue depuis article 123 du traité de Lisbonne, ayant généré crises et austérité..
Détricoter la Sécu, c'est jeter l'Héritage du Conseil national de la Résistance dans les poubelles de l'Histoire. C'est de la trahison. Surtout quand on a pris l'habitude de répéter -hypocritement !- à chaque 8 mai, à chaque 11 novembre : "Plus jamais ça".
En créant la misère, parce qu'il faut de + en + de pauvres pour alimenter un riche, vous vous arrangez pour que "ça" recommence.

Signaler un abus | le 28/01/2017  à 21:18 | Posté par  Gérard Eloi  

Macron va affronter pour la 1ere fois les électeurs, la baudruche va se dégonfler, elle ira rejoindre Bayrou dans le camp des agités silencieux.

Signaler un abus | le 29/01/2017  à 00:10 | Posté par  Robes Pierre  

@ Robes Pierre,

Notons que Bayrou n'a jamais eu, et n'aura jamais en soutiens une aussi belle collection de canards boîteux que Macron. Macron qui avec ses partenaires DSK, Rothschild et Kouchner, aura inauguré la plus parlante des tables de poker menteur de l'histoire de la duplicité. Table arbitrée par Collomb, évidemment.
Rappelons aussi Minc,..., et dernièrement J-Y Sécheresse,qui a dit (voir ici sur Lyon Cap, "...socialistes...défection..., ", art. de Paul Terra) :

"... il égrène des éléments programmatiques intéressants..."

Le jour de la finale de la primaire de leur parti, des "socialistes" continuent d'afficher qu'ils soutiennent ailleurs une baudruche qui " égrène des éléments programm...". Etait-on déjà tombé aussi bas dans le vide intellectuel en politique ?

Signaler un abus | le 29/01/2017  à 09:41 | Posté par  Gérard Eloi  

Je ne comprend pas comment le PS peut accepter une telle manifestation. Le PS de Paris devrait exclure tous ces élus qui manifestent. On ne peut pas militer pour un autre candidat quand ils se disent du PS. C'est de "escroquerie". Vous me direz tous ces élus sont de vrais voleurs, de vrais menteurs. C'est faites ce que je vous dis, mais pas ce que je fais. Monsieur Collomb je pense espère une place pour son épouse dans le partie de Monsieur MACRON.
Il ne se déplace pas dans certains quartiers alors que nous subissons beaucoup de délits, etc... et il se ballade à Bellecour pour faire de la publicité à Monsieur MACRON. Je suis scandalisée.

Signaler un abus | le 29/01/2017  à 10:14 | Posté par  Marine  

@ Marine,
tàf de ton avis.
Rappel : "ils" avaient bien exclu les soutiens de Frèche au printemps 2010 pour la même raison de "non appartenance", avant de devoir les réintégrer pour cause de rentabilité (faire nombre). Bien joué, Martine Aubry et les autres : hier merde, aujourd'hui revenez(...faire bonne figuration!!!).

Aujourd'hui, "ils" vont encore voter. Pour rien.
Leurs caciques se rallient 1 après l'autre au vampire financier Macron. Qui attirerait les foules. Des foules aux cerveaux tellement lavés qu'ils ne comprennent même pas qu'on les attire comme des moutons 1) pour la tonte et 2) pour l'abattoir.

Signaler un abus | le 29/01/2017  à 11:22 | Posté par  Gérard Eloi  

Je ne sais pas vous mais moi, depuis que les sbires du pouvoir en place, sans doute sous l'impulsion de leur chef François, dit la Tulipe (seul un enfant de 5 ans peut croire à l'histoire du petit journaliste enchainé), ont semé la pagaille en dévoilant une affaire que l'on a gardé secrète longtemps et que l'on n'a sortie qu'à un moment où le candidat de la droite et du centre était déjà choisi, ce qui ne devrait pas se faire dans une démocratie et qui s'appelle ni plus ni moins qu'une magouille (sortir des affaires oui, mais pas n'importe quand), je ne sais pas vous mais moi je n'ai plus trop envie de voir ou d’entendre des gens de leur bord. Or, si les électeurs votent massivement pour Macron qui, s'il arrivait au deuxième tour (par exemple contre Le Pen), aurait de grandes chances de l'

Signaler un abus | le 29/01/2017  à 17:59 | Posté par  Jy2m  

Or, si les électeurs votent massivement pour Macron qui, s'il arrivait au deuxième tour (par exemple contre Le Pen), aurait de grandes chances de l'emporter, ces sbires seraient toujours présents, de même que l'on retrouverait un certain nombre de personnalités, déjà en place aujourd'hui, dans le gouvernement de Macron. Donc, ce serait en gros un peu comme aujourd'hui. A moins bien sûr que Macron se décide à condamner la manière dont a été effectuée l'attaque contre Fillon et à prendre ses distances avec les magouilleurs.

Signaler un abus | le 29/01/2017  à 18:00 | Posté par  Jy2m  

"Sortir des affaires au moment où...".

Il faut admettre que quand il n'y a pas d'affaires, on ne peut pas les sortir.
Sous peine de condamnation pour diffamation.

Il y a peut-être aussi une affaire Macron :

http://www.france24.com/fr/20170125-france-presidentielle-macron-emmanuel-fonds-bercy-campagne-ministre-economie-frais-bouche

Si c'est Macron qui a torpillé Fillon, voilà peut-être Fillon qui torpille (avec un député LR+un UDI) Macron ! Match nul. Et c'est vrai qu'ils sont nuls !

A moins que tu ne m'accuses, parce que je suis pour Mélenchon, d'avoir torpillé les deux ? Je travaillerais au Canard, et serais aussi un co-auteur du livre "Dans l'enfer de Bercy" ? Alors, tu peux me dénoncer pour cumul...

Signaler un abus | le 29/01/2017  à 21:50 | Posté par  Gérard Eloi  
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