E. Tête monte au créneau contre les contrôles de vitesse externalisés


Par Mathilde Régis
Publié le 08/09/2017  à 13:16
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Tandis que Gérard Collomb a annoncé sa volonté de confier les contrôles de vitesse à des sociétés privées, son ancien adjoint, le conseiller municipal et avocat Étienne Tête, monte au créneau contre la privatisation et l’automatisation des systèmes de contrôle.

Etienne Tête © Tim Douet
© Tim Douet
Le conseiller municipal EELV et avocat Etienne Tête.

Pour que les gendarmes et policiers se concentrent sur "leur mission prioritaire d'enquête et de sécurité", Gérard Collomb souhaite confier "les aspects matériels du contrôle de vitesse à des sociétés extérieures". Ainsi, les conducteurs de 400 voitures banalisées équipées d'un radar embarqué, mais pas d'un flash, ne seraient plus des policiers ou des gendarmes, mais des employés de la société choisie pour assurer une délégation de service public. La verbalisation, en revanche, restera de la compétence des policiers.

L'idée se trouve être dans le même esprit que ce que Gérard Collomb a mis en place à Lyon concernant la fourrière il y a quelques années. "On a vu d'ailleurs les dysfonctionnements, ce n'était pas un bon résultat et il y a eu pas mal d'incidents et de contentieux", estime Étienne Tête. Pour cet ancien adjoint de l'ex-maire de Lyon, une étape de plus est franchie par Gérard Collomb : "Pour la fourrière à Lyon, le repérage de la voiture est resté public, là on franchit une nouvelle étape, c'est que le repérage des excès de vitesse sera privé." L'élu EELV ajoute que l'externalisation des contrôles de vitesse peut être "dangereux". "Le niveau d'absence de contrôle public est déjà sérieux à ce niveau-là puisque, au niveau des radars, tout est automatisé", déplore-t-il.

Donner des marchés aux entreprises privées

En effet, si les voitures de contrôle ne doivent plus nécessairement être conduites par des agents de l’État, c'est aussi du fait de l'automatisation de tout le processus de contravention. "Un système totalement automatisé a été mis en place. L’État peut prendre directement sur les comptes bancaires et les sommes, qui sont encore relativement modestes, ne justifient pas forcément de faire un recours. Pour une amende, ça coûte plus cher de prendre un avocat que de payer. Comment un citoyen lambda peut-il se défendre ?" s'interroge Étienne Tête. Pour le conseiller municipal, le "long courant de la privatisation" vise en réalité, plus simplement, à donner des marchés. "Les entreprises privées n'arrivent plus à avoir de gain de part de marchés, il y a une limite du marché privé par rapport à l'activité publique. Externaliser, ce n'est pas faire une meilleure gestion, car ce sont toujours des hommes qui travaillent derrière, c'est uniquement pour favoriser les entreprises privées, leur donner de l'activité", déclare-t-il à Lyon Capitale.

 

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