Gérard Collomb à Lyon Cap
© Tim Douet

Le discours de Gérard Collomb au Grand Lyon

Voici le discours prononcé par Gérard Collomb, quelques minutes après sa réélection hier. Seul le prononcé fait foi.

“Mesdames et Messieurs les Conseillers communautaires, Mes chers collègues, Mesdames et Messieurs,

C’est pour moi une très grande joie et un très grand honneur de présider de nouveau cette assemblée. Et je voudrais d’abord vous dire toute mon émotion en ce moment si particulier où nous allons passer de notre communauté urbaine à la métropole.

Nous savons tous que, dans les mois qui viennent, un travail important va devoir être réalisé pour réussir cette transformation qui marque évidemment une grande ambition pour notre territoire. Je mesure donc l’ampleur de la confiance que vous m’accordez. Et je vous en remercie très chaleureusement.

Lors de ce scrutin, une majorité de projet s’est constituée. Un rassemblement qui s’inscrit dans la continuité de l’histoire récente du Grand Lyon. J’en suis particulièrement heureux et je souhaite que ce rassemblement soit, demain, plus large encore. Car nous aurons besoin de toutes les énergies, de toutes les sensibilités pour réussir la construction de notre métropole, pour relever les nombreux défis économiques, mais aussi environnementaux et sociétaux qui s’annoncent, pour répondre aux attentes légitimes des Grand-Lyonnais.

Je sais qu’un tel rassemblement est possible parce que nous partageons un même sens des responsabilités, du service public, une même envie d’agir. Nous l’avons prouvé par le passé. En effet, si depuis deux mandats, notre agglomération a autant progressé, c’est bien grâce à notre capacité à dépasser les clivages partisans, à notre sens de l’intérêt général. Cela nous a permis de résister à la crise, d’aller sans cesse de l’avant, d’innover, d’inventer. Il faut garder cette volonté-là pour continuer demain à nous donner les moyens de notre développement, à accroître notre rayonnement.

Car, nous le voyons bien aujourd’hui, notre agglomération est devenue une des métropoles européennes qui compte. L’une des plus attractives. L’une des plus créatives. L’une des plus innovantes. Oui, nous avons définitivement changé d’échelle.

Dans le même temps, nous avons aussi fait progresser l’équité territoriale. Nous avons veillé à ce que chacun de nos territoires, chacune de nos communes puisse profiter de ce dynamisme global. Nous avons reconverti les friches industrielles, construit de nouveaux quartiers, recousu le paysage urbain. Nous avons rénové les cœurs de quartiers, de villes, de villages pour embellir le cadre de vie des habitants, pour leur rendre la ville plus facile et plus agréable.

Nous avons ainsi construit une agglomération plus équilibrée, riche de la diversité de ses territoires. Une agglomération multipolaire, où les notions de centre et de périphérie disparaissent progressivement, où chaque commune valorise ses atouts, ses paysages, son identité, son art de vivre.

Nous avons aussi répondu aux nouveaux défis qui sont ceux de notre époque – défi climatique, défi environnemental – et préparé ainsi l’avenir des générations futures, en mettant en place notre plan climat, en préservant nos espaces naturels, en valorisant notre agriculture périurbaine.

Oui, tous ensemble, nous avons, ces dernières années, franchi une étape décisive dans l’histoire de notre collectivité. Ensemble, nous avons su transformer, avec succès, ce qui n’était au départ qu’une communauté de projets, en une véritable communauté de destin.

Ensemble, nous avons donné vie à un modèle lyonnais qui repose sur un travail partenarial et la convergence de sensibilités différentes. Un modèle où initiative privée et action publique se conjuguent au quotidien au service de notre agglomération et de ses habitants. Un exemple de gestion responsable reconnue où l’investissement ne se réalise pas dans une fuite en avant.

Cette réussite doit beaucoup à la qualité et à l’implication des élus, que je veux bien évidemment remercier pour le travail accompli. Elle doit aussi beaucoup aux compétences et à l’investissement des services du Grand Lyon. Car un des ressorts de la réussite de notre collectivité, c’est la mobilisation et le talent de ses équipes. Et je tiens à saluer aujourd’hui leur formidable engagement.

Mes chers collègues, c’est parce que le Grand Lyon est riche de toute cette histoire que nous sommes aujourd’hui en situation d’en inventer une autre. Plus ambitieuse encore.

La mise en œuvre de la métropole, en effet, nous le savons, constitue un formidable défi. Cette dynamique extraordinaire que nous avons impulsée sera observée, évaluée, jaugée... Parce que c’est une première ! Parce que nous avons eu l’audace de lancer la réforme que tout le monde attendait depuis des années ! Parce que sommes des pionniers, des défricheurs d’avenir. Parce qu’aujourd’hui, c’est à nous d’écrire cette nouvelle histoire, et que tout le pays nous regarde.

Quels seront nos grands objectifs ?

Nous maintiendrons d’abord ce qui fait aujourd’hui la force du Grand Lyon : sa capacité à développer de grands projets, à mettre en place un système de déplacements performant, à organiser l’aménagement de notre territoire, à préserver et développer la place de la nature en ville...

Et la métropole sera, bien sûr, un véritable tremplin pour amplifier toutes les actions que nous menons déjà. Je pense au développement et à l’attractivité économique, au soutien à l’innovation, mais aussi à la protection de l’environnement, puisque notre territoire s’est placé à l’avant-garde d’une croissance économique “verte”.

Mais en supprimant une couche du millefeuilles administratif, la métropole va nous permettre, dans un contexte de baisse des dotations aux collectivités, de mutualiser les moyens, d’optimiser nos marges de manœuvre budgétaires et de garantir ainsi notre capacité d’investissement.

Elle nous permettra également de repenser l’action publique. Et quand j’évoque la nécessité de mieux articuler l’urbain et l’humain, ce n’est pas une formule, mais une philosophie de l’action. C’est l’idée que la métropole doit se déployer au plus près des territoires, au plus près des citoyens, de tous les citoyens. Et pour cela, l’action des maires dans les communes et dans les conférences territoriales sera un facteur essentiel. Car, avec la métropole, nous allons avant tout gagner en proximité.

Dans cette optique, en partenariat avec les maires, nous engagerons la déconcentration des services publics vers les communes ou les groupements de communes. Nous établirons ensemble un pacte de gouvernance métropolitain, véritable contrat définissant les compétences, les moyens financiers et humains qui seront délégués par la métropole aux communes. Cette déconcentration est indispensable si l’on veut concilier vision stratégique et proximité.

Car quels sont donc, mes chers collègues, ces grands domaines d’action dans lesquels nous allons être à la fois plus proches de nos concitoyens et plus efficaces ?

D’abord l’emploi. Aujourd’hui, c’est le Grand Lyon qui pilote les politiques économiques et l’aide à la création d’emplois, mais c’est le conseil général qui développe les politiques d’insertion. Avec la métropole, nous mettrons notre connaissance du monde économique au service de l’insertion. Nous devrons, par exemple, être capables d’organiser de véritables passerelles pour que les bénéficiaires du RSA puissent avoir plus de chances de trouver un emploi.

Ensuite, le logement (une des préoccupations majeures des Français) et plus particulièrement le logement social. Comme nous interviendrons à tous les stades, de la production à l’attribution, nous serons en mesure de mieux calibrer notre offre, de mieux connaître les destinataires et d’en simplifier l’accès, de construire de vrais parcours résidentiels. Construire des logements adaptés, accompagner la dépendance, développer des services innovants : grâce à la métropole, nous serons en mesure de mettre en place une politique globale en faveur des personnes âgées et handicapées.

Nous aurons aussi la possibilité de repenser l’éducation dans une coopération avec les communes pour initier de vrais parcours de réussite, de la petite enfance aux collèges, pour favoriser l’éducation artistique au travers de grandes politiques culturelles : enseignement musical ou lecture publique.

Les Nuits de Fourvière, le musée des Confluences, le musée gallo-romain viendront par ailleurs compléter notre offre culturelle.

Nous renforcerons la politique de soutien à l’agriculture périurbaine, jusqu’à présent “partagée” entre le Grand Lyon et le conseil général. Nous serons aussi plus cohérents dans notre politique de protection de la biodiversité, avec la gestion des 38 espaces naturels sensibles (précédemment gérés par le conseil général).

Tout cela, mes chers collègues, nous n’allons évidemment pas le réussir en un jour ! Cela demande du temps. Du dialogue, des concertations. Nous aurons sans doute besoin de quatre, cinq, six années. Le prochain mandat sera donc celui de l’apprentissage. Le temps d’un travail de coproduction entre les services, les agents, les élus. Il faudra aussi que nos concitoyens s’approprient la nouvelle institution. Telles seront, à moyen terme, les conditions de la réussite de notre entreprise.

Mais je n’oublie pas non plus que nous avons aussi un impératif à court terme : assurer la continuité du service public. Le 1er janvier 2015, nous devrons en effet être prêts à répondre à l’ensemble des demandes de nos concitoyens qui s’adresseront à nous dans le cadre de nos nouvelles compétences. Pour y parvenir, je fais pleinement confiance au travail engagé par les services du Grand Lyon et du conseil général.

Efficacité, simplicité pour mieux répondre aux attentes. Synergies, cohérence, pour inventer de nouveaux services, pour repousser les frontières de l’action publique. Changement d’échelle pour peser plus dans la concurrence internationale, pour rayonner, pour nous développer...

Nous avons 6 ans pour réussir. Six ans pour bâtir une nouvelle forme d’action publique. Six ans pour dessiner le futur de notre territoire. Six ans pour inventer l’avenir, car, comme l’écrit Bergson, “l’avenir n’est pas ce qui va arriver, mais ce que nous allons faire”.

Nous réussirons. Ensemble. Nous avons tous les atouts et toute l’énergie pour cela. En 2020, l’institution inédite que nous aurons créée permettra à chacun de mieux vivre, parce que nous aurons fait le bon choix au bon moment... avant tous les autres. J’en suis intimement persuadé.

C’est pourquoi vous pouvez compter sur mon engagement, ma détermination et mon enthousiasme pour porter, avec vous, cette formidable entreprise.

Je vous souhaite, je nous souhaite, une très belle mandature. Je vous remercie.”

Nota bene : Toutes les expressions en gras sont ainsi soulignées par la rédaction de Lyon Capitale.

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