Le MoDem du Rhône défend Sylvie Goulard


Par Antoine Sillières
Publié le 20/06/2017  à 17:53
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Richard Ferrand hier, Sylvie Goulard aujourd’hui et peut-être Marielle de Sarnez demain... Les défections s’enchaînent parmi les ministres d’Édouard Philippe. Mais, à Lyon, le président du MoDem du Rhône, François-Xavier Pénicaud, assure que les soupçons d’emploi fictif visant l’éphémère ministre des Armées ne sont pas justifiés.

François-Xavier Pénicaud © DR
François-Xavier Pénicaud.

"J'espère qu'il ne s'agit que d'une parenthèse." Président du MoDem du Rhône, François-Xavier Pénicaud "respecte" la décision de Sylvie Goulard de se mettre à l'écart du gouvernement, "mais la regrette en même temps". Le neveu de l'actuelle ministre du Travail loue les qualités de celle avec qui il fit campagne aux élections européennes. "Elle était la personne parfaite pour construire une politique de défense européenne", estime-t-il.

Alors que le gouvernement a remis hier sa démission, selon l'usage de la Ve République, Sylvie Goulard, ministre des Armées, a annoncé ce mardi matin qu'elle ne ferait pas partie de la deuxième mouture, présentée en milieu de semaine. Elle a demandé à quitter son poste afin de répondre des accusations d'emplois fictifs visant son parti au Parlement européen. "Dans l’hypothèse où l’enquête préliminaire visant le MoDem conduirait à vérifier les conditions d’emploi de mes assistants au Parlement européen, je souhaite être en mesure de démontrer librement ma bonne foi et tout le travail que j’y ai accompli", a-t-elle annoncé par voie de communiqué.

“Il lui faisait des notes, des revues de presse”

Le parquet de Paris a ouvert une enquête le 9 juin pour abus de confiance et recel de ce délit. Comme pour le FN, plusieurs eurodéputés sont soupçonnés d'avoir salarié des assistants parlementaires qui travaillaient en réalité pour le parti. La procédure vise le MoDem et son président, François Bayrou. Elle fait suite à la réception d'un courrier de Mathieu Lamarre qui dénonçait le caractère fictif de son emploi auprès de Jean-Luc Bennhamias.

Sylvie Goulard a été citée dans cette enquête concernant son assistant parlementaire Stéphane Thérou, un proche de François Bayrou qui a notamment travaillé au cabinet du maire de Pau. Salarié comme assistant parlementaire, il est soupçonné de n'avoir travaillé que pour le parti.

"Je peux attester de la réalité du travail de Stéphane Thérou, rétorque François-Xavier Pénicaud. Il lui faisait des notes, des revues de presse…" "Il était déjà assistant du général Morillon au Parlement européen avant d'être employé par Sylvie Goulard, poursuit le président du MoDem du Rhône. Il travaille notamment sur la politique européenne de la pêche. On voit vite la différence avec son travail pour le parti."

Marielle de Sarnez “dans la même situation”

La défection de Sylvie Goulard ouvre la porte à d'autres. Celle de Marielle de Sarnez notamment. "Elles sont dans la même situation", reconnaît François-Xavier Pénicaud. En effet, son assistante au Parlement européen, Karine Aouadj, est soupçonnée d'avoir en réalité travaillé comme secrétaire personnelle de François Bayrou au MoDem. "Pour Karine Aouadj aussi, je peux attester de la réalité de son travail sans aucun problème, assure le patron du MoDem du Rhône. Elle travaillait tellement pour Marielle de Sarnez qu'elle avait une ligne dont seule Marielle avait le numéro."

Quant à François Bayrou, ministre de la Justice d'Edouard Philippe, il est visé en tant que président du MoDem. Et, avec les accusations qui pèsent sur son parti, le patron du MoDem apparaît de moins en moins crédible au moment de faire passer sa loi de moralisation de la vie politique. Une promesse de campagne d'Emmanuel Macron. Le garde des Sceaux a pris ses distances avec Sylvie Goulard ce matin en évoquant une "raison strictement personnelle" à sa démission.

Au-delà du fait qu'il appelle la rédaction de Radio France pour protester contre les journalistes enquêtant sur lui, un second problème d'éthique se pose à François Bayrou ces jours-ci. En tant que garde des Sceaux, il pourrait avoir accès à l'enquête le concernant. Faux, pour François-Xavier Pénicaud : "Il a transmis une note écrite pour dire qu'en aucun cas la Chancellerie ne serait mise au courant des remontées du parquet."

Lire aussi : Emplois fictifs, les ficelles du métier sur LeLanceur.fr

 

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Vos réactions
1 commentaire

Elle a montré l'exemple, très bien, et la suite aussi...

Signaler un abus | le 21/06/2017  à 09:24 | Posté par  FEFI  

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